Officina

  • La Vierge à l'Enfant avec sainte Anne constitue, avec La Bataille d'Anghiari, le projet le plus ambitieux des années de maturité de Léonard. Cette oeuvre est le fruit d'une longue méditation qui obséda l'artiste de 1501 jusqu'à sa mort en 1519.
    L'exposition présente le tableau restauré et permet ainsi de découvrir ce chef-d'oeuvre tel que Léonard l'a peint et comme personne ne l'a jamais vu depuis. Grâce aux campagnes photographiques menées tout au long de la restauration, le catalogue qui accompagne la manifestation, riche d'une iconographie abondante, révélera toute le splendeur des couleurs utilisées et mettra en lumière les détails les plus subtils de l'oeuvre. Au-delà de la restauration, l'exposition offre l'occasion de réunir, pour la première fois depuis leur création, le tableau du Louvre et le carton de Londres afin de les comparer. De même, les esquisses de composition, les nombreux dessins préparatoires, les études de paysage de la main du maître, aujourd'hui conservés dans différents musées de par le monde, seront rassemblés et permettront au visiteur de se faire une idée plus précise de la réflexion et des recherches de composition de Léonard.
    Grâce à l'exposition et à son catalogue, il sera en outre possible de replacer ce chefd'oeuvre dans la carrière tardive de l'artiste, mais aussi de le situer dans son contexte historique et artistique. OEuvre de maturité autant technique que picturale dans laquelle Léonard a déposé tout son art, la Sainte Anne, véritable testament artistique, a eu une influence considérable sur l'évolution des arts, notamment en Italie au début du xvie siècle.
    Des oeuvres de Michel-Ange ou de Raphaël, de Solario, de Luini et d'autres artistes témoigneront de l'intérêt que les peintres ont porté à ce tableau, à travers des réalisations à la fois respectueuses de l'héritage léonardesque et soucieuses de le dépasser.

  • Le catalogue illustre la genèse de la Renaissance à Florence, essentiellement à travers des chefs-d'oeuvre de la sculpture : c'est la forme d'art qui, la première, en a été l'interprète.
    Après la redécouverte de l'Antiquité, entre le XIIIe et le XIVe siècle, - avec Nicola Pisano, Arnolfo di Cambio et leurs épigones - et après l'assimilation de la richesse expressive du Gothique, au début du xve siècle, les reliefs du Sacrifice d'Isaac de Lorenzo Ghiberti et Filippo Brunelleschi, vainqueurs du concours pour la seconde porte du Baptistère, et la maquette de la Coupole de Santa Maria del Fiore, marquent le début de la Renaissance et ouvrent le parcours de l'exposition à proprement parler.
    En cette période, les succès politiques de la République florentine, sa puissance économique et la paix sociale, favorisent la diffusion, dans les écrits des grands humanistes du mythe de Florence, héritière de la République romaine et modèle pour les autres États italiens. La sculpture publique monumentale de Donatello, Ghiberti, Nanni di Banco, pour la Cathédrale et pour Orsanmichele, révèle la «révolution» culturelle qui s'est produite et qui, également, influence considérablement la peinture et les arts décoratifs. D'autres thèmes de l'Antiquité classique (du monument équestre au tombeau humaniste, au thème ludique des «spiritelli», au buste-portrait) sont adoptés et transformés dans un nouveau langage sculptural.
    En dix sections thématiques, les essais, les notices, les nombreuses illustrations et la bibliographie détaillée font de ce catalogue un ouvrage essentiel d'étude et d'approfondissement d'une période essentielle marqauant les débuts de l'art moderne.

  • Picasso, the sculpture

    Collectif

    • Officina
    • 16 November 2018

    C'est au cours de son voyage à Rome et à Naples en 1917 avec Jean Cocteau et Igor Stravinsky que Picasso a l'occasion de rencontrer pour la première fois la sculpture romaine antique dans son cadre naturel, ainsi que la Renaissance et les peintures murales pompéiennes. Une visite à la Galerie Borghèse lui permet d'étudier les oeuvres du Bernin, qu'il retrouve à la basilique Saint-Pierre ; au Vatican il découvre également le Michel-Ange de la chapelle Sixtine. À Florence il regarde les tableaux de Raphaël, et reconnaît en Caravage le maître de la mise en scène.

    La première exposition à Rome consacrée à la sculpture de Picasso est conçue comme un voyage à travers les siècles, en suivant le fil chronologique et thématique de l'interprétation plastique des formes et des sujets : histoires et mythes, corps et figures, objets et fragments. L'on y découvrira des chefs-d'oeuvre du grand maître espagnol, des photos d'atelier inédites et des vidéos illustrant le contexte où sont nées les sculptures.
    Le catalogue présente un ensemble de réflexions nouvelles, développées à partir des associations visuelles et conceptuelles qu'engendre le dialogue exploré par l'exposition, examinant et illustrant une quantité importante d'oeuvres, dont certaines n'ont jamais été montrées au public.

  • L'exposition monographique qui ouvrira au Metropolitan Museum en octobre 2016 et au Louvre en février 2017 est la première consacrée au grand peintre caravagesque Valentin de Boulogne (1591-1632), dont ce précieux volume est le catalogue.
    Dans les années qui suivirent la mort de Caravage en 1610, l'espagnol Jusepe de Ribera et le français Valentin sont les deux plus importants protagonistes de la peinture naturaliste à Rome. Contrairement à Ribera, qui en 1616 s'installa à Naples, alors sous domination espagnole, l'intégralité de la carrière de Valentin se déroula à Rome, où il devint l'un des artistes de prédilection de la famille Barberini.
    Pour ces derniers, il peignit l'une des oeuvres les plus étonnantes du xviie siècle, L'Allégorie de l'Italie (Institut Finlandais de Rome) et reçut, tout comme Nicolas Poussin, la très prestigieuse commande d'un retable pour Saint-Pierre (Pinacothèque Vaticane). L'installation de ce retable, ainsi que celui de Poussin, suscitèrent un vif débat sur les vertus d'un art naturaliste, célébrant la couleur, par rapport à un style classique, fondé sur le dessin, qui perdurera au cours des trois siècles suivants.
    La réputation posthume de Valentin s'enflamma d'emblée. Deux semaines seulement après la mort prématurée du peintre en 1632, le marchand-graveur François Langlois, à la recherche de chefs-d'oeuvre de grands maîtres pour des collectionneurs, fut informé par Pierre Lemaire que : « on ne peut pas trouver ses peintures, ou si on le retrouve, il faut payer quatre fois ce qu'ils coûtent à l'origine ». Le cardinal Mazarin rassembla pourtant pas moins de neuf toiles de l'artiste, qui entrèrent dans les collections royales après sa mort et constituent l'un des fleurons de la collection du Louvre. Au xixe siècle, le style novateur de l'artiste devint un point de référence pour Courbet et Manet, fervents défenseurs d'un art d'après nature. Bien que sa trop brève carrière se déroule entièrement à Rome, Valentin peut donc être considéré comme une figure centrale 29 dans l'histoire de la peinture française et de la peinture européenne.

    Exposition : Musée du Louvre, Hall Napoléon, 20 février - 22 mai 2017.

  • Ce magnifique volume présente cinquante oeuvres d'art tibétaines - sculptures, peintures, instruments de musique et objets de culte - provenant de l'extraordinaire collection d'Alice S. Kandell, récemment léguée à l'Arthur M. Sackler Gallery, Smithsonian Institution, de Washington. Ces pièces, datées entre la fin du xiiie et le début du xxe siècle, comprennent de véritables chefs-d'oeuvre et constituent des exemples emblématiques de l'art bouddhiste tibétain. Elles ne sont toutefois pas considérées ici comme des oeuvres d'art en soi, mais bien comme les éléments constitutifs d'un temple bouddhiste tibétain. Les sanctuaires, de taille modeste ou plus imposants, représentent les lieux par excellence de la pratique religieuse des bouddhistes tibétains, de la lecture des textes sacrés à la célébration des rites, de la récitation des prières à la méditation.

  • L'exposition « L'Ultime chef-d'oeuvre de Léonard de Vinci, la Sainte Anne » et la publication du catalogue et de l'album qui l'accompagnent offrent la possibilité de replacer la Sainte Anne dans la carrière tardive de l'artiste. OEuvre de maturité autant technique que picturale dans laquelle Léonard a déposé tout son art, la Sainte Anne, véritable testament artistique, a eu une influence considérable sur l'évolution des arts, notamment en Italie au début du xvie siècle.
    Les lecteurs de cet album pourront retrouver pour un tout petit prix les oeuvres emblématiques de cette exposition : les études, les dessins préparatoires, les esquisses de composition qui ont conduit Léonard jusqu'à l'ultime réalisation, les versions du tableau exécutées dans l'atelier du maître et qui montrent la fascination exercée par la Sainte Anne dès l'origine, et enfin les oeuvres de Michel-Ange ou de Raphaël qui témoignent de l'intérêt de ces artistes pour cette composition et dans lesquelles se lisent le respect de l'héritage léonardesque et le souci de le dépasser.

  • En Occident, depuis la haute Antiquité, il existe des hommes masqués. Le masque cache le visage au profit de son double et cette occultation porte une révélation. Il donne forme au mystère. Il est un simulacre qui va à l'essentiel.
    Il appartient au registre du sacré comme à celui du profane, à la vérité comme à la vanité, à la réalité comme à la fiction. Il épouvante et séduit, imite et trompe. On dira ici - avec les oeuvres du Louvre enrichies par des prêts à d'autres grands fonds (notamment, de la Bibliothèque nationale de France et du musée Carnavalet) - son rôle religieux dans le théâtre grec, sa force expressive, ludique et quelque peu diabolique dans la fête, le bal ou la comédie italienne, son empreinte funèbre au lit de mort et sa force pérenne et protectrice au tombeau. On dira aussi sa duplicité dans le monde de l'allégorie, sans négliger sa représentation inscrite dans l'ornement, le mascaron, qui ne semble rien d'autre qu'un avatar de la tête de la Gorgone coupée par Persée et placée sur les armes d'Athéna pour y conserver son pouvoir sidérant.
    Ainsi, l'exposition s'attachera à évoquer la fonction paradoxale du masque, emblème de l'illusion, celle qui consiste à « dérober et produire un double ».
    Le théâtre, la mort, le masque de la Gorgone, le mascaron répondent aux différentes significations que l'on a tenté de prêter au masque : le visage de la sorcière destiné à faire peur, celui de l'acteur masqué, celui du masque lui-même dans le théâtre grec, celui qui permet de se cacher ou de se mêler à la fête, ou simplement de « faire un masque » en barbouillant de noir son ennemi.
    Chacune de ces sections, mêlant les photographies, les masques antiques, les pièces de la Renaissance et celles de l'âge baroque, les dessins, les estampes et les peintures, propose des désignations fragmentaires des liens qui unissent entre eux ces objets dispersés et les images qui en ont été conservées.
    La place que le masque occupe dans le théâtre, le ballet de cour et la mascarade constitue la première partie de cette présentation. Elle s'ouvre avec l'évocation de Dionysos, le dieu-masque, celle des acteurs et de leurs masques dans la Grèce ancienne, et se poursuit avec des feuilles rares de la Renaissance française, des projets de costumes du xviie siècle, une suite d'estampes de Callot, les Balli di Sfessania. Le théâtre de la comédie italienne est évoqué avec la peinture de Gillot, Les Deux Carrosses, et deux dessins du même artiste. Le passage du masque au portrait et du portrait au mascaron se laisse percevoir à travers la double représentation du visage marqué par la mort. À une sélection de masques funéraires présentés en vitrine, font face plusieurs interprétations de la Gorgone, qui peut donner la mort à ceux qui soutiennent sa vue, et devient ensuite l'arme magique d'Athéna. Vue « en course agenouillée », ou fixée au bouclier de la déesse, elle se présente comme un visage immobilisé, pétrifié, qui peut être compris comme une amorce de la stylisation du mascaron.
    Ce motif, celui du masque de la Gorgone, est retenu pour son pouvoir magique. Sous une forme dérivée, on le voit accompagner la transformation imperceptible du visage humain pour le plier vers l'arabesque, le décor végétal, les formes hybrides, créant ainsi une « bizarrerie », qui va s'insérer dans l'architecture et le décor, trouver sa place, parfois ironique, parfois burlesque, souvent macabre dans les planches d'ornement que nous ont laissées les maîtres du xvie siècle et ceux des siècles qui ont suivi.

  • A l'occasion du soixantenaire de l'Indépendance et du cinquième anniversaire de la révolution de Jasmin, la fondation Rambourg et Ridha Moumni, historien d'art souhaitent à travers cette exposition et ce catalogue mettre en lumière ce qui fut une période elle aussi charnière et fondatrice de l'histoire tunisienne : celle des grandes réformes du xixe siècle conduites sous les derniers beys de la Tunisie ottomane qui engagea le pays sur la voie de la modernité.
    À travers l'art de cette période, c'est tout un pan d'une histoire oubliée qui sera dévoilé, rendant ce patrimoine culturel accessible à tous, et pour la première fois depuis plus d'un siècle.
    Dans l'écrin du palais beylical de Qsar es-Saïd, dernière résidence des souverains avant l'avènement du protectorat, les oeuvres seront sublimées par une scénographie exigeante et généreuse dans un souci de valorisation du patrimoine, et de médiation. Le palais, qui pour la première fois se révèlera au public, mettra en lumière des chefs d'oeuvres d'exception témoignant des aspects de la vie culturelle politique et sociale de la Tunisie beylicale.
    Les peintures d'une qualité exceptionnelle en seront les pièces maîtresses, et dialogueront avec des costumes d'époque, le mobilier, les dessins, les manuscrits, les photographies les céramiques, afin d'offrir au visiteur un rendez-vous avec l'histoire de la Tunisie.
    Ces différents objets ayant appartenus à l'ancienne classe dirigeante ou offerts par les souverains étrangers, donneront un aperçu spectaculaire et objectif de ce qu'était la situation culturelle et politique du pays au xixe siècle. D'un point de vue artistique enfin, ils apporteront au public le témoignage du raffinement et de la richesse de l'art à la cour tunisienne au croisement d'influences Européennes et ottomanes.
    Les emprunts dont bénéficiera l'exposition seront exceptionnels. Des collections nationales tunisiennes sous les tutelles du Ministère de la Culture et du Ministère de la défense, de collectionneurs privés (en Tunisie et au Maroc) du musée de Lalla Hadria de Djerba et du Palais du Quirinal de Rome, siège de la Présidence de la République italienne. Pour la première fois seront présentés au grand public :
    Les textes fondamentaux au coeur de la construction de l'état moderne tunisien, le texte d'abolition de l'esclavage, le pacte fondamental « Ahd al-Aman », et le Dostour de 1861, première constitution du monde arabo-musulman.

    Exposition : Tunis, Palais Qsar Es-Saïd, 4 décembre 2016 - 28 février 2017.

  • Passion d'Afrique retrace l'histoire du goût manifesté en Italie ou par des Italiens résidant à l'étranger pour les arts anciens de l'Afrique subsaharienne, des années 1950 jusqu'à nos jours. Préfacé par Egidio Cossa, conservateur en charge des collections africaines au Museo nazionale preistorico etnografico « Luigi Pigorini », il réunit quelque 120 reproductions en couleurs d'oeuvres majeures sélectionnées par Chantal Dandrieu-Giovagnoni pour leur valeur esthétique propre et parce qu'elles illustrent toutes les étapes successives de cette histoire particulière.
    C'est un « état des lieux » sans parti pris ni exclusive qui s' impose ici, loin des débats souvent houleux qui agitent le cercle toujours plus large des amateurs. La recension des expositions et publications, rédigée par Jean-Louis Paudrat et présentée en annexe, remet en cause l'idée reçue qui ferait de l'Italie un « parent pauvre » des arts africains. En effet, la constitution de nombreuses collections particulières, d'une qualité souvent exceptionnelle et unanimement reconnue, et l'organisation régulière de manifestations publiques, dont certaines sont restées sans égales, mettent en évidence qu'en Italie peut-être mieux qu'ailleurs une véritable histoire de l'art africain s'est fondée sur de fécondes études érudites.
    Aux entretiens inédits menés auprès de collectionneurs comme Ezio Bassani, Mario Meneghini, Aldo Tagliaferri et Giuseppe Calabresi s'ajoutent le témoignage de Franca Scamperle et l'intégralité de l'interview donnée par Carlo Monzino en 1995 à Antonio Aimi et Alessandro Morandotti.
    Enfin, Egidio Cossa, se fondant sur l'exemple de la vingtaine d'« objets d'art » africains déposés au Museo Pigorini au terme du legs consenti à l'État italien par l'artiste et collectionneur Eugène Berman (1899-1972), s'interroge sur la mise en valeur du patrimoine d'une institution publique nationale à vocation scientifique et didactique, dans le contexte actuel de la diversification des publics.
    L'ouvrage est livré avec le DVD des archives filmées de deux expositions marquantes :
    « Terra d'Africa, terra d'archeologia » (Rome, 1990) et « Africa, capolavori di un continente » (Turin, 2003/2004).

  • Quelle étrange idée de la part des pouvoirs publics d'envoyer depuis 350 ans de jeunes artistes dans un autre pays ! Lorsqu'est créée l'Académie de France à Rome en 1666, le principe d'une telle institution est inédit. Il sera pourtant imité par toutes les nations d'Europe et d'ailleurs qui y fonderont à leur tour des académies.
    Mais pourquoi Rome ? Que vient-on y chercher, que vient-on y faire ? Le propos de l'exposition est d'interroger la nature de ce lien au sein de la production des pensionnaires depuis 350 ans.
    L'acquisition de la Villa Médicis en 1803 par Napoléon est la proclamation des ambitions de la politique artistique de l'État français. Le prestige du lieu et sa visibilité au sommet de l'une des collines de Rome donne tout son sens à cette acquisition.
    Mais le piège se referme à la fin du xixe siècle. La modernité échappe au contrôle de l'État. Pour la première fois dans l'Histoire, l'art officiel devient un « art pompier ».
    « Académique » devient une insulte.
    La grande réforme voulue par André Malraux change assez radicalement la situation au tournant des années 1970. La création artistique à la Villa Médicis renoue avec la recherche expérimentale. Cette transformation profonde qui redynamise l'institution est encore une action de l'État.
    La présence de cette institution à Rome est un dépaysement. Et la question de l'étranger, de la confrontation à l'autre, entre invitation et occupation, se pose continuellement pour chacun des pensionnaires, des visiteurs, des salariés de l'institution.
    Être étrangers renvoie immédiatement à la question de l'identité, question si saillante de nos jours, dans une Europe confrontée aux migrations, aux déplacements, à la mondialisation.
    Comment l'artiste d'hier et d'aujourd'hui se saisit de cette question ? Qu'est-ce que l'identité artistique française ? Que fut-elle ? Que peut-elle encore prétendre être ?
    Aujourd'hui, les artistes pensionnaires de la Villa Médicis interrogent à nouveau le lieu, interrogent leur déplacement. Et souvent se tissent des liens avec le patrimoine romain, avec la ville de Rome, avec les Romains, renvoyant finalement à cette question : qui sommes-nous culturellement ?
    Traversant le poids des exigences politiques et des enjeux de l'identité et du dialogue avec la ville de Rome, l'activité des pensionnaires a connu une évolution considérable depuis 350 ans. Elle est passée d'un travail collectif à un travail personnel ; d'une vie pour ainsi dire « monastique » avec un règlement très strict, à la liberté du pavillon individuel. La production elle-même est passée du visuel (décor pour les Maisons du roi) à l'universel (des pratiques artistiques les plus diverses), du politique à l'esthétique, de la production à l'exploration. En dépit de la volonté de contrôle de l'activité des pensionnaires, l'expatriation impose l'expérience de la liberté et du dépaysement.
    L'exposition entend montrer la créativité des artistes au sein de l'institution à travers toutes ses transformations.
    Le principe est donc de ne montrer que des oeuvres produites par les pensionnaires ou les directeurs de l'Académie de France à Rome pendant le temps où ils étaient pensionnaires ou directeurs. L'exposition, chronologique et thématique, se déroule sur sept salles.
    Elle devrait présenter une centaine d'oeuvres (tableaux, dessins, sculptures, dessins d'architecture, partitions...) et se conclure par une installation vidéo proposant une rétrospective du travail des pensionnaires au cours des quarante-cinq dernières années.

    EXPOSITION Académie de France à Rome, Villa Médicis 13 octobre 2016 - 15 janvier 2017

  • En parallèle de l'exposition Le Printemps de la Renaissance. La sculpture et les arts à Florence 1400-1460, organisée au Louvre et au Bargello de Florence en 2013-2014, un colloque organisé en décembre 2013 par le musée du Louvre et l'Institut national d'histoire de l'art avait permis de mettre en valeur des phénomènes intrinsèquement liés à l'espace florentin. Cet ouvrage, qui en est issu, comporte huit essais dus à des spécialistes américains, français et italiens. Il décrit un peuple de statues, au double sens de l'expression : d'une part, à partir du début du XVe siècle, les Florentins font des oeuvres en trois dimensions un vecteur décisif de discours politiques, civiques et religieux, d'autre part, la sculpture envahit l'espace urbain dans des endroits stratégiques et affecte les relations sociales. De la résidence privée au palais public en passant par la place, de l'église au jardin, les enjeux symboliques sont forts et variés. Les modalités de la commande et de l'usage de la sculpture sont interrogés à partir de genres majeurs comme les portraits sculptés, les armoiries, les statues civiques ou les crucifix.

  • Le célèbre roman d'Orhan Pamuk Mon nom est Rouge aborde un thème de grande actualité, celui de la coexistence de cultures et de peuples évoluant sur un paysage artistique partagé et unanimement respecté. Au coeur du livre, mis en scène à la fin du xvie siècle dans la cour du sultan à Istanbul, ressort la figure emblématique du cheval, représenté par les miniaturistes d'après le naturalisme de l'iconographie occidentale.
    L'exposition souhaite reproduire ce pont entre l'Orient et l'Occident, au fil d'un voyage idéal où le cheval fait office de trait d'union.
    La figure du cheval, protagoniste de la culture visuelle de peuples lointains dans le temps et dans l'espace, nous est donc présentée sous différents profils : le voici qui piaffe en mordant le frein retenu par l'aurige sur l'emblema en mosaïque de la villa de Baccano à Rome. La splendide Tête de cheval de culture sassanide, conservée au Louvre, se laisse admirer sous ses longs cils et sa crinière bouclée. De l'Institut du monde arabe de Paris provient un feuillet iranien tiré d'une copie du Khamseh de Nizâmî illustrant un épisode des amours malheureuses de Farhâd e Shirin : un chef-d'oeuvre d'élégance où le geste du héros, qui hisse sur ses épaules la princesse et son destrier, tient de la magie et de la poésie.
    La gravure avec des Têtes de cheval appartenant à la Civica Raccolta delle Stampe « A. Bertarelli » à Milan révèle l'héritage de l'école de Léonard de Vinci en anatomie ; deux dessins, prêtés par le cabinet des dessins du Castello Sforzesco évoquent l'iconographie des Dioscures, les divinités de la lumière qui sillonnent le ciel avec leurs étalons ; tandis qu'un précieux manuscrit bolonais de la Pharsale, daté de 1373 et conservé à la Biblioteca Trivulziana, montre, dans les illustrations de Nicolò di Giacomo, des scènes chevaleresques de cape et d'épée lors des affrontements entre Jules César et les forces armées du Sénat.
    Ensuite, une statue de Gian Giacomo Trivulzio à cheval provenant des Raccolte d'arte applicata du Castello Sforzesco est accompagnée du petit bronze d'un Cheval au pas datant de la Renaissance, prêté par la Ca' d'Oro de Venise. Restauré en vue de l'exposition, le redoutable Barâki, une têtière pour cheval persane du Museo Poldi Pezzoli, présente un cartouche sur le front avec une inscription arabe signifiant « le sultan ».
    Le parcours contemple également un chapitre moderne ponctué de dix petits bronzes que le sculpteur Francesco Messina (1900- 1995) a consacré au thème du cheval, en puisant dans quelques sources d'inspiration classique.

  • De nombreuses expositions ont mis en scène la Rome fastueuse et virtuose du xviie siècle, héritière de l'Antiquité, au service du pouvoir triomphal des Papes. Mais l'exposition « Bas-fonds du Baroque. Rome des vices, de la misère et des excès », qui présente environ soixante-dix oeuvres créées à Rome durant la première moitié du Seicento, montre, pour la première fois, l'envers du décor de cette Rome splendide : non plus la Rome du « beau idéal », mais celle « d'après nature ». Car cette autre Rome - la Rome « grossière et commune », celle des vices, de la misère et des excès - fut à l'origine d'une production artistique inédite et stupéfiante, tant par sa diversité, ses paradoxes et ses inventions.
    Produit par l'Académie de France à Rome - Villa Médicis et Paris Musées - Le Petit Palais - Musée des Beaux-arts de la Ville de Paris, l'exposition présente tableaux, dessins et estampes d'artistes italiens (le Caravage, Manfredi), français (le Lorraine, Vouet), hollandais (van Baburen), flamands (Miel) et espagnols (Ribera).

  • La Vierge à l'Enfant avec sainte Anne constitue, avec La Bataille d'Anghiari, le projet le plus ambitieux des années de maturité de Léonard. Cette oeuvre est le fruit d'une longue méditation qui obséda l'artiste de 1501 jusqu'à sa mort en 1519.
    L'exposition présente le tableau restauré et permet ainsi de découvrir ce chef-d'oeuvre tel que Léonard l'a peint et comme personne ne l'a jamais vu depuis. Grâce aux campagnes photographiques menées tout au long de la restauration, le catalogue qui accompagne la manifestation, riche d'une iconographie abondante, révélera toute le splendeur des couleurs utilisées et mettra en lumière les détails les plus subtils de l'oeuvre. Au-delà de la restauration, l'exposition offre l'occasion de réunir, pour la première fois depuis leur création, le tableau du Louvre et le carton de Londres afin de les comparer. De même, les esquisses de composition, les nombreux dessins préparatoires, les études de paysage de la main du maître, aujourd'hui conservés dans différents musées de par le monde, seront rassemblés et permettront au visiteur de se faire une idée plus précise de la réflexion et des recherches de composition de Léonard.
    Grâce à l'exposition et à son catalogue, il sera en outre possible de replacer ce chefd'oeuvre dans la carrière tardive de l'artiste, mais aussi de le situer dans son contexte historique et artistique. OEuvre de maturité autant technique que picturale dans laquelle Léonard a déposé tout son art, la Sainte Anne, véritable testament artistique, a eu une influence considérable sur l'évolution des arts, notamment en Italie au début du xvie siècle.
    Des oeuvres de Michel-Ange ou de Raphaël, de Solario, de Luini et d'autres artistes témoigneront de l'intérêt que les peintres ont porté à ce tableau, à travers des réalisations à la fois respectueuses de l'héritage léonardesque et soucieuses de le dépasser.

  • Cet ouvrage est destiné aux officinaux, aux étudiants en pharmacie et autres professionnels de santé qui souhaitent acquérir une " culture " pharmaceutique clinique. Il vous propose d'approfondir vos connaissances en présentant des commentaires d'ordonnances très détaillés, issus de cas cliniques réels. Pour chaque ordonnance associée à une pathologie donnée vous retrouvez : l'adéquation du choix thérapeutique, l'analyse de l'ordonnance avec ses points critiques (contre-indications, posologies, interactions médicamenteuses et leur gestion), l'opinion pharmaceutique avec la mise en place et le suivi du traitement, le plan de prise et les conseils aux patients, une ordonnance piège avec les éventuelles erreurs à ne pas commettre lors de la délivrance.

  • L'exposition "Le Printemps de la Renaissance", et la publication du catalogue et de l'album qui l'accompagnent, illustrent la genèse de la Renaissance à Florence, essentiellement à travers des chefs-d'oeuvre de la sculpture : c'est la forme d'art qui, la première, en a été l'interprète. Après la redécouverte de l'Antiquité et l'assimilation de la richesse expressive du Gothique, au début du xvème siècle, les reliefs du Sacrifice d'Isaac de Lorenzo Ghiberti et Filippo Brunelleschi, vainqueurs du concours pour la seconde porte du Baptistère, et la maquette de la Coupole de Santa Maria del Fiore, marquent le début de la Renaissance.
    La sculpture publique monumentale de Donatello, Ghiberti, Nanni di Banco, pour la Cathédrale et pour Orsanmichele, révèle la "révolution" culturelle qui s'est produite et qui, également, influence considérablement la peinture et les arts décoratifs. D'autres thèmes de l'Antiquité classique (du monument équestre au tombeau humaniste, au thème ludique des "spiritelli", au buste-portrait) sont adoptés et transformés dans un nouveau langage sculptural qui exprime, en dehors de la ferveur créatrice de la cité, son climat politique, spirituel et intellectuel.
    Les lecteurs de cet album pourront retrouver pour un tout petit prix les oeuvres emblématiques de cette exposition.

  • Anglais The selous in Africa

    Collectif

    La réserve de Selous, située au sud de la Tanzanie, est la première aire protégée à avoir été créée en Afrique (1896) ; c'est aussi la plus étendue, avec une surface supérieure à celle de la Suisse.
    Malgré les terribles combats qui firent rage entre les forces anglaises et allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale, et malgré le braconnage qui sévit dans les années 1970-1980, le Selous demeure l'un des écosystèmes les plus grands et les plus préservés d'Afrique, riche d'une faune exceptionnelle : une des plus vastes populations d'éléphants de tout le continent, sans doute presque la moitié des lycaons d'Afrique, d'importants troupeaux de buffles, des hippopotames et plus de lions que dans n'importe quelle autre réserve africaine (National Geographic, août 2013). Les oiseaux et la flore revêtent également un intérêt particulier. Le parc de Selous, déclaré site du patrimoine mondial par l'UNESCO, joue un rôle de plus en plus vital au fur et à mesure que la pression anthropique augmente sur les éléphants et autres espèces.
    Rob Ross, photographe new-yorkais qui vit actuellement dans les Montagnes Rocheuses du Colorado, a passé environ quatre ans dans la nature âpre et sévère du parc de Selous, où il a pris presque cent mille photos. Cette sélection de ses clichés les plus spectaculaires - dont des vues aériennes et des images nocturnes, ainsi que des portraits très rapprochés de prédateurs - font de ce livre le pendant photographique idéal des textes du grand naturaliste Peter Matthissen qui, il y a quelque trente ans, consacra à la réserve de Selous un ouvrage considéré désormais comme un classique, Sand Rivers. Nous avons choisi de publier ce volume en grand format, enrichi de six planches dépliantes ; une attention particulière a été portée à la qualité d'impression des images.
    Les textes comprennent l'histoire du parc de Selous par Rolf Baldus, un essai de Walter Jubber sur les aspects environnementaux et zoologiques de la réserve et une réflexion de Bryan Christy, journaliste responsable des enquêtes au National Geographic, sur les conséquences tragiques du commerce illégal de l'ivoire. Enfin de nombreuses citations tirées de Sand Rivers accompagnent les images.

  • L'exposition monographique qui ouvrira au Metropolitan Museum en octobre 2016 et au Louvre en février 2017 est la première consacrée au grand peintre caravagesque Valentin de Boulogne (1591-1632). Les lecteurs de cet album pourront retrouver pour un tout petit prix les oeuvres emblématiques de cette exposition.
    Dans les années qui suivirent la mort de Caravage en 1610, l'espagnol Ribera et le français Valentin sont les deux plus importants protagonistes de la peinture naturaliste à Rome. L'intégralité de la carrière de Valentin se déroula à Rome, où il devint l'un des artistes de prédilection de la famille Barberini.
    Pour ces derniers, il reçut, tout comme Nicolas Poussin, la très prestigieuse commande d'un retable pour Saint-Pierre. L'installation de ce retable, ainsi que celui de Poussin, suscitèrent un vif débat sur les vertus d'un art naturaliste, célébrant la couleur, par rapport à un style classique, fondé sur le dessin, qui perdurera au cours des trois siècles suivants.
    La réputation posthume de Valentin s'enflamma d'emblée. Après sa mort prématurée, en 1632, « on ne peut pas trouver ses peintures, ou si on le retrouve, il faut payer quatre fois ce qu'ils coûtent à l'origine ». Au xixe siècle, son style novateur devint un point de référence pour Courbet et Manet. Valentin peut donc être considéré comme une figure centrale dans l'histoire de la peinture française et européenne.

    Exposition : Musée du Louvre, Hall Napoléon, 20 février - 22 mai 2017.

  • La collection d'ivoires du Bargello, un des fonds les plus importants du musée, se compose d'autant de chefs-d'oeuvre évocateurs d'un monde précieux et lointain, qui forment un ensemble d'une valeur inestimable pour l'histoire de l'art, de l'Antiquité à la Renaissance.

    Ce volume en présente pour la première fois le catalogue complet, qui recense environ 250 exemplaires, traités dans des essais et des notices rédigés par des spécialistes en la matière, et richement illustrés grâce à une campagne photographique spécialement réalisée pour cette publication, d'où ressortent des détails inédits d'une beauté insoupçonnée. Les oeuvres offrent une variété remarquable par la multiplicité tant des typologies que des genres stylistiques et iconographiques, couvrant des siècles d'histoire à travers les images : représentations de souverains, images de dévotion, scènes de vie courtoise.

    Les ivoires du Bargello, dont la plupart proviennent de la collection léguée au musée par Louis Carrand en 1888, comprennent des pièces d'une rareté exceptionnelle, tels la célèbre Impératrice Ariane ou le Flabellum de Tournus, instrument liturgique datant du ixe siècle dont on ne connaît au monde que deux autres exemplaires.

    Les sections, chacune précédée d'une brève introduction traitant de l'époque examinée du point de vue de l'histoire de l'art, comprennent : ivoires romains, ivoires byzantins, ivoires du Bas-Empire (ve-vie siècles), ivoires du haut Moyen Âge, ivoires romans (XIe/XIIIe siècles ;
    Un chapitre particulier est consacré aux pions de trictrac et échecs), ivoires gothiques et Renaissance, ivoires islamiques.

  • Dès le début de la Renaissance, les chapelles des églises de Rome ont été richement décorées. Mais c'est aux XVIe et XVIIe siècles qu'elles sont devenues des espaces où les grandes familles patriciennes et la haute bourgeoisie romaine ont pu faire ostentation de leur prestige social. Dans la richesse de ces apparats a triomphé l'auto-représentation de sociétés, lignées et grands hommes. Souvent, les chapelles étaient conçues comme parties d'un système plus complexe, élargi à la nef et aux autres chapelles, en un dialogue entre les arts et les commanditaires de divers milieux. La « voix » individuelle de chaque chapelle (ses objectifs et significations) répondait de cette manière au plus vaste « discours » choral des arts à l'intérieur de l'église, avec des résultats de plus en plus expressifs et spectaculaires à la période baroque.
    Cet ouvrage fait le point sur ce phénomène - tellement significatif et propre à la capitale pontificale - à travers l'étude de plusieurs cas entre les XVIe et XVIIe siècles. Les diverses contributions, qu'elles soient historiques, philologiques ou iconographiques, ouvrent à un nouveau regard les intérieurs des églises les plus vénérées de Rome.

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