Honore Champion

  • Dans notre mémoire littéraire, l'apparition des lais narratifs bretons a fait deux fois événement : pour les auditeurs du XIIe siècle, qui en ont fait un succès littéraire - déterminant ainsi la constitution d'un genre qui a fait école - mais aussi pour nous, lecteurs contemporains, qui n'avons cessé, depuis leur découverte, de les éditer, de les traduire, d'en commenter l'énigmatique attrait.
    En proposant de lire côte à côte les lais de Marie de France et plusieurs lais anonymes, le présent volume voudrait faire apparaître la cohérence d'un corpus constitué sur plusieurs décennies. Choisis pour la richesse des résonances qu'ils offrent avec les lais de Marie, les cinq lais anonymes ici présentés bénéficient d'une édition et d'une traduction nouvelles. Les lais de Marie de France ont été traduits d'après l'édition de Jean Rychner, entièrement revue.

    Édition bilingue établie, traduite, présentée, annotée et revue par Nathalie Koble et Mireille Séguy, 2018.

  • Ce recueil se destine à tous ceux qui douteraient que l'érotisme ait pu exister dans la littérature médiévale. Des textes du XIIe au XVe siècle empruntés à des genres variés révèlent la manière dont s'expriment le désir et le plaisir sexuel au Moyen Âge, des premiers troubles sensuels aux voluptés charnelles les plus transgressives, de la fin amor à la luxure assumée. Ces oeuvres revendiquent la légitimité de la vie sexuelle, l'accès à la jouissance et l'intellectualisation de la sensualité. Elles présentent un large éventail de positions et de pratiques qui secouent le cadre conventionnel de la relation hétérosexuelle. Elles exposent les besoins primordiaux du corps libéré des entraves morales, religieuses ou sociales cherchant à maîtriser ou refouler ses pulsions, et le transforment en univers à explorer et à exprimer. Elles permettent de découvrir le rapport qu'entretenaient les hommes et les femmes de l'époque avec leur part charnelle, elles nous donnent accès à leurs fantasmes dans toute leur richesse et leur complexité. En matière de caresses, de comportements, de projections fantasmées, de représentations suggestives ou de sublimation par le langage et par l'art, le raffinement de l'imaginaire médiéval n'a guère à envier aux siècles ultérieurs. Chantant la vie et la vérité des corps, il ne peut laisser personne indifférent.

  • Publiés entre 1710 et 1712, Les Mille et un jours, contes persans, profitent sans nul doute du succès rencontré par les premiers volumes des Mille et une nuits. Comme les contes arabes traduits par Antoine Galland, les contes persans reposent sur des sources authentiques, d'origine turque pour la plupart, traduites par l'orientaliste François Pétis de la Croix. La Princesse de Cachemire, prévenue contre les hommes après un songe, refuse de se marier. Tous les matins, à l'heure du bain, sa nourrice, confiante dans le « pouvoir des fables », entend convaincre la jeune princesse de la fidélité du coeur des hommes. Il n'est pas certain qu'elle y parvienne et peut-être faudra-t-il que la Princesse vive elle-même son propre conte pour découvrir l'amour. Que l'éminent orientaliste ait peut-être eu recours à la plume de l'écrivain Alain.
    René Lesage est alors une invitation supplémentaire à découvrir ce recueil encore trop méconnu : la « traduction » des contes s'insère dans un projet cohérent qui mêle sérieux et comique et invite le lecteur à une réflexion subtile et enjouée sur le pouvoir des récits. Les Mille et un jours, contes authentiques qu'il ne faut pas confondre avec les multiples « imitations » des contes arabes, méritent indéniablement de sortir de l'ombre des Nuits et de reconquérir leur place, une des premières, parmi les contes littéraires.

  • Anne franck échappe à son enfermement grâce à ces contes, témoignant d'une imagination moderne et de qualités d'écriture exceptionnelles.
    Comme elle, ses personnages affichent, face à la barbarie des événements, une incroyable fraîcheur de pensée et une vie intérieure rayonnante.

  • Ce dictionnaire répond à une triple volonté : il entend d'abord établir le bilan de plusieurs décennies de réflexion théorique, plus de quarante ans après la parution du Pacte autobiographique (1975) de Philippe Lejeune. Il vise ensuite à cartographier un champ de recherches dont l'extension est souvent mal comprise : l'autobiographie au sens strict, mais également, et plus globalement, les écritures de soi. À un moment où la médiatisation de l'autofiction brouille les frontières entre fiction et non-fiction, il semble important de décrire les spécificités du champ non fictionnel et de se demander si l'écriture autobiographique est un modèle d'écriture identifiable à quelques traits précis ou un registre qui transcende les frontières génériques. Enfin, ce dictionnaire souhaite féconder un nouvel élan théorique. Il dépasse une vulgate promue par l'institution scolaire et universitaire, constituée en canon, ne se limite pas aux seuls corpus consacrés mais s'intéresse également à des auteurs méconnus, voire aux écritures ordinaires. Derrière le succès de l'autobiographie se cache une diversité de pratiques et de genres ayant en commun l'écriture à la première personne, qui connaissent des fortunes variables mais ne cessent de se nourrir réciproquement : Mémoires, souvenirs, témoignages, journaux personnels, correspondances intimes, chroniques... Il s'agit de désenclaver l'autobiographie en la réinscrivant dans une large continuité historique et au sein de l'espace francophone ; les écritures de soi, souvent réduites à leur seule prétention à calquer le monde, sont aussi des supports essentiels au renouvellement de la création littéraire.

    Sous la direction de Françoise Simonet-Tenant, avec la collaboration de Michel Braud, Jean-Louis Jeannelle, Philippe Lejeune et Véronique Montémont.

  • Avec le Roman de Thèbes s'opère la naissance d'un genre littéraire dont le succès ne s'est pas démenti.
    Premier volet de la " triade classique " avec les romans d'Eneas et de Troie, le Roman de Thèbes constitue bel et bien notre premier roman, avant ceux de Chrétien de Troyes. C'est en même temps une oeuvre plurielle, traduction, adaptation, recréation, qui tantôt suit de très près son modèle, tantôt s'en affranchit avec la plus grande liberté. Comme la Thébaïde de Stace, sa source, l'auteur médiéval relate la guerre fratricide des deux fils d'Oedipe, Etéocle et Polynice, à la manière des chansons de geste contemporaines.
    Mais le péché de Jocaste semble bien loin, et des figures féminines comme Antigone et Ismène prennent un relief particulier, dans la fraîche innocence de leurs amours. En même temps, le monde antique semble habillé aux couleurs du Moyen Age. Mais la pratique de l'anachronisme (ou plutôt de l'anachronisation) semble ici concertée. La coexistence de l'antique et du médiéval aboutit à des synthèses de caractère baroque, répondant à un goût certain pour l'insolite.
    C'est dire que dès son apparition, le Roman de Thèbes frappe par sa nouveauté, son originalité, sa liberté de ton. Le souhait d'immortalité formulé il y a plus de huit siècles par son auteur semble désormais exaucé.

  • Le Dictionnaire Marcel Proust réunit la somme des connaissances actuelles sur Proust et son oeuvre. Le projet de consacrer un dictionnaire à Proust se justifie par la notoriété du plus grand romancier français du XXe siècle comme par la transformation, depuis cinquante ans, de notre savoir relatif à l'auteur de la Recherche et à l'ensemble de ses écrits.
    Une équipe de trente-sept spécialistes internationaux a consacré un millier d'articles aux personnages, aux personnes réelles, aux lieux fictifs et réels qui figurent dans son oeuvre.
    Chaque écrit de Proust fait l'objet d'une entrée qui rappelle la date de la première publication, depuis les devoirs du lycéen ­jusqu'aux notes posthumes. D'importants articles de synthèse concernent l'homme et l'écrivain, les prédécesseurs et contem­porains, la pensée de Proust, l'oeuvre, les thèmes et notions et la critique proustienne.

  • Comment se retrouver aujourd'hui dans le dédale de la terminologie littéraire, sans cesse rendu plus inextricable par l'entrecroisement des apports de disciplines nouvelles (psychanalyse, sociologie, sémiotique...) qui n'abolissent pas pour autant les plus anciennes (rhétorique, histoire...), et par la confrontation de traditions nationales souvent divergentes ? De toute cette complexité, le présent dictionnaire a choisi de sacrifier le moins possible, et a préféré multiplier les points de repère et les sentiers de traverse.
    Le lecteur y trouvera donc aussi bien enjambement ou épanorthose que dialogisme, mise en abyme ou psychocritique ; blues, proême ou virelai que genre, littératures postcoloniales ou paralittérature ; mais aussi dolce stil nuovo, Bloomsbury group ou popoetchiki, ainsi que Jeune Belgique, naturalisme ou Oulipo ; et encore New Criticism ou Neue Sachlichkeit ainsi que déconstructionnisme ou nouvelle critique.
    Classement alphabétique commode, nombreux renvois entre articles apparentés (ainsi de temps à analepse, espace, monologue intérieur ou narratologie), tableaux de synthèse (des périodes et des courants, des genres, des études littéraires, des figures de rhétorique et des types de transformation de texte), pistes bibliographiques pour prolonger les principaux articles : autant d'atouts, déjà largement éprouvés, désormais mis à la disposition de tous les francophones - chercheurs ou critiques, enseignants et étudiants, voire simples amateurs - qui, d'un manière ou d'une autre, s'interrogent sur la littérature, sur son fonctionnement institutionnel, sur son évolution ou sur les diverses manières d'analyser ou d'interpréter ses textes.

  • Giraudoux reste un des très grands noms du théâtre de l'entre-deux-guerres, mais des controverses brouillent la réception de son oeuvre : trop littéraire, trop rêveuse, suspecte de pacifisme, voire de trahison des idéaux républicains qui l'ont nourrie. Son esthétique romanesque, plus novatrice et corrosive qu'on ne croit, et qui avait marqué successivement Gide, Proust, Thibaudet, Blanchot, Aragon, et jusqu'à Jean-Luc Godard, est à redécouvrir.

    Cet ouvrage, rédigé par une équipe internationale de spécialistes issus de plusieurs disciplines (littérature, philosophie, histoire, urbanisme, cinéma), ne néglige aucune investigation dans le tissu de l'oeuvre, en recense les thèmes profonds et en restitue la cartographie. Les mises en perspective historiques sont précises, et aucune polémique n'est ignorée. Intégrant les travaux les plus récents de la très vivante critique giralducienne, ce dictionnaire entend ne pas dissocier le soldat patriote, le « fantaisiste » si proche parfois des surréalistes, le romancier qui écoute les sirènes du sublime mais qui désespère du monde tel qu'il va, l'homme de théâtre épris du « beau langage » mais qui voit dans la scène une tribune, l'humaniste qui se veut conscience civique, le critique littéraire qui découvre l'ascèse de ce qu'il appelle déjà « l'écriture ». Car l'imaginaire de Giraudoux est un et traverse tous les genres. C'est celui d'un auteur qui a porté au plus haut - peut-être un peu trop - la foi dans une nation littéraire.

    Publié sous la direction d'André Job et Sylviane Coyault. Avec la collaboration de Pierre d'Almeida.

  • L'oeuvre d'Aragon, dans sa pluralité de formes, met en jeu des champs du savoir très divers : la littérature et son histoire ; l'histoire des formes, de l'art et de la musique ; celle des langues ; le cinéma ; les sciences politiques... Elle s'adresse tout aussi bien au lecteur de poèmes qu'à celui de romans. Elle s'est adressée aussi au militant, au partisan, au résistant ; les textes politiques ou journalistiques intéressent aujourd'hui non seulement l'histoire de la littérature, mais aussi tout lecteur qui cherche à comprendre les enjeux politiques, les luttes et les violences du XXe siècle.

    Ce dictionnaire a l'ambition d'aider ceux qui souhaitent appréhender l'oeuvre d'Aragon dans sa complexité et sa richesse et en approfondir certains aspects méconnus, grâce à un état du savoir qui a mobilisé 62 contributeurs, sous la direction de Nathalie Piégay et Josette Pintueles, avec la collaboration de Fernand Salzmann.

  • Dans le corpus des contes à rire, les fabliaux qui mettent en scène des protagonistes de naissance noble méritent d'être étudiés séparément : le jongleur devait en effet faire rire un auditoire de cour - qui le rétribuait -, en malmenant parfois les héros bien nés et certaines conventions courtoises.
    Il s'en tirait sans mal si le rire pouvait éclater aux dépens d'un prêtre cupide (Le Prêtre et le Chevalier), d'un paysan anobli (Bérengerau long Cul, d'un bourgeois (le Fouteur), d'une dame autoritaire et acariâtre (La Mégère émasculée). Tous les acteurs d'un petit drame courtois peuvent même échapper au ridicule (Guillaume au Faucon), et le comique vient alors de l'habileté avec laquelle un jeu de mots grivois permet de dénouer l'intrigue...
    Jean-Luc Leclanche a procuré une édition avec traduction de ces textes alertes, peu connus, rarement édités, dont certains n'avaient jamais été traduits.
    Il a joint, à titre documentaire, deux textes brefs qui ne sont pas des fabliaux mais qui peuvent aider à comprendre le rire courtois : Les Putains et les jongleurs, et le Lai du Libertin.

  • « Cet ouvrage se situe au carrefour des silences inégaux de la littérature et de l'histoire. Il les croise avec hardiesse, les interroge avec sagacité. De quelles femmes l'Histoire a-t-elle parlé ? Quelles figures émergent de la nuit des siècles ? Principalement dans la littérature française, choisie comme terrain et qu'il serait intéressant de comparer avec d'autres. Et comment la littérature, parfois peu distincte de l'Histoire, si souvent confondue avec elle, s'en est-elle emparée ? Il y a des figures pérennes dont le traitement évolue avec le temps, dans la mesure où justement, littérature et histoire tendent à se distinguer dans leurs démarches et leurs points de vue. Non sans ambiguïtés et difficultés, dont la biographie, d'abord abandonnée par l'histoire au roman, fait les frais. Saintes, reines, courtisanes déclinent plusieurs versants de l'identité féminine. Victimes, leur douceur sacrificielle émeut et angoisse [...] Femmes de pouvoir, on les suspecte de dissimulation, d'incompétence, d'une cruauté liée aux déviations d'un sexe contrarié, tant il est anormal qu'une femme règne. La richesse de ce livre novateur et foisonnant repose sur la diversité des figures évoquées, celle des oeuvres explorées, des questions posées, et jamais éludées, mais aussi sur la pertinence d'un regard critique qui utilise l'outil du genre sans s'y enfermer. Il ouvre dans la forêt des textes cent chemins qui donnent envie de poursuivre l'aventure ».

    Dirigé par Mercé Boixareu. Esther Juan-Oliva, Angela M. Romera-Pintor (éditrices). Préface de Michelle Perrot.

  • Observer leurs contemporains, pointer leurs travers, réfléchir sur le sens de l'existence : telles sont les préoccupations des moralistes. Et pour cela, pas question de se perdre en longs discours ni de céder au conformisme de la flatterie. Les mots fusent, et peuvent faire mal : « Le stupide est un sot qui ne parle point, en cela plus supportable que le sot qui parle. » Alors trêve de paroles inutiles, rassemblez vos esprits et passez à votre tour maître dans l'art de « piquer » vos adversaires !

    L'accompagnement critique met en valeur la singularité des oeuvres présentées - les Maximes de La Rochefoucauld, les Pensées de Pascal, les Fables de La Fontaine et Les Caractères de La Bruyère, tout en montrant que le recours à la forme brève vise au seul projet de défaire l'homme de ses illusions, non sans humour (voir le Groupement de textes). Si les Ouvertures replacent la forme brève dans le contexte culturel du XVIIe siècle, les Bilans récapitulent le chemin qu'elle a parcouru pour devenir l'une des pratiques d'écriture privilégiées du XXe siècle.
    Anthologie recommandée pour les classes de lycée.

  • La valeur de l'art constitue un thème de première importance dans les discussions sur l'art au dix-huitième siècle. Le marché de l'art se transforme de façon décisive avec le passage d'une économie basée sur la commande à la vente par intermédiaire. Critique et expositions se nourrissent et évoluent parallèlement. La théorie est en pleine expansion.

  • « Passons aux autres animaux et d'abord aux terrestres. » Ainsi commence le livre VIII de l'Histoire naturelle de Pline l'Ancien. Tel est bien notre propos pour ce volume. De fait on distinguait autrefois le volucraire - pour les oiseaux - et le bestiaire, réservé aux bêtes de la terre. Mais sur cette terre on marche, court, rampe ; on grimpe et on vit aussi sous terre... C'est pourquoi, dans ce nouveau parcours terrestre, la variété s'inscrit tout aussi amplement et répond à notre curiosité. Comme pour l'ouvrage de même collection consacré aux hôtes des airs et des eaux, on y distingue les animaux domestiques, sauvages, tout en gardant bien entendu une place pour ceux de l'imaginaire.
    De multiples auteurs francophones sont également requis, car, dans la littérature aussi, on marche, court, rampe, et même on creuse. On retrouvera donc les bestiaires du Moyen Âge, mais aussi La Fontaine, Buffon, Michelet, Flaubert, Ponge, Renard, Vian, St John Perse, etc.
    En partageant avec les auteurs, culture, humour et curiosité, les lecteurs puiseront ici à l'envi des connaissances et s'émerveilleront de cette création tant terrestre que littéraire.
    L'homme qui nage et qui sait désormais voler, veut garder les pieds sur terre. Il rencontrera donc dans ce parcours des êtres familiers et d'autres fantastiques : il y trouvera des « rêveries de la volonté » et, nous l'espérons, des « rêveries du repos ».

  • Dans la littérature et dans la critique, le thème du double jouit d'une longue tradition. Les contributions réunies dans cet ouvrage ne prétendent pas nier une telle tradition. Elles se proposent toutefois de lui apporter des compléments, sinon des renouvellements, en envisageant des approches et des objets qui échappent aux perspectives usuelles de cette tradition. Du posthumain au sosie du souverain, en passant par un retour critique sur le fantastique, les différents essais offrent, à travers la littérature et le cinéma, un éclairage neuf sur la duplicité, sur ses enjeux anthropologiques, fictionnels, ontologiques et représentationnels. Le thème du double est lu sous le signe de son actualité, aussi bien celle des questionnements qu'il porte que celle de la critique qu'il appelle.

    Contributions de : Jean Bessière (Université Sorbonne Nouvelle - Paris III), Amaury Dehoux (Université catholique de Louvain/FNRS), Erica Durante (Université catholique de Louvain), Louise Flipo (Université catholique de Louvain), Massimo Fusillo (Université de L'Aquila), Carl Havelange (Université de Liège/FNRS), Maude Havenne (Université catholique de Louvain/FNRS), Dominique Lambert (Université de Namur), Marie-Valérie Lambert (Université catholique de Louvain), Patrick Marot (Université de Toulouse II-Jean Jaurès), Denis Mellier (Université de Poitiers), Thibaut Vaillancourt (Université catholique de Louvain/Université de Lausanne). Sous la direction de Erica Durante et Amaury Dehoux.

  • Actes du colloque int. organisé par l'Univ. du Littoral à Dunkerque les 24 et 25 octobre 2013. Textes édités par Jean Devaux et Matthieu Marchal.

    Jean, bâtard de Wavrin (ca 1400-1475), fut tout à la fois homme d'armes et diplomate au service du duc de Bourgogne Philippe le Bon, mais aussi chroniqueur et amateur de livres : de même qu'il entreprit, dès 1446, la rédaction de son recueil des Croniques et anchiennes istories de la Grant Bretaigne a present nomme Engleterre, oeuvre historique inédite vouée à ce royaume dont les ducs de Bourgogne se firent, pour un temps, les alliés, il s'appliqua à réunir, au fil des années, une collection de romans de chevalerie en prose illustrés dans l'officine du « Maître de Wavrin », artiste lillois anonyme qui doit son nom à son commanditaire principal. Conçu dans une perspective interdisciplinaire, aux confins de la philologie, de l'histoire et de l'histoire de l'art, le présent ouvrage regroupe les actes des rencontres qui se sont tenues à l'Université du Littoral - Côte d'Opale (Dunkerque) les 24 et 25 octobre 2013. Ainsi vise-t-il à éclairer d'un jour nouveau le véritable foyer littéraire et artistique dont Jean de Wavrin fut le maître d'oeuvre et la remarquable impulsion donnée par la cour de Bourgogne à l'évolution de l'art du récit.

  • Pensés à l'orée du XIXe siècle comme des outils de fixation, d'expansion et d'investigation scientifique du lexique et de la nomenclature de la musique, les deux volumes Musique de l'Encyclopédie méthodique de Panckoucke s'inscrivent dans une perspective critique du Dictionnaire de musique de Rousseau et de l'Encyclopédie. Publiés longtemps après l'impulsion initiale du projet et à vingt-sept ans d'écart, ils ne rencontrèrent aucun succès.

    La polyphonie et le jeu d'intertextualité que développent les personnalités des trois éditeurs et principaux rédacteurs (Framery, Ginguené et Momigny) offrent aujourd'hui à dix chercheurs une inestimable source pour l'étude des discours sur la musique en France à la charnière des Lumières et du romantisme.

    Sous la direction d'Alban Ramaut et Céline Carenco. Téxtes réunis par Béatrice Didier et Emmanuel Reibel.

  • Nouvelles Humanités. Chine et Occident propose des approches renouvelées de la littérature et de la culture chinoises, des vues croisées sur la Chine et l'Occident, et des essais en sciences humaines et sociales qui offrent, par leurs sujets, les mêmes jeux d'intersection, dans des perspectives interdisciplinaires.

  • Actes du Colloque de Paris (mai 2013). Études réunies par Hugues Daussy, Isabelle His et Jean Vignes.

    Qui se souvient de 1570 ? Deux ans avant le bain de sang de la Saint-Barthélemy, la Paix de Saint-Germain ouvre une parenthèse de sérénité au coeur des guerres de religion et un moment culturel d'une belle intensité. Dans une effervescence créatrice rarement égalée, un petit cénacle de poètes et de musiciens soutenus par la couronne expérimente de nouvelles techniques pour unir les arts au service de l'harmonie du royaume. La création d'une Académie de Poésie et de Musique est censée restaurer, à des fins politiques, la « Musique mesurée à l'antique ». Plusieurs publications importantes témoignent de cet élan enthousiaste.

    /> Cet ouvrage permet de mieux cerner le contexte, les enjeux et les prolongements de ce moment artistique fécond.

  • En 1831, une figure centrale de l'édition parisienne, le libraire Ladvocat, est au bord de la faillite. Tous les hommes de lettres du temps s'engagent à lui venir en aide en lui donnant deux textes sur Paris. C'est ainsi que naît la formidable aventure éditoriale de Paris ou le Livre des Cent-et-un, publié en quinze volumes entre 1831 et 1834, et jamais réédité depuis.
    Ce Tableau de Paris donne à lire des études de mours dont le ton, le genre et le sujet sont aussi divers que les auteurs. Il s'agit d'inconnus, de débutants en voie de reconnaissance (Sue, Dumas) comme des plus célèbres écrivains du siècle : Hugo, Chateaubriand ou Lamartine. Les « cent-et-un » croquent les journalistes, les grisettes et les flâneurs qui hantent le Palais-Royal, les cabinets de lecture ou les passages parisiens. Ils dessinent ainsi les contours d'un Paris tourmenté, qui incarne le passage du temps en donnant à lire dans ses rues et ses monuments les innombrables secousses historiques qui l'agitent.
    L'anthologie propose une sélection annotée des textes les plus intéressants de cet ouvrage fondateur de la littérature panoramique.

  • Le présent ouvrage rend compte des phénomènes de la mondialisation et de la migration qui marquent l'époque actuelle et influencent profondément le champ littéraire français. Y sont répertoriés 300 " écrivains migrants ", nés en dehors du territoire français, mais vivant et publiant en France. Chaque entrée se compose d'une notice biographique, d'une analyse thématique développant l'impact de la migrance sur la créativité de l'écrivain, et d'une section bibliographique. Ont collaboré à ce projet neuf coordinateurs scientifiques : Charles Bonn (Université Lumière Lyon II), Jacques Chevrier (Université Paris-Sorbonne Paris IV), Dominique Combe (ENS Paris), Paul Dirkx (Université Nancy II), Susanne Gehrmann (Humboldt Universität zu Berlin), Pierre Halen (Université Paul Verlaine-Metz) et Julia Pröll (Leopold-Franzens-Universität Innsbruck).

  • L'objectif de cet ouvrage est de montrer l'intérêt que les intellectuels de l'Europe centrale et orientale ont porté à la vision de l'homme proposée par l'histoire, la culture et la langue française. L'enjeu est d'inscrire la francophonie dans une européanité à laquelle elle se rattache aussi : à tort ou à raison, les intellectuels centre et est-européens ont souvent ressenti leur propre latinité comme un lien les unissant de manière privilégiée à la culture française, ou plus largement à une conception avant tout esthétique de la culture qui leur semble éminemment européenne. La culture française a attiré de nombreux intellectuels de " l'Autre Europe " (pour reprendre la formule de Mi?osz) qui l'ont diffusée subtilement dans les mentalités de leurs sociétés. En retour, et le fait est dans ce livre mieux apprécié, ces penseurs et ces écrivains ont influencé par leurs idées la vie intellectuelle française du XXe siècle. Ce volume cherche à mettre en lumière ces porosités entre l'Est et l'Ouest de l'Europe, spécifiquement la France.

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