Gilles Marmasse

  • Comment rendre compte des normes relatives à la propriété, à l'action individuelle et à la vie familiale et socio-politique? Pour Hegel, elles résultent toutes d'un même effort, celui de la subjectivité (« l'esprit ») qui tend à s'incarner dans le monde. Selon lui, la normativité ne répond ni à un commandement transcendant ni à un ordre des choses toujours déjà fixé, mais au processus d'auto-développement de la subjectivité qui aspire à concrétiser sa liberté.
    Toutefois, parce que le monde reste essentiellement étranger à l'esprit, celui-ci n'en prend possession que de manière incomplète et précaire. Le présent ouvrage met en évidence l'ambivalence de la pensée hégélienne des normes, qui insiste sur leur validité et leur caractère libérateur, mais aussi sur leur inachèvement et leur vulnérabilité.

  • La collection « Aimer les philosophes » laisse le champ libre à des spécialistes pour livrer une lecture personnelle de l'auteur ou du courant philosophique qui est au cæur de leur vie spirituelle. Un cheminement de pensée enthousiaste en compagnie des classiques de notre tradition.

  • L'ouvrage examine trois problématiques centrales de la philosophie hégélienne : comment définir la nature et l'esprit et comment ces deux notions s'articulent-elles ? Comment la pensée - qu'elle soit naïve, savante ou philosophique - se rapporte-t-elle à son objet ? Dans quelle mesure le conflit du rationnel et de l'irrationnel peut-il être considéré comme le moteur de tout devenir ? L'étude repose sur une analyse globale de l'organisation et du fonctionnement de la pensée hégélienne de la pleine maturité, et propose une série d'hypothèses sur la visée et le principe de légitimation du discours "spéculatif". Elle accorde une large place au concept d'Aufhebung, à la pensée de l'altérité, et à la discussion menée par Hegel avec l'idée de finalisme. En outre, en insistant sur le thème de l'auto-manifestation du vrai et sur le statut du donné "immédiat" comme assise de tout processus et de tout agir, elle réévalue l'inscription de la pensée hégélienne dans l'héritage kantien et post-kantien.

  • Comment penser la pluralité et le devenir des cultures et des régimes politiques ? Hegel ne cherche pas à repérer un éventuel « plan » qui rendrait compte des événements historiques, mais il étudie comment chaque peuple se donne une identité et produit des institutions stables et intégratrices. Il s'efforce également de montrer comment, d'époque en époque, advient une conception authentique de la liberté - la découverte que tout individu a une valeur infinie et que, dans la volonté étatique le bien commun et les intérêts individuels doivent s'unifier.
    Cependant, on ne peut qu'être frappé par l'insistance de Hegel sur le caractère corruptible de chaque peuple. Certes, un peuple qui joue un rôle dans l'histoire est « rationnel » au sens où il est le sujet de son devenir et unifie ses membres dans un vouloir commun. Toutefois, aux yeux de Hegel, il a pour défaut de ne pouvoir dépasser son particularisme. Il est dès lors voué à être défait au nom d'une légitimité culturelle ou politique supérieure. Si l'histoire permet le progrès de la conscience de la liberté, elle n'est aussi que cet « autel » - voire cet « abattoir » - où « sont conduits, pour y être sacrifiés, le bonheur des peuples, la sagesse des États et la vertu des individus ».
    L'ouvrage invite à abandonner l'interprétation traditionnelle selon laquelle l'histoire, pour Hegel, serait marquée par le triomphe d'une raison continûment souveraine. Car bien plutôt, Hegel propose une lecture ambivalente et inquiète du devenir historique.

  • Comment rendre compte des normes relatives à la propriété, à l'action individuelle et à la vie familiale et sociopolitique ? Pour Hegel, elles résultent toutes d'un même effort, celui du sujet spirituel qui tend à s'incarner dans le monde.
    Selon lui, la normativité ne répond ni à un commandement transcendant, ni à un « ordre des choses » toujours déjà fixé, mais au processus d'auto-développement de la subjectivité s'investissant dans le réel extérieur pour concrétiser sa liberté. Toutefois, parce que le monde reste irrémédiablement étranger à l'esprit, celui-ci n'en prend possession que de manière incomplète et précaire. Il se rapporte alors à lui sur le mode du « devoir-être », c'est-à-dire d'obligations pouvant être transgressées et de droits pouvant être contestés.
    Le présent ouvrage met en évidence l'ambivalence de la pensée hégélienne des normes, qui insiste sur leur validité et leur caractère libérateur, mais aussi sur leur inachèvement et leur vulnérabilité.

  • La pensée et les normes : hommage à Jean-François Kervégan Nouv.

    L'ouvrage "La pensée et les normes" rend hommage à l'oeuvre de Jean-François Kervégan, professeur de philosophie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Les recherches de Jean-François Kervégan s'intéressent depuis plusieurs décennies à deux domaines de la philosophie qui ont pour fil conducteur la perspective d'une philosophie des normativités : la philosophie allemande et la philosophie pratique.
    En histoire de la philosophie allemande, son actualisation de la pensée de Hegel a marqué les esprits. Mais on lui doit aussi des études sur Kant, Marx, Jürgen Habermas et Axel Honneth. En philosophie pratique, où il a fait entendre une voix originale dans les débats sur Carl Schmitt ou Hans Kelsen, ses écrits sont consacrés en particulier à la question des droits subjectifs, à l'institutionnalisme et à la nature des normes juridiques.
    "La pensée et les normes" poursuit et discute les pistes de réflexion engagées par Jean-François Kervégan. En écho à ses travaux, les contributions du présent volume examinent les rapports entre les normes et la raison, selon une double perspective d'histoire de la philosophie et d'approches plus contemporaines mêlant philosophie, sciences sociales et droit.

  • Paul Ricoeur a toujours entretenu un rapport passionné avec la philosophie allemande, jusqu'à entreprendre la traduction des Idées directrices de Husserl en captivité dans un stalag. S'il est connu pour son rôle clé dans l'acclimatation de la phénoménologie husserlienne en France, sa lecture de la philosophie allemande antérieure à Husserl a été non moins intense et influente. Lui-même a parfois défini sa position comme un « kantisme post-hégélien ». Mais il a su également mobiliser les pensées de Marx, de Nietzsche et de Freud comme des moments critiques indispensables à son projet intellectuel. Enfin, il a reconnu toute l'importance de Schleiermacher et de Dilthey en tant que fondateurs de la philosophie herméneutique.
    Le présent ouvrage se propose d'examiner comment Ricoeur s'approprie l'héritage de la philosophie allemande du XVIIIe et du XIXe siècle, et comment, à travers elle, il crée une oeuvre extraordinairement originale. Quelles sont les règles implicites auxquelles ses lectures obéissent ? En quoi lui permettent-elles d'explorer ses propres intuitions ? Qu'ont changé ces lectures dans la réception de la philosophie allemande en milieu francophone ? Telles sont les questions auxquelles cet ouvrage entend répondre.

  • L'histoire

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    L'ouvrage propose une série d'analyses sur le thème de l'histoire. La diversité des objets d'étude et des approches est privilégiée : l'histoire dans la Bible, l'idée du progrès de l'humanité chez les philosophes du Moyen Âge, l'invention de la notion de « philosophie de l'histoire » dans la France des Lumières, la question du fil conducteur de l'histoire chez Kant et Hegel, la question du temps historique chez Marx et Heidegger, la question épistémologique de l'objet et de l'écriture de l'histoire dans le débat allemand et chez Ricoeur, enfin la mise en cause, chez Foucault, d'une histoire unitaire et progressiste.

  • Bernard Mabille a été pour beaucoup de philosophes français un modèle. Plusieurs de ses collègues et disciples ont souhaité lui rendre hommage en éclairant certains aspects de son oeuvre ou en prolongeant les recherches qu'il menait. L'ouvrage propose ainsi une étude inédite de Bernard Mabille lui-même, puis deux grandes séries d'analyses. L'inédit est consacré à la question de la subjectivité : on y perçoit la capacité qu'il avait de réinventer certains aspects de la pensée hégélienne tout en se maintenant au même niveau d'exigence conceptuelle.

    Avec le soutien de l'université de Poitiers.

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