Guy Groux

  • Un essai sur les métamorphoses du conflit social et son évolution depuis le XIXe siècle : comment l'exploitation économique laisse place à la gestion de l'entreprise, les revendications de pouvoir à la question politique de la citoyenneté.
    Le point sur les lieux du conflit (l'usine relayée par l'« étatisation du conflit salarial ») et sur les mobilisations liées à ce dernier (de la « mobilisation générale » aux conflits de règles).
    Une analyse des assises du conflit (les classes moyennes ont remplacé les ouvriers), de sa socialisation (des solidarités de base à l'État-providence) et de ses enjeux (la « privatisation des mouvements sociaux » succède à la révolte du travail).
    Une réflexion sur la nature du conflit les « communautés de luttes » tendent à remplacer les conflits de classes ; et sur la théorie du conflit : la notion de citoyenneté politique tend à accompagner la régulation du système.
    Guy GROUX est sociologue et directeur de recherches au CNRS. Il a publié, avec Catherine Lévy, La Possession ouvrière (Éditions de l'Atelier, 1993) et avec Guillaume La Chaise (pseudonyme collectif), Crise de l'emploi et fractures politiques (Presses de Sciences Po, 1995).

  • Qui doit produire les normes sociales en France?? L'État, les partenaires sociaux?? Ces questions, les mouvements sociaux contre la réforme du Code du travail en?2016 et?2017 puis ceux sur les retraites en ont montré l'actualité. Depuis quelques années, on voit évoluer, parfois radicalement, des situations dont certaines sont issues de lointains héritages historiques comme celui de la Révolution ou le programme du Conseil national de la Résistance.
    Longtemps, en France, le politique et les partenaires sociaux ont relevé d'un rapport de subordination?: le politique croyait en sa «?toute-puissance?» et l'État décidait, intervenant systématiquement dans le domaine social et dans les relations professionnelles. Longtemps aussi, une défiance mutuelle a régné entre syndicats et représentants du patronat. Aujourd'hui, l'autonomie et l'initiative gagnent les partenaires sociaux, et souvent la confrontation ou l'opposition laissent place à d'autres formes de relations, voire à des compromis autrefois considérés comme des compromissions.
    Cet ouvrage propose une mise en perspective des rapports entre la démocratie sociale et le politique tels qu'ils se développent du xixe?siècle à nos jours, dans les débats d'idées, les échanges théoriques. Il précise le rôle de ses acteurs, les syndicats bien sûr mais aussi celui de certaines institutions sociales ou de certaines forces politiques. Il aborde aussi l'environnement international de la France, afin de mieux situer son expérience singulière, la place de l'entreprise et son émergence comme «?enjeu sociétal?». Il considère enfin les tendances plurielles qui se définissent aujourd'hui pour former la «?démocratie sociale à la française?» de demain.

    Avec : Éric Aubry, Alain Bergounioux, Sophie Béroud, Antoine Bevort, Rémi Bourguignon, Jean-Denis Combrexelle, Cyril Cosme, Alexandre Escudier, Sandrino Graceffa, Marcel Grignard, Alain Laquièze, Michel Noblecourt, Jérôme Pélisse, Jean-Emmanuel Ray, Udo Rehfeldt, Jean-Christian Vinel.

  • Jamais les potentialités du dialogue social n'ont été aussi fortes. Jamais la loi n'avait donné autant d'autonomie aux partenaires sociaux (des lois Larcher aux ordonnances Macron).

    Pourtant, au regard de l'opinion, le rôle du dialogue social reste ambigu et son efficacité toujours mise en doute. Quant aux partenaires sociaux, ils le considèrent avec défiance : certains syndicats le tiennent pour un simple accompagnement des stratégies patronales, tandis que nombre d'employeurs lui préfèrent l'individualisation des relations dans l'entreprise.

    Comment rompre avec ces perceptions et ces attitudes ?
    Comment rénover en profondeur un dialogue social qui reste prisonnier des logiques anciennes de conflits et de défiance ? C'est l'objet de ce livre, qui mêle histoire, analyse sociologique et pratique syndicale, et qui conclut sur un manifeste pour donner un nouvel élan au dialogue social.

  • Le souvenir des grèves de Mai 1968 reste vivace en France. Pourtant, ici comme ailleurs, le nombre et les jours de grève baissent depuis vingt ans. Ce recul marque-t-il l'avènement d'un monde du travail pacifié et assagi, ou n'est-il que l'effet de la pression exercée par la menace du chômage et de la précarité sur les salariés oe. Fort d'une approche historique, théorique et empirique de la grève, en France comme en Europe, cet ouvrage met en évidence l'ambivalence des évolutions actuelles. Les mutations de l'emploi ont contribué à affaiblir l'usage de la grève comme recours pour les salariés, mais les métamorphoses de la grève n'impliquent pas pour autant l'extinction des mobilisations protestataires dans le monde du travail. La grève n'est plus aussi centrale au sein des conflictualités sociales. Elle s'inscrit plus souvent dans un halo de mobilisations qui relèvent d'autres registres contestataires (pétitions, manifestations, etc.) mais qui reprennent à leur manière l'esprit de coalition et de résistance qui la caractérise depuis sa naissance.

  • Effectuée auprès d'un échantillon représentatif de 1503 syndicalistes dont l'adhésion s'étend des années 1960 aux années 2000. Ensemble, ces deux enquêtes permettent de saisir les traits de continuité et de discontinuité qui marquent l'histoire et l'univers de ce syndicat.
    S'ensuit une analyse du rapport au politique des adhérents, entendu ici au sens large du terme : vote, sympathies partisanes et engagement politique. Mais aussi :
    Action syndicale dans l'entreprise (défense des droits sociaux, références à la grève, à la négociation, au compromis social, au capitalisme) ; réalisme économique face au volontarisme social ; Europe, mondialisation, immigration ; égalité, laïcité, appartenance de classe, famille ; école et grandes doctrines politiques (social-démocratie, libéralisme, humanisme chrétien, autogestion, marxisme).
    Par-delà ses résultats, l'enquête révèle un réformisme de la CFDT, produit des évolutions parfois heurtées de la centrale et modèle d'action privilégié par les adhérents dans la société française d'aujourd'hui.

  • Dans de nombreux pays européens, la question de la durée du travail s'est posée parfois avec insistance ; c'est le cas notamment de l'Allemagne, de l'Italie et de certains pays d'Europe du Nord. Pourtant c'est en France que la durée du travail a fait l'objet d'une prise en charge légale et contractuelle aussi massive. Persistance de " l'exception française " ou simple effet d'une conjoncture politique liée au retour de la gauche au pouvoir en 1997 ? De telles questions impliquent tout d'abord l'approche de divers domaines, que ceux-ci concernent la France ou d'autres pays voisins.

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