Les Belles Lettres éditions

  • Ils sont neuf officiers de la Légion étrangère à avoir pris la plume pour raconter la dernière décennie de combat de cette unité de légende. Pour la première fois, le lecteur accompagne les hommes au képi blanc en Afghanistan, en Guyane, en République centrafricaine, au Mali. « Monsieur légionnaire » était partout où la France a décidé de se battre. De l'entraînement aux combats les plus âpres, c'est le quotidien de ces hommes venus du monde entier pour servir une autre patrie que la leur qui est retracé ici, au plus près du terrain. Durant ces dix dernières années, certains d'entre eux ont eu rendez-vous avec la mort. Ils venaient du Népal, de Serbie, d'Afrique du Sud, de Slovaquie souvent avec une certaine idée de la France mais surtout attirés par le mythe de cette troupe unique au monde, sa devise - honneur et fidélité - et aussi le « baroud » que célèbre leur chant « La lune est claire ». C'est à eux que leurs camarades légionnaires ont voulu rendre hommage en écrivant ce livre.

  • Sages, souvent téméraires, ces douze « femmes savantes » ont pour point commun leur engagement en faveur des lettres anciennes. Héroïnes du latin et du grec, elles ont préféré aux travaux d'aiguille les travaux de plume. Dans cette galerie de portraits qui court de la Renaissance à nos jours, chacune et chacun fera la connaissance, entre autres, de Perrette Bade, d'Anne Dacier ou de Catherine Desroche, partagera le courage et l'acharnement de Juliette Ernst ou de Julie Favre, l'originalité et l'éclectisme de Marie Delcourt, la liberté de Mme du Châtelet et s'imprégnera de l'humanisme tourmenté de Marguerite Yourcenar ainsi que de l'idéale clarté de Jacqueline de Romilly. Poussées dans l'ombre, toutes ont pourtant joué un rôle vital dans le progrès et la transmission de nos humanités. Femmes de leur temps et femmes d'exception, dotées d'un esprit aussi aiguisé que passionné, elles nous racontent également en creux l'histoire de la condition féminine où il a été si peu naturel d'être reconnue pour ses qualités intellectuelles. Des femmes savantes il est agréable d'en rire, il l'est bien davantage de les rencontrer.

  • La Chanson de Roland, ici traduite d'après la version recueillie par le manuscrit d'Oxford, est le premier texte littéraire écrit en français et la première chanson de geste connue en Europe occidentale. On situe sa création autour de l'an 1100. Si elle partage avec les autres gestes françaises l'absence d'historicité, le sentiment féodal, l'imagination la plus débordante, elle est indiscutablement supérieure à tous les autres poèmes épiques par sa composition parfaite, soignée jusqu'à des détails insoupçonnés d'équilibre et de beauté formelle. Elle représente un des sommets de cet art. Il est surprenant qu'une expédition inutile ou presque comme le fut celle de Charlemagne en Espagne en 778, et qui s'acheva par l'écrasante défaite de la bataille de Roncevaux, ait trouvé une justification aussi grandiose. Son héros, l'impétueux Roland, l'une des figures littéraires les plus inoubliables des lettres françaises de tous les temps, est connu pour sa démesure héroïque, son sincère repentir postérieur, son amour illimité de la chevalerie et de l'honneur de la douce France. Sur nombre de places de vieilles villes européennes se dressent des statues de Roland, écho de la diffusion que la journée de Roncevaux et sa version littéraire ont atteinte dans le monde médiéval et chrétien. Le texte de la Chanson, établi d'après le manuscrit d'Oxford, a été édité par le médiéviste Luis Cortés (1924-1990) et traduit en français par Paulette Gabaudan chez Nizet en 1994. C'est de cet ouvrage, avec sa remarquable traduction en décasyllabes épiques assonancés, épousant si fidèlement le texte original, que P. Gabaudan propose ici une nouvelle édition.

  • L'histoire de la fable pour les Anciens commence par une fable, celle d'Ésope, l'esclave difforme à l'esprit subtil, qui faisait parler les bêtes avec plus de sagesse et d'humour que leurs maîtres. En prose ou en vers, regroupées dans des recueils anonymes, dans des oeuvres personnelles de poètes comme Phèdre, Avianus ou Babrius, parfois présentes chez de plus grands comme Hésiode, Aristote, Tite-Live ou Horace, elles fondent une tradition dont se nourrira le génie de La Fontaine. Véritable comédie humaine drôle et cruelle, ces fables ne s'adressent pas aux enfants en priorité... mais ont beaucoup pour leur plaire, parce qu'elles savent amuser en instruisant, et qu'elles disent la vérité. Ce volume réunit pour la première fois le vaste ensemble des fables grecques et latines de l'Antiquité, dans des traductions nouvelles ou entièrement refondues.

  • Cet ouvrage pluridisciplinaire est destiné à accompagner l'enseignement de sciences humaines et sociales au sein de la formation médicale et des formations en santé. Il s'adresse aux étudiants et à tous ceux qui s'engagent dans les métiers du soin ou qui s'intéressent aux questions épistémologiques, éthiques et sociales impliquées par la médecine contemporaine. Il est principalement l'émanation du Collège des enseignants de sciences humaines et sociales en faculté de médecine et en santé fondé en 2008, qui réunit les enseignants, médecins et non médecins en charge de cet enseignement en France, avec le concours de chercheurs étrangers spécialistes des thématiques abordées.

    Les auteurs, médecins et non médecins, sont des spécialistes des thèmes abordés travaillant aussi bien en sciences humaines (comme anthropologues, économistes de la santé, historiens, juristes, philosophes, psychanalystes, psychologues, sociologues) que dans le monde de la santé (en biologie, cancérologie, génétique, gériatrie, médecine générale, médecine interne, neurologie, neurochirurgie, psychiatrie, rééducation fonctionnelle, et dans les soins infirmiers). Le projet résulte notamment de la collaboration de responsables et enseignants en sciences humaines et sociales des facultés de médecine françaises.

  • Pour découvrir ou redécouvrir les grandes oeuvres de l'Antiquité qui ont façonné notre culture, un guide « de poche » s'imposait. La vie et l'oeuvre, accompagnées d'un extrait significatif, de plus de cent auteurs grecs et latins sont ainsi présentés pour permettre au lecteur des « Classiques en poche » de parcourir l'extraordinaire fonds de la littérature gréco-latine.

  • Ils sont hommes politiques, savants, professeurs, écrivains. Ils partagent une conviction simple : leur vie eût été bien différente s'ils n'avaient pas été nourris par le monde antique. Ils ne pensent pas que c'était mieux avant ; ils sont convaincus que, riches de ce passé, il est possible que ce soit mieux demain. Et, chacun à sa manière, ils témoignent de la chance culturelle que sont nos Anciens, pour, au fond, apprendre à vivre debout. Ce volume est né à l'initiative d'Antiquité-Avenir, réseau regroupant 38 associations, dont la mission est de promouvoir et de valoriser la connaissance de l'Antiquité.
    Avec les contributions de : Marianne Bastid-Bruguière, Nicolas Baverez, Frédéric Boyer, Françoise Briquel Chatonnet, Pierre Brunel, Jean Canavaggio, Jean-Pierre Chevènement, Xavier Darcos, Michel Deguy, Paul Demont, Jean-Paul Demoule, Pierre Ducrey, Michael Edwards, Maha El-Khalil Chalabi, Thierry Grillet, Francis Joannès, Pierre Judet de la Combe, Denis Knoepfler, Pierre Laurens, Bernard Legras, Dario Mantovani, Yves Meyer, Claudia Moatti, Thomas Pavel, Christian Prigent, Maurice Sartre, Pauline Schmitt-Pantel, Alain Schnapp, Monique Trédé, Arnaud Zucker.

  • Venus des quatre coins de l'Europe, les Humanistes ont initié les valeurs qui sont aujourd'hui les nôtres. Fidèle à la tradition des Belles Lettres de partager avec le plus grand nombre la culture humaniste, cette bibliothèque idéale raconte l'histoire de ce grand mouvement intellectuel né dans l'Italie du XIVe siècle avec des textes aussi fameux que le Discours de la dignité de l'homme de Pic de la Mirandole, l'Éloge de la folie d'Érasme ou le truculent Gargantua de Rabelais, agrémentés de quelques perles aussi rares qu'inattendues, telles que les Facéties obscènes en latin élégant du Pogge ou encore L'Art d'élever des poules en période de guerre civile de Le Choyselat.

  • « La pensée d'après-guerre nous lègue une attitude critique à ne pas négliger. La situation politique aujourd'hui nous invite à cet exercice. Profitant du sentiment d'angoisse qui s'est installé après la catastrophe du 11 mars 2011, le gouvernement Abe cherche à liquider l'après-guerre, dont il fait une lecture simpliste. On est en train d'assister à une rupture radicale, qui fait écho à l'évolution du capitalisme dans le monde. Il est désormais nécessaire de réévaluer notre propre position dans cet après-guerre, de retrouver les réflexes critiques des intellectuels qui nous ont précédés, pour penser cette rupture et ses conséquences, et éventuellement, y résister. » (entretien avec Narita Ryûichi)

    Après Japon colonial 1880-1930. Les voix de la dissension (Les Belles Lettres, 2014), le Groupe de Genève présente ici la traduction commentée de quatre penseurs majeurs du Japon de l'après-guerre.

  • « Francisco Hernández de Córdoba fut nommé chef de l'expédition [...] il s'en alla donner dans une terre inconnue que les nôtres n'avaient pas encore découverte. Il y avait là des marais salants, situés près d'un cap qu'il appela Cap des Femmes parce qu'il y trouva des tours de pierre avec des gradins au sommet desquelles il y avait des chapelles couvertes de bois et de paille contenant des idoles bien rangées qui présentaient un aspect féminin. Les Espagnols s'émerveillèrent devant ces édifices de pierre tels qu'ils n'en avaient jamais rencontrés jusqu'alors, ainsi qu'à la vue des habitants qui étaient richement et élégamment vêtus de petites chemises et de capes de coton, blanches ou colorées, et qui se paraient de plumages, de boucles d'oreille, de broches et de bijoux d'or et d'argent. [...] Poussant plus avant, les Espagnols rencontrèrent des hommes qui, lorsqu'il leur fut demandé quel était le nom du gros village situé près de là, répondirent tectetan, ce qui signifie « je ne vous comprends pas ». Les Espagnols pensèrent que tel était le nom de ce lieu et, déformant le mot, l'appelèrent Yucatán, qui lui est toujours resté. » (Francisco Lopez de Gómara, Histoire générale des Indes)
    À travers les témoignages des grands conquérants et chroniqueurs espagnols du XVIe siècle comme Cortés, Bernal Díaz del Castillo, Gómara, Oviedo, Diego de Landa ou Bartolomé de Las Casas - pour certains traduits pour la première fois en français -, François Baldy nous fait revivre les grandes découvertes et surtout celle du Yucatán (1517-1519).

  • Voici, réunis pour la première fois en français, les textes qui ont permis aux Européens de se forger une image de l'Amérique, dès la fin du XVe siècle. A travers ces lettres de Christophe Colomb, Amerigo Vespucci et Pierre Martyr d'Anghiera (chapelain de la reine Isabelle la Catholique et ami de Christophe Colomb) la découverte d'un nouveau continent va se muer en invention d'un Nouveau Monde. Dans ces lettres, Colomb décrit les terres qu'il vient d'atteindre en s'émerveillant de l'abondance d'or et de richesses, Vespucci identifie un continent et nous offre le premier tableau des moeurs des Indiens. Quant à Pierre Martyr d'Anghiera, il met en récit les découvertes des explorateurs : écrit en latin pour en assurer la meilleure diffusion, ce texte, que l'on pourrait qualifier de « reportage », a eu une influence capitale sur la perception du Nouveau Monde par les Européens.

  • La haine

    Collectif

    Quand on pense à l'Irlande en littérature, on voit le soleil se coucher sur le Crépuscule celtique, on a des visions de danseurs comme Yeats et la dame en noir, Lady Gregory, on écoute les histoires de Harahan le roux. Ou bien on est ébloui par l'écriture en exil de Joyce ou le parler dublinois sarcastique de Flann O'Brien.
    Ce n'est pas de cette Irlande-là qu'il s'agit ici, mais de l'Irlande noire, celles des Pâques sanglantes de Dublin et de la guerre civile dans ce pays déchiré, contée par trois écrivains majeurs, tous les trois de Cork ; Daniel Corkery qui fut professeur d'Université dans cette ville, et deux de ses élèves devenus célèbres : Sean O'Faolain et Frank O'Connor.

  • La guerre de Troie, c'est Homère, sa colère d'Achille, son Iliade, sublime, forcément sublime. Certes. Mais que de mensonges, s'écrièrent très tôt les mauvais esprits, quel récit incomplet !
    En réponse à ces critiques sont nées les trois oeuvres réunies dans ce volume - introuvables en français -, seuls témoins subsistant d'une tradition jadis étoffée. L'Iliade latine, poème du premier siècle de notre ère, que l'on trouvera ici traduite en alexandrins blancs, se veut ainsi une modernisation de la matière homérique. L'Éphéméride de la guerre de Troie par Dictys de Crète ainsi que l'Histoire de la destruction de Troie de Darès le Phrygien sont quant à elles les récits d'une guerre racontée par ceux, Grecs et Troyens, qui l'ont vécue. Et c'est à travers eux que le monde médiéval, occidental et byzantin, apprendra la véritable histoire de la guerre de Troie.
    Gérard Fry est chargé d'enseignement de latin à l'Université de Genève.

  • L'oeuvre d'Alain Boureau, multiple et dense, se déploie sur les quarante dernières années en abordant de nombreux domaines de l'histoire du Moyen Âge et du christianisme latin. Elle suit les pérégrinations personnelles et professionnelles d'un chercheur à travers un monde peuplé de silhouettes incertaines : figures de l'hagiographie, faux-semblants de l'État moderne, anges, démons, cadavres et somnambules, vagues individus scolastiques qui eux-mêmes parlent de créatures étranges. Autant de fantômes d'un passé persistant qu'il a suivis avec ténacité tout au long de sa carrière, et qui nous embarquent à leur tour à travers l'histoire.

    Ce volume entend garder la trace vivante des deux journées qui furent organisées à Paris en mai 2015 autour de l'oeuvre d'Alain Boureau. Ce Liber amicorum d'un genre un peu particulier, production scolastique en quelque sorte, donne à voir les membres d'un studium, ce qu'était le séminaire d'Alain Boureau : les amis, les collègues, les proches, celles et ceux qui l'ont accompagné au cours de ses années passées à l'EHESS. Les textes rassemblés rendent compte de trajectoires et de réalisations, ils en montrent les apports scientifiques et les enjeux intellectuels. Ils racontent, aussi. Ainsi se manifeste la richesse d'une oeuvre singulière, construite aux croisements de différentes pratiques des sciences sociales dans une démarche souvent collective, toujours originale et novatrice.

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