Denis Ramond

  • « La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe », disent certains... et d'autres répondent que « les mots peuvent blesser » ! Voici à quoi ressemblent les débats sur la liberté d'expression, à laquelle nos sociétés accordent tant d'importance : à des querelles de cour de récréation.
    Or il y a urgence à réfléchir pour de bon à la liberté d'expression et à ses limites. Depuis quelques années, celle-ci est embrigadée dans une croisade conservatrice : conquise autrefois contre les empiètements de l'État, des institutions et de la morale dominante sur les droits individuels, elle est désormais systématiquement brandie contre les minorités sexuelles et raciales : en somme, contre tout ce que l'on a coutume d'appeler le « politiquement correct ».
    La liberté d'expression est devenue l'argument favori des plus privilégiés. On ne doit pas s'y résoudre : à travers des exemples variés (blasphème, humour, négationnisme, discours racistes, pornographie...), Denis Ramond prouve dans cet ouvrage ambitieux que l'on peut défendre une conception large et exigeante de la liberté d'expression qui ne se réduise pas au droit d'écraser les plus vulnérables.

  • La bave du crapaud

    Denis RAMOND

    « La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe », disent certains... et d'autres répondent que « les mots peuvent blesser » ! Voici à quoi ressemblent les débats sur la liberté d'expression, à laquelle nos sociétés accordent tant d'importance : à des querelles de cour de récréation.

    Or il y a urgence à réfléchir pour de bon à la liberté d'expression et à ses limites. Depuis quelques années, celle-ci est embrigadée dans une croisade conservatrice : conquise autrefois contre les empiètements de l'État, des institutions et de la morale dominante sur les droits individuels, elle est désormais systématiquement brandie contre les minorités sexuelles et raciales : en somme, contre tout ce que l'on a coutume d'appeler le « politiquement correct ».

    La liberté d'expression est devenue l'argument favori des plus privilégiés. On ne doit pas s'y résoudre : à travers des exemples variés (blasphème, humour, négationnisme, discours racistes, pornographie...), Denis Ramond prouve dans cet ouvrage ambitieux que l'on peut défendre une conception large et exigeante de la liberté d'expression qui ne se réduise pas au droit d'écraser les plus vulnérables.

  • Qu'elle provienne du Canard enchaîné, des Guignols de l'info ou de Dieudonné, la satire frappe et scandalise. Elle bouscule les normes sociales et dérange le politique en usant d'armes singulières?: le comique, l'exagération et la caricature. Distincte du simple pamphlet, elle est d'abord un genre littéraire et artistique dans lequel le satiriste oppose ses valeurs morales à une réalité qu'il juge absurde.
    Les attentats contre Charlie Hebdo de 2015, les polémiques à répétition au sujet de dessins de presse et de certains registres humoristiques révèlent que la satire se situe sur une ligne de crête?: dénonçant les travers de la société ou le ridicule de certains comportements, elle est souvent accusée de mépriser les plus faibles et de tourner en dérision les choses les plus sacrées. En réunissant historiens, juristes, philosophes, politistes, sociologues et linguistes, cet ouvrage offre un large regard sur la pratique satirique, sur les contraintes qui l'entourent et les conditions qui la rendent possible, notamment les contours de la liberté d'expression. Il examine la façon dont la satire se construit entre conventions artistiques et règles juridiques, comment elle a évolué dans ses formes, ses contenus et ses stratégies depuis le XIXe?siècle jusqu'à ses usages politiques récents, en particulier pendant les élections présidentielles de 2017.
    Alors qu'elle doit désormais jouer avec un nouvel «?esprit de censure?», la satire montre qu'elle est depuis bien longtemps l'art périlleux de choisir ses cibles.

    Avec les contributions de Marc Angenot, Paul Aron, Laurent Bihl, Marlène Coulomb-Gully, Laurence Danguy, Philippe Darriulat, Marie Duret-Pujol, Guillaume Grignard, Pierre-Emmanuel Guigo, Guy Haarscher, Olivier Ihl, Dominique Lagorgette, Jacques Le Rider, Nelly Quemener, Denis Saint-Amand, Carole Talon-Hugon, Léa Tilkens, Dominique Tricaud et David Vrydaghs.

  • Cette édition automnale de Séquences fait la part belle aux textes analytiques, coeur d'une revue spécialisée, en laissant à son pendant web le soin de critiquer l'actualité cinématographique d'ici et d'ailleurs au rythme où elle se vit, poussant les collaborateurs à « réfléchir vite et à penser avec [leurs] tripes ». « Envol 2.0 » comme le souligne Élie Castiel en ouverture de ce numéro. Numéro qui présente en couverture Le problème d'infiltration de Robert Morin, avec qui Élie Castiel s'est entretenu. Retrouvez aussi un gros-plan sur Dunkirk de Chrtistopher Nolan, la première partie d'une étude sur le cinéma autochtone et la seconde de celle sur l'homosexualité à l'écran. Pour rendre hommage à la cinéaste québécoise d'origine tunisienne Michka Saäl, disparue soudainement au cours de l'été, l'équipe de Séquences publie une entrevue inédite, menée en 1995. Le numéro se conclut avec un salut aux artisans du grand écran qui nous ont récemment quittés.

  • Comment justifier les limites de la liberté d'expression ? Par l'analyse des débats sur la pornographie, l'ouvrage y apporte une réponse argumentée et avance des critères pour évaluer la nocivité des mots et des images.

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