Eléonore Lépinard

  • On a cru en France que l'idée de parité, en proposant une nouvelle conception de l'égalité, permettrait d'en finir avec l'exclusion politique des femmes.
    D'abord simple espoir de femmes politiques ou de militantes féministes, la parité est aujourd'hui un remède unanimement accepté par la classe politique pour rénover une représentation démocratique et des institutions républicaines en crise. Pourtant, l'égalité peine toujours à se traduire dans les faits. Est-ce le signe d'un manque de volonté politique dans l'application d'une réforme par ailleurs bien pensée ou doit-on s'interroger sur les limites du concept de parité ? En analysant les termes qui ont successivement été utilisés pour définir et légitimer la parité, l'ouvrage démontre comment cette conceptualisation de l'égalité des sexes a abouti à la subversion des objectifs radicaux des débuts.
    Conjuguant la science politique, les études sur le genre et la sociologie du droit, l'auteur analyse les facteurs qui ont transformé la revendication paritaire, des tribunes internationales à l'espace public militant et médiatique français. En expliquant les raisons de l'échec relatif de cette réforme, ce livre permet de comprendre les défis posés par la parité au modèle républicain, et par là même d'amorcer une réflexion sur ceux que soulèvent les autres minorités.

  • Les attaques contre les sciences sociales se font de plus en plus nombreuses. À travers elles, ce sont certains travaux critiques qui sont particulièrement visés, notamment ceux portant sur les discriminations raciales, les études de genre et l'intersectionnalité.
    À partir d'un article de 2019, devenu référence et paru dans la revue Mouvements, entièrement revu et actualisé, voici, pour toutes et tous, une synthèse salutaire et nécessaire sur ce qu'est réellement la notion d'intersectionnalité. Les autrices, sociologues, s'attachent d'abord à rappeler l'histoire du concept élaboré il y a plus de trente ans par des théoriciennes féministes de couleur pour désigner et appréhender les processus d'imbrication et de co-construction de différents rapports de pouvoir - en particulier la classe, la race et le genre. Il s'agit ensuite de s'interroger sur les résistances, les « peurs », les discours déformants et autres instrumentalisations politiques que l'intersectionnalité suscite particulièrement en France. Mais justement, défendre les approches intersectionnelles, n'est-ce pas prendre en compte, de manière plus juste, les expériences sociales multiples et complexes vécues par les individu·es, et donc se donner les moyens de penser une véritable transformation sociale ?
    Pour l'intersectionnalité : « Qui nos institutions académiques accueillent-elles et quels savoirs valorisentelles et font-elles éclore sont donc deux questions indissociables. Et ce n'est qu'en tentant d'y répondre et en donnant toute sa place à des travaux potentiellement porteurs de transformation sociale pour les groupes marginalisés que l'enseignement supérieur et la recherche pourront continuer de jouer un rôle politique et social en France, car elles produiront une recherche scientifique qui renouvelle notre compréhension du monde social et le donne à voir dans sa complexité. » Éléonore Lépinard et Sarah Mazouz.

  • Qu'est-ce que le genre ? Comment a-t-il été conceptualisé ? Est-il défini de la même façon chez les anthropologues, les sociologues, les philosophes, les historiennes et les tenantes des cultural studies ? Quelles ruptures épistémologiques ce concept a-t-il provoquées ?
    Cet ouvrage retrace les différentes généalogies de la notion de genre et les débats théoriques qu'elle a suscités. Il présente la variété des perspectives et des développements produits par plus de cinquante ans de recherches sur le genre et les sexualités, tant en termes de savoirs et de connaissances qu'en termes de reconnaissance et de résistance.
    Ce livre a pour ambition de familiariser les lectrices et les lecteurs avec les approches majeures des études de genre, dont certaines sont moins connues dans le contexte francophone. Il met également l'accent sur l'imbrication du genre avec d'autres rapports sociaux, au coeur de nombreux développements théoriques, autant hier qu'aujourd'hui.

  • Ce numéro traite des luttes féministes autour des reconfigurations d'une "morale sexuelle contemporaine" qui s'efforce, au-delà des normes religieuses traditionnelles, de définir les comportements convenables, acceptables, légitimes, valorisés, ou au contraire répréhensibles ou stigmatisés. À travers des objets divers comme la contraception, la prostitution, la SlutWalk, le consentement des patientes en gynécologie, la régulation des naissances dans le mariage catholique, ce numéro analyse comment les divers discours féministes proposent des normes sexuelles alternatives pour réguler les sexualités. Les études de cas abordent des mobilisations anciennes et nouvelles, intra et extra-européennes.

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