David Muhlmann

  • Capitalisme et colonisation mentale Nouv.

    Le capitalisme s'est profondément transformé dans ses modes de fonctionnement, et des formes plus douces de domination se développent désormais, qui prennent l'allure de l'émancipation subjective : critique des règles et de la bureaucratie, entreprise " libérée " des managers, organisation " agile ", valorisation de l'entrepreneuriat de chacun. Nous vivons le temps du " capitalisme avancé ", qui se caractérise par une combinaison unique entre des nouveaux modes de fonctionnement organisationnels et psychiques dans l'entreprise, ainsi que leur déploiement social.
    En modelant la vie économique, la logique du mode de production capitaliste a envahi l'ensemble du champ social. La logique de fonctionnement de l'entreprise est devenue le prototype de la manière dominante d'être au monde : échange et négociation, esprit de calcul, utilité et instrumentalité définissent les coordonnées naturelles de nos façons d'agir, de penser et d'interagir avec les autres. L'idée de colonisation mentale désigne cette mutation anthropologique.
    Peu d'analyses ont été formulées sur ce que signifie l'extension devenue totale du mode de vie capitaliste à l'intérieur d'une société donnée, et son impact sur les relations sociales ordinaires, la vie quotidienne, l'espace mental. C'est l'objet de cet ouvrage.

  • Ce livre pourrait avoir pour sous-titre Du bon usage de Rosa Luxemburg. Il restitue en effet la vie et l'oeuvre de la fondatrice de la Ligue spartakiste, assassinée en 1919, qui a su percevoir avec une lucidité exemplaire la dérive autoritaire du bolchévisme d'un côté, et la capitulation de la social-démocratie de l'autre. Son souci n'est pourtant pas purement historique, puisqu'il tente aussi d'éclairer, à la lueur des textes du siècle passé, les débats et enjeux politiques d'aujourd'hui, et de dessiner les voies possibles d'un renouveau fidèle aux enseignements de Marx.

    Alors que les recherches se multiplient dans le monde, notamment en Allemagne, aux États-Unis et en Amérique latine, où son influence est particulièrement vivace, aucun travail d'envergure ne lui a été consacré en France depuis plus de trente ans. C'est précisément l'ambition de cet ouvrage que de présenter et de mettre ses oeuvres en perspective pour mieux contribuer au développement d'une pensée radicale actuelle, indissociablement socialiste et démocratique, face aux crises à venir. Il appuie son propos sur huit entretiens menés avec des intellectuels et des leaders de la gauche internationale, parmi les meilleurs spécialistes mondiaux de Rosa Luxemburg : Daniel Bensaïd, Michael Löwy, Toni Negri, Paul Singer, Paul Le Blanc, Isabel Loureiro, Nahiriko Ito, Michael Krätke.

  • Après la Shoah, la création de l'Etat d'Israël a été unanimement saluée comme la seule proposition, nouvelle voire révolutionnaire, permettant de mettre fin à la persécution du peuple juif, en lui donnant un territoire où se rassembler et se défendre. L'idée n'est pourtant pas exclusivement liée au sionisme politique, comme on le croit trop souvent, et ne date pas de l'après-guerre, mais du tournant du XIXe et du XXe siècle. C'est en Russie, suite à la révolution d'Octobre, qu'eurent lieu les deux premières tentatives de territorialisation des Juifs dans le cadre d'une unité politique : au sud de l'Ukraine, en Crimée rurale, puis dans une région administrative autonome à l'extrême-est de l'Union soviétique, l'Etat juif du Birobidjan. Le baron Maurice de Hirsch, philanthrope d'origine allemande, fonda quant à lui des "colonies agricoles juives", pour répondre à l'exigence de peuplement d'un territoire argentin alors sous-occupé. La redécouverte de ces expériences méconnues apporte un éclairage sur la situation actuelle des Juifs : ne peut-il y avoir une identité sans territoire, une identité dans et par l'exil ?

  • Son premier ouvrage, Les Étapes de la pensée psychanalytique, restituait l'ensemble des courants historiques de la psychanalyse. Dans ce nouveau livre, David Muhlmann défend une thèse psychanalytique inédite : celle du désir de régression intra-utérine, c'est-à-dire d'un désir primordial de retour au sein maternel. En effet, selon lui, la survalorisation du père et le règne de l'oedipe ont minimisé les phénomènes d'attachement et de dépendance à la mère, et sous-estimé l'importance du maternel et du féminin.
    S'appuyant sur son expérience clinique, dont il expose plusieurs cas, il présente les enseignements et les conséquences de cette problématique originale sur le plan théorique et conceptuel, qui approfondissent, complètent et remanient le corpus classique de la psychanalyse. Puis, dépassant ce cadre, David Muhlmann élabore une anthropologie psychanalytique et l'applique à des formes culturelles diverses : les mythes et les religions, les arts et les productions intellectuelles.
    Mettant en lumière la manière dont circule et fonctionne, dans le champ social, le fantasme d'un retour au sein maternel, son analyse en démontre la prégnance dans des espaces a priori éloignés de la psychanalyse, et permet une autre lecture des ressorts et des motivations des comportements humains en général. Retour à l'origine propose un concept totalement nouveau, qui institue une brèche dans le champ de la psychanalyse.

  • La France peut être qualifiée de pays « le plus freudien » au monde, avec la plus grande concentration de psychanalystes, une discipline intellectuelle reconnue, avec ses revues, ses maisons d'édition et ses publications, des dialogues et des confrontations constantes avec d'autres secteurs du champ de la pensée. La publication récente du Livre noir de la psychanalyse et des « anti-livre noir » auquel il a donné lieu est un indicateur de la vivacité des controverses, et dresse les contours de cette « exception française » en psychanalyse dont parle régulièrement Élisabeth Roudinesco. Le livre de David Muhlmann offre au lecteur une étude sérieuse des étapes de la pensée psychanalytique, de Freud à Lacan. De manière concise, et dans une écriture claire et simple d'accès, il fait comprendre sans difficulté inutile les éléments fondamentaux du corpus psychanalytique et ses développements théoriques. La perspective qu'il offre permet de se repérer dans les controverses qui jalonnent l'histoire du mouvement psychanalytique, d'identifier les redondances des débats, de saisir les enjeux des scissions et des dissidences. En même temps, l'ouvrage n'est pas un panorama général des différentes théories d'inspiration freudienne : l'étude précise et technique des textes, sur chaque auteur et sur chaque courant de pensée en font un ouvrage de référence qui intéressera également le spécialiste et l'historien de la psychanalyse. C'est aussi une belle défense de cette théorie, à un moment où elle est violement mise en cause. L'analyse des prolongements, des apports et des solutions, apportées par les disciples de Freud, aux questions et aux problèmes posés par l'oeuvre fondatrice permet au final une réflexion sur la nature de la découverte freudienne, et une discussion sur la scientificité des constructions analytiques.

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