Premier Parallèle

  • Pourquoi lire

    Collectif

    Pourquoi lire est un livre de lecteurs avant d'être un livre d'écrivains.
    À l'occasion de son soixante-dixième anniversaire, la maison d'édition allemande Suhrkamp a demandé à certains de ses auteurs de répondre à cette question très simple. Les éditions Premier Parallèle ont choisi de reprendre une partie des textes publiés alors et de poursuivre cette initiative en posant la même question à d'autres auteurs. Sur un ton tour à tour personnel ou plus théorique, les auteurs rassemblés ici nous parlent de la lecture de manière inattendue. Souvenir d'enfance qui marquera sa vie d'écrivaine pour Annie Ernaux, nécessité de faire résonner le réel pour Hartmut Rosa, éloge des turbulences littéraires pour Sybille Lewitscharoff, vertus politiques de la lecture à une époque de « modernité régressive » pour Oliver Nachtwey, portrait d'Emma Bovary en « lectrice générique » pour Eva Illouz... Les raisons de lire sont innombrables.
    En voici quinze.

  • Nous vivons un tournant historique.
    Non, nous n'avons pas assisté à « la fin de l'Histoire ». Loin de marquer le début du règne d'une démocratie universelle et d'un capitalisme heureux, la chute du mur de Berlin a inauguré une période de tourments politiques.
    Ascension de partis nationalistes (pensons par exemple au Front national), démagogie (telle que l'incarne Donald Trump), souverainisme (Brexit), tendances autoritaristes d'Europe centrale et d'Europe de l'Est (Hongrie et Pologne), appels à la « grandeur » et à la « pureté » nationale (Narendra Modi en Inde, Vladimir Poutine en Russie), vague générale de xénophobie et de crimes haineux, brutalisation des discours politiques, complotisme, « ère post-vérité », appels à l'érection de murs toujours plus nombreux, toujours plus hauts...
    Tout se passe comme si nous assistions à un grand retour en arrière.
    Comme si la peur, la violence et le repli sur soi l'emportaient sur les espoirs jadis nourris par la mondialisation.
    Quinze intellectuels, chercheurs et universitaires de renommée internationale explorent les racines profondes de la situation qui est la nôtre aujourd'hui, et qu'il est permis d'appeler une « grande régression ». Ils la replacent dans son contexte historique, s'attachent à élaborer des scénarios possibles pour les années à venir, et débattent des stratégies susceptibles de la contrecarrer.

    Arjun Appadurai, Zygmunt Bauman, Nancy Fraser, Bruno Latour, Eva Illouz, Ivan Krastev, Paul Mason, Pankaj Mishra, Robert Misik, Oliver Nachtwey, Donatella della Porta, César Rendueles, Wolfgang Streeck, David van Reybrouck, Slavoj Žižek.
    Préface de Heinrich Geiselberger.

  • Vivre avec les robots, ce n'est plus de la science-fiction. Ils sont déjà dans les maisons de retraite et dans les écoles, parfois sous nos toits. Bientôt, nous annonce-t-on, ils surveilleront nos enfants. Pour ceux qui les fréquentent au quotidien, ils génèrent un attachement très puissant, parfois comparable à celui qui nous lie à nos animaux de compagnie. Comment un tel lien peut-il se nouer ? Que dit-il de nous ? Quels risques prenons-nous en faisant confiance à ces logiciels incarnés, potentiellement espions ? Faut-il, pour se protéger d'eux, leur octroyer un statut juridique spécifique ? En compagnie des robots embrasse ces nouvelles questions vertigineuses et fascinantes.
    A partir d'une rencontre organisée en vue de la publication de ce livre le 24 novembre 2015, d'éminents spécialistes apportent leur contribution à la compréhension de ce phénomène qui bouscule nos certitudes.

  • De la détente proposée par le Club Med aux cartes sexuelles distribuées dans les rues de Tel Aviv, des techniques de psychologie positive aux films d'horreur, la consommation et les émotions s'intriquent désormais au point de se définir mutuellement. C'est là un trait fondamental, et pourtant jusqu'alors jamais étudié, de notre modernité. Une modernité qui fait de l'individu un être à la fois fondamentalement rationnel et soumis à une intensification sans précédent de ses émotions. Ce paradoxe est rendu possible par le fait que les émotions et les marchandises sont désormais coproduites, jusqu'à générer un type de produits tout à fait inédit et jusqu'à présent jamais étudié : les marchandises émotionnelles.
    Cet ouvrage collectif, initié et dirigé par Eva Illouz, montre brillamment comment ces nouvelles marchandises - produites par des industries aussi diverses que celles du tourisme, de la musique, du cinéma, du sexe ou des psychothérapies - entendent transformer et améliorer le moi. Il met ainsi le doigt sur une caractéristique majeure de nos sociétés, interrogeant avec profondeur - en se gardant de tout jugement - l'authenticité de l'individu moderne. Une réflexion fondamentale, qui ouvre un nouveau champ de recherches et jette une lumière éclatante sur nos modes de vie.

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