François-Xavier Devetter

  • Une société juste se mesure aussi à sa façon de répartir les tâches pénibles et de traiter celles et ceux qui les effectuent. Qui sort ma poubelle ? Qui nettoie derrière moi ? Qui range mon espace de travail ou passe le balai dans l'école de mes enfants ? Le monde du travail consacre 8 % du temps rémunéré au nettoyage et à l'entretien d'espaces publics et privés. Cet ouvrage met en lumière les personnes - en très grande majorité des femmes - qui s'en chargent, et qui restent le plus souvent invisibles pour les autres, au travail comme dans le débat public.

    Précarité, cumul de pénibilités, déqualification sont le lot de ces emplois - des caractéristiques aggravées par le développement, ces dernières années, du recours à la sous-traitance. Face à cette situation, les auteurs montrent que des solutions existent : réinternalisation des tâches de nettoyage, intégration au collectif de travail, décloisonnement des activités, revalorisation des salaires, remise en cause du temps partiel subi, développement de la formation et de la mobilité professionnelle... Plus fondamentalement encore, l'idéal de justice nous invite à repenser la division du travail et à mieux partager les « sales » boulots.

  • Faire le ménage est une activité particulièrement commune : l'entretien du domicile apparaît comme une nécessité naturelle, répétitive, routinière, d'ordre privé. Ce n'est apparemment pas une question politique et économique. Pourtant, le ménage est au centre de nombreux rapports de force et de pouvoir. La question du partage des tâches entre hommes et femmes est évidemment la première qui vient à l'esprit : les femmes plus souvent que les hommes se chargent de ces tâches peu valorisées. Mais là n'est pas le seul enjeu, à la division du travail au sein de la famille se superpose une division du travail extra-familiale, par le biais de l'externalisation, autrement dit, du recours à une femme de ménage. Ainsi d'intime cette question apparemment banale prend des aspects plus larges, interférant avec de nombreuses questions sociales et politiques fondamentales comme " qui occupe ces emplois ? ", " quelle valeur accorder à ces activités ? " ou encore " sous quelles modalités déléguer ou non certaines tâches ? ". La réponse à ces questions loin d'être anodine, est au contraire au centre d'enjeux politiques, économiques et éthiques.
    L'externalisation repose sur l'idée suivante : puisque les hommes rechignent à prendre leur part de tâches domestiques, l'égalité au sein du couple peut être en partie retrouvée ou contournée grâce au recours à une tierce personne dont la tâche est de décharger les femmes d'une partie de ce qui crée de l'inégalité au sein du couple. Cette solution non seulement semble résoudre en grande partie la question des rapports de genre mais elle s'inscrit également dans le cadre des politiques de l'emploi et constitue un véritable " gisement d'emplois " pour les salarié(e)s les moins qualifié(e)s et les services rendus facilitent la vie des femmes actives. Cet aspect justifie les nombreuses mesures d'incitation au recours aux services d'une femme de ménage par les particuliers. Le " plan Borloo " en est le dernier exemple.
    Enfin, les caractéristiques du marché du travail domestique font que la question de l'entretien du domicile est également au coeur des politiques d'immigration. En effet, une part très importante des employées de maison sont étrangères ou d'origine étrangère (presque la moitié selon l'enquête emploi qui minore très largement la population étrangère en ne mesurant que très imparfaitement le travail informel encore élevé dans le secteur).
    La question du ménage et de son organisation sous-tend ainsi plusieurs débats fondamentaux. Pourtant ce thème est assez peu traité en France, notamment en comparaison avec les pays anglo-saxons. Partant d'un objet apparemment marginal, il aboutit à des questions qui touchent à des aspects essentiels du fonctionnement de l'égalité et de la démocratie en France aujourd'hui.

    François-Xavier Devetter et Sandrine Rousseau sont Maîtres de Conférence en Sciences économiques à l'Université de Lille 1 - Telecom Lille I, membre du CLERSE - CNRS (UMR 8019).

  • Cet ouvrage contribue à une économie politique de l'ESS et vise à comprendre, à partir d'une approche socio-économique, les transformations que connaissent les associations. Il permet de questionner les capacités de développement, d'actions et de projets des associations dans un environnement de plus en plus concurrentiel, ainsi que les modes de régulation de l'ESS.
    Cet ouvrage permet de questionner les capacités de développement, d'actions et de projets des associations dans un environnement de plus en plus concurrentiel, ainsi que les modes de régulation de l'ESS, pour comprendre si celles-ci parviennent à développer d'autres formes de régulations que les entreprises à but lucratif.

    À partir de l'analyse des associations, c'est une analyse des transformations profondes de l'économie que les auteurs proposent autour de la question suivante : sous la pression des rigueurs budgétaires publiques à tous les niveaux (État et collectivités territoriales), de la généralisation de la régulation marchande et de l'ouverture à la concurrence comme mode de régulation de secteurs d'activité relevant historiquement de l'intérêt général et de missions de service public, les associations parviennent-elles encore à faire la preuve qu'il est possible d'entreprendre et de produire autrement?

    Parallèlement à l'analyse des pressions et des dérives fortes dans les associations et les secteurs d'activité dans lesquels les associations étaient historiquement prépondérantes, cet ouvrage s'attache également à mettre en exergue les marges de manoeuvre possibles, notamment en termes de reconnaissance du travail des femmes ou encore en termes de méthodologie d'évaluation d'activités non marchandes.

  • Un événement dans l'édition : Le Monde et rue des écoles s'associent pour renouveler le marché du supérieur et de la connaissance.
    S'adressant aux étudiants du supérieur (prépas commerciales, Sciences Po., candidats des concours administratifs.), cette nouvelle collection, dans l'esprit d'un « Que sais-je ? » documentaire, se propose de fournir toutes les clés pour comprendre un sujet central du monde contemporain, en relation avec les grands thèmes aux programmes des principales filières d'élite.
    Selon les thématiques, chaque ouvrage regroupe à la fois des fiches de cours, un lexique des termes essentiels, les biographies des personnages incontournables, les chiffres clés à retenir, les infographies essentielles, etc.
    Chaque thème est illustré et enrichi des articles du Monde correspondants.

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