Littérature traduite

  • La Chanson de Roland, ici traduite d'après la version recueillie par le manuscrit d'Oxford, est le premier texte littéraire écrit en français et la première chanson de geste connue en Europe occidentale. On situe sa création autour de l'an 1100. Si elle partage avec les autres gestes françaises l'absence d'historicité, le sentiment féodal, l'imagination la plus débordante, elle est indiscutablement supérieure à tous les autres poèmes épiques par sa composition parfaite, soignée jusqu'à des détails insoupçonnés d'équilibre et de beauté formelle. Elle représente un des sommets de cet art. Il est surprenant qu'une expédition inutile ou presque comme le fut celle de Charlemagne en Espagne en 778, et qui s'acheva par l'écrasante défaite de la bataille de Roncevaux, ait trouvé une justification aussi grandiose. Son héros, l'impétueux Roland, l'une des figures littéraires les plus inoubliables des lettres françaises de tous les temps, est connu pour sa démesure héroïque, son sincère repentir postérieur, son amour illimité de la chevalerie et de l'honneur de la douce France. Sur nombre de places de vieilles villes européennes se dressent des statues de Roland, écho de la diffusion que la journée de Roncevaux et sa version littéraire ont atteinte dans le monde médiéval et chrétien. Le texte de la Chanson, établi d'après le manuscrit d'Oxford, a été édité par le médiéviste Luis Cortés (1924-1990) et traduit en français par Paulette Gabaudan chez Nizet en 1994. C'est de cet ouvrage, avec sa remarquable traduction en décasyllabes épiques assonancés, épousant si fidèlement le texte original, que P. Gabaudan propose ici une nouvelle édition.

  • La haine

    Collectif

    Quand on pense à l'Irlande en littérature, on voit le soleil se coucher sur le Crépuscule celtique, on a des visions de danseurs comme Yeats et la dame en noir, Lady Gregory, on écoute les histoires de Harahan le roux. Ou bien on est ébloui par l'écriture en exil de Joyce ou le parler dublinois sarcastique de Flann O'Brien.
    Ce n'est pas de cette Irlande-là qu'il s'agit ici, mais de l'Irlande noire, celles des Pâques sanglantes de Dublin et de la guerre civile dans ce pays déchiré, contée par trois écrivains majeurs, tous les trois de Cork ; Daniel Corkery qui fut professeur d'Université dans cette ville, et deux de ses élèves devenus célèbres : Sean O'Faolain et Frank O'Connor.

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