Musees D'art Contemporain De Val De Marne

  • Publié à l'occasion de l'exposition monographique que lui consacre le MAC VAL, cet essai consacré à Nil Yalter s'attache pour la première fois à l'ensemble du parcours de l'artiste. Toutes les pièces sont analysées en détails, situées dans leur contexte culturel, politique et social. Résultat de vingt années de compagnonnage entre l'artiste et l'auteure, cet ouvrage est le fruit de multiples discussions et analyses détaillées des oeuvres. Il réunit dans un tout cohérent des pièces éparses et crée des liens entre les différentes périodes de création de Nil Yalter, artiste franco-turque née en 1938. Les études s'attachent ainsi aux tout débuts de l'artiste en Turquie, en tant que peintre abstraite, puis à son arrivée à Paris avec un passage vers une peinture constructiviste, avant la rupture de 1972 et le basculement vers des projets socio-critiques. L'influence de l'ethnographie et des événements politiques et sociaux deviennent centraux et les oeuvres s'ancrent dans des lieux et des histoires particulières, liées à l'histoire des immigrations des années 1970-1980 en France, à l'histoire des ouvriers et des ouvrières des usines, mêlant leurs croyances aux luttes concrètes pour améliorer leurs conditions de vie. L'approche féministe est récurrente, parfois centrale. Deux expositions à l'ARC, au musée d'Art moderne de la ville de Paris, la font connaître : « Topak Ev » (1973) et « C'est un dur métier que l'exil » (1983). Mêlant vidéo, dessin, texte, collages de matériaux, photographie argentique et Polaroid, Nil Yalter investit un champ nouveau de manière féconde, qui s'adapte aux nouvelles techniques informatiques dans les années 1990 et 2000. Plus d'une soixantaine de projets jalonnent ainsi soixante années de création (1958-2018), dont l'intérêt renouvelé à partir des années 2010 a permis l'intégration dans des collections importantes.

  • «Commérages» est le nom donné à une activité collective qui a débuté en mai 2013 au MAC VAL et qui a réuni pendant près de deux ans un groupe de huit femmes : Stéphanie Airaud, Aïcha Akremi, Françoise Alexandre, Arminda Alves, Carine Faribol, Alejandra Montalvo, Marie Preston et Nelly Zeitlin. «Commérages» est aussi le nom d'une exposition présentée au MAC VAL du 7 février au 15 mars 2015. Cette 9e publication des «Chroniques muséales» rassemble, en deux volumes, le journal de bord d'une pratique artistique collaborative au coeur d'une institution muséale, ainsi que deux textes théoriques de Marie Preston (artiste), «Le contre-pouvoir du commérage», et de Fabienne Dumont (historienne de l'art et critique), «Papotage et empowerment».
    Au départ du projet, un texte de John Berger sur le commérage et sa capacité de constituer le portrait vivant d'un village dont chacun est l'auteur. Et, d'autre part, ce qu'on appelle en ethnographie, des récits de vie entrecroisés, donnant forme à des personnages transversaux, à des manières de penser la nature du commérage comme parole féminine proclamée dans l'espace public. «Il s'agissait de tracer un territoire imaginaire constitué par notre territoire de paroles, de proposer et de penser une mise en forme collective de nos récits».
    Marie Preston .

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