Humensis

  • Un numéro consacré à la marche sous toutes ses formes dans lequel des écrivains passionnés par ce loisir décrivent leur expérience.

  • Cités 2020, n° 84

    collectif

    Jamais sans doute le concept de biopolitique, inventé par Michel Foucault en 1975, il y a donc quarante-cinq ans, n'aura mieux prouvé sa pertinence que dans la période actuelle. La biopolitique chez Foucault se caractérise en particulier par deux dimensions : la prise directe du pouvoir sur le vivant (la natalité, l'alimentation, la reproduction, la mortalité, etc.) et l'application de ses procédures aux populations (et non plus aux individus en tant quel tels). Ces deux dimensions sont exercées par le pouvoir politique aujourd'hui en une sorte de biopolitique du coronavirus, qui peut aller jusqu'à menacer les libertés individuelles (contrôle électronique de la population sous différentes formes). Il va de soi qu'elle ne consiste pas qu'en un exercice des procédures du pouvoir, elle a besoin, comme on vient de le voir, d'un discours pour produire et reproduire la croyance et donc l'ordre. Donner crédit au discours du pouvoir est le rôle joué en France par ledit « conseil scientifique » (réunion de médecins et autres personnalités choisies en raison de leurs compétences supposées) : quelle que soit la compétence de chacun de ses membres, son fonctionnement sous l'oeil du pouvoir n'a rien de neutre ou d'anodin. Pour crédibiliser le récit du gouvernement, le conseil en question doit dire sur l'essentiel ce que le pouvoir veut entendre. Il devient par nature, et malgré quelques divergences, l'instrument du pouvoir qui l'instrumentalise. Se forme ainsi le noeud du savoir et du pouvoir qui produit le récit (le récit de récits) du pouvoir.

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