Ginkgo

  • La multiplication des régimes autoritaires ou l'égocentrisme de la première démocratie du monde jettent des brouillards nouveaux sur la compréhension de notre environnement international. La Crise du Coronavirus et les tensions qu'elle provoque entre USA et Chine, sans même parler des égoïsmes nationaux qu'elle suscite en est, hélas, la plus «remarquable» des illustrations. L'actualité place cette crise, sans oublier la situation au Moyen-Orient, en première place à la Une de tous nos journaux. L'escalade entre les USA et l'Iran semble inéluctable ; La rivalité américano-chinoise semblant moins inquiéter les observateurs. Les germes de violence sont moins visibles, mais bien présents. La tension est durable car elle devient de plus en plus systémique. La bataille peut être féroce. Les victimes "potentielles" de ce nouveau paradigme des relations internationales sont multiples.
    Parmi les premiers ensembles fragilisés dans ce contexte bipolaire figure naturellement l'Europe. Mais pour l'Europe les équilibres internationaux changent en profondeur. Les États Unis sont-ils des alliés durables pour employer un qualificatif à la mode ? Sur tous les grands sujets, changement climatique, nucléaire, intelligence artificielle, transition écologique, internationalisation des monnaies, ... l'Europe est tiraillée et se condamne à des attitudes plus réactives que pro-actives. Le dossier de l'intelligence artificielle est particulièrement significatif de la capacité de l'Europe à assumer sa souveraineté La deuxième victime possible est le multilatéralisme. La multiplication des initiatives unilatérales d'une part et la domination de la dialectique bilatérale sino-américaine d'autre part marginalisent le multilatéralisme.
    L'Afrique est potentiellement très menacée par la rivalité entre ses deux principaux investisseurs. Le premier risque serait que l'Europe, prise entre le marteau américain et l'enclume chinoise, se désintéresse de l'Afrique. Avec son milliard de jeunes à intégrer dans le siècle, avec ses besoins pour la révolution digitale, avec sa demande d'investissements, l'Afrique ne peut plus être à la périphérie des préoccupations du monde ! Face aux nouvelles formes de violence « intelligente » ni les murs ni les mers ne nous protégerons des drones ou des cyberattaques. L'indifférence à l'Afrique est à la fois absurde et coupable -La quatrième victime potentielle pourrait-être le peuple chinois qui a fait des efforts considérables pour transformer son pays. Ce fut souvent dans la douleur et dans le sang. Puissante, la Chine est aussi fragile. Malgré son attachement à l'idée d'unité, elle est aussi fracturée. Une colère ou une misère du peuple chinois s'étendrait vite au monde.
    Cette nouvelle donne internationale est dangereuse. Partout l'idée de guerre semble banalisée. Les grandes puissances développent leur budget militaire de façon parfois vertigineuse.
    Cet Almanach reprend et développe ces thèmes primordiaux. Il ne propose ni de prévoir, ni de décrire le futur, mais plus simplement de réfléchir aux grands enjeux de demain.
    La Fondation Prospective et Innovation par la voix de son Président Jean-Pierre Raffarin et sous la plume des meilleurs experts nous appelle au travers de cet Almanach 2020 à la réflexion.

  • La « crise migratoire » s'invite à la table des échanges internationaux comme à celle des repas de famille. Et tous de déplorer les horreurs en Libye, les victimes des naufrages en Méditerranée, les passeurs odieux, les drames de la montagne...

    Ce livre propose une approche radicale : il n'y a pas de crise migratoire, mais une crise de l'accueil des réfugiés - terme que les auteurs ont préféré à « migrants ». En effet, si l'on parle volontiers des migrants entrants, on oublie systématiquement les sortants, tous les Français qui partent chercher fortune ou rayon de soleil à l'étranger, pour les mêmes raisons qui poussent les Africains de l'Ouest à venir chez nous ! En nous appuyant sur des données officielles, nous réfutons la thèse de l'envahissement : le solde migratoire, en France, diminue depuis dix ans !

    Nous avons souhaité ne pas nous limiter à une approche purement démographique ou économique, mais aller au plus profond des causes qui poussent des jeunes gens courageux à affronter tous les dangers dans l'espoir d'une vie meilleure ou pour échapper à un sort funeste.

    Nous avons également percé à jour les mécanismes officiels et n'hésitons pas à parler d'un racisme d'État : des contrôles au faciès à la frontière, parfois accompagnés de violences, au labyrinthe intenable de la demande d'asile.

    Enfin, nous sommes allés à la rencontre des milliers de citoyens qui ont opté pour la solidarité et ont inventé des solutions à cette crise de l'accueil. Leurs témoignages donnent des raisons d'espérer en un monde plus juste et plus fraternel, face aux machinations et aux mensonges des gouvernements qui se succèdent depuis plus de vingt ans.

  • Les fouilles conduits de 1962 à 1965 par la mission archéologique de l'Indus, avec le soutien du Ministère des Affaires étrangères et européennes et la collaboration du département d'archéologie et des musées du Pakistan, sur le site de Nindowari dans le Balochistan méridional, n'avaient encore jamais été publiées, exception faite d'un court rapport sur les deux premières campagnes.

    Cette publication reprend l'ensemble de la documentation laissée par Jean-Marie Casal (1905-1977) sur la seule fouille jamais réalisée d'une agglomération de la civilisation de l'Indus.

    Ces données anciennes, réinterprétées dans le cadre de travaux archéologiques plus récent, permettent de présenter une véritable synthèse sur l'origine et le développement de la culture de Kulli, ainsi que sur la question de ses relations avec la civilisation de l'Indus et l'ensemble des sites des régions indo-iraniennes au cours du IIIe millénaire avant notre ère.

  • R comme rue

    Collectif

    Vous les avez probablement rencontrés au détour d'une rue, sous un porche ou sur un banc, solitaires, jeunes ou moins jeunes, parfois accompagnés d'un ou plusieurs chiens ou bien en groupe, souvent bruyant, vous faisant presser un peu le pas, vous laissant perplexes... Que font-ils ? Pourquoi en sont-ils arrivés là ? Ont-ils une histoire ? Comment vivent-ils ? Où dorment-ils ?
    Les textes qui suivent apportent certes quelques éléments de réponse à ces questions, mais au-delà des contingences matérielles, au-delà du quotidien qu'il faut gérer, au-delà des apparences parfois rébarbatives, il y a des gens en souffrance, qui tentent de rester dignes, qui espèrent « s'en sortir », qui aiment la vie, même s'ils pensent qu'elle ne le leur rend pas toujours, qui aiment rire, s'amuser.
    Certains cherchent l'amour, d'autres l'ont trouvé, d'autres encore, ou bien les mêmes, ne croient plus à rien... Ou bien si ! À la fidélité de leurs chiens.
    Ces textes sous forme d'un abécédaire ont été écrits, quelquefois dictés, tout au long d'une année, un soir par semaine. Rendez-vous était donné dans un lieu d'accueil et ceux qui le souhaitaient venaient. De façon irrégulière certes, mais ils venaient... Chaque mardi soir, c'était la même inconnue : seront-ils là ? Qu'ont-ils pensé de ce qui a été fait la semaine précédente, ont-ils réfléchi à ce qu'ils avaient envie de dire, d'écrire ? Les mêmes problématiques revenaient sans cesse : le logement, primordial pour pouvoir se reposer, se ressourcer, pour trouver un travail, se présenter dignement devant un employeur, pour pouvoir avoir la garde d'un enfant... Et puis, en filigrane mais bien présents, toujours présents on entendait les mêmes mots, déclinés sur tous les modes : solitude, indifférence, ignorance, exclusion... Parfois l'un ou l'autre disparaissait quelque temps puis il revenait, reprenait au vol le fil de la discussion, s'installait devant une feuille blanche, torturait son crayon, discutait avec le groupe autour de telle ou telle lettre, ou bien dessinait et continuait cet abécédaire qui les empêchait parfois de dormir... R comme rue !
    L'idée de faire un livre vient de la mort accidentelle, jamais vraiment élucidée, de l'un d'eux. Parce qu'aucune vie n'est anonyme, parce qu'ils voulaient rendre hommage à leur copain, ils s'étaient donné rendez-vous place François Ier à Cognac.
    Ils étaient plus de soixante à l'heure dite... Soixante personnes un peu atypiques au même endroit, tristes et silencieuses, ça se remarque, non ?
    Et bien non ! Il n'y a même pas eu l'ombre, le lendemain, d'une discussion autour du café du matin, ni d'un article, ni d'un entrefilet dans la presse... Rien.
    Face à cette facilité que nous avons à ne pas voir, à ne pas savoir voir, peut-être à ne pas vouloir voir est née la volonté de parler, puis d'écrire. Ce sont ces fragments de vie, de leur vie qu'ils nous offrent.

  • Peur

    Collectif

    Rappelez-vous, enfants, nous avons tant aimé qu'on nous raconte ces histoires qui font peur!
    Ce recueil réunit onze nouvelles de grands écrivains russes "classiques" et contemporains.
    Il y a la peur du passé ou de l'avenir, la peur de devoir payer pour le crime comis, la peur "mystique" de l'inconnu, du surnaturel, la peur des rêves ou des fantômes, la peur irrationnelle, celle qui peuple l'obscurité d'ombres et de créatures effrayantes, la peur pour sa vie ou celle des uatres, la peur de la folie ou de la mort..., la peur des gens et de leur cruauté, la peur qui déshumanise...
    Et puis il y a la peur spécifique à notre siècle, celle que connait l'homme dans un état totalitaire.
    /> Ces récits, tragiques, féroces ou drôles forment un livre insolite et fascinant.

  • Des nouvelles de Deleatur

    Collectif

    • Ginkgo
    • 23 March 2006

    De 1978 à 2003 parurent à l'enseigne de Deleatur plus de deux cents titres, témoignant de l'éclectisme éclairé des animateurs d'une aventure éditoriale en marge de ta production française. Les treize nouvelles réunies dans ce volume ressortissent à tous les champs explorés par l'éditeur, de l'étrange poésie du quotidien aux convulsions extrêmes de La langue. La réédition de " Spectr'Acteur ", de Stanislas Rodanski, était attendue depuis plus de vingt ans.

  • Bonnes nouvelles d'Afrique

    Collectif

    • Ginkgo
    • 23 January 2014

    Une mise en perspective du renouveau africain, amorcé à de multiples niveaux : émergence politique, mutations technologiques, croissance économique, démographie galopante, extension des mises en réseaux, rôle de la diaspora mondiale, etc.

  • Sous des dehors de femme du monde (elle vit à Passy et fréquente les boutiques chics de Neuilly), Ayyam mène une double vie : épouse de Camille l'homme d'affaires le jour, elle devient le soir une sorte d'escort de luxe, star du putanat de Monsieur Max, son maître et mentor, qui l'utilise au gré de sa fantaisie et de ses combines.
    Ces trois longues nouvelles nous font découvrir : les débuts d'Ayyam au Caire, alors que, simple lycéenne, elle devient l'objet de jeux pervers entre le proviseur et sa secrétaire (Gaspard de la Noche) ; une mission stanbouliote aussi sportive que perverse (Gaspard de la Noche) ; enfin, une rude expérience au coeur d'un glacier groenlandais (Pierre Charmoz). À la fois libre et très soumise, Ayyam est une héroïne des temps modernes, née sous la plume talentueuse de Gaspard de la Noche, qui la prête volontiers à ses ami(e)s écrivains.

  • Le rayonnement mondial dont a joui la France depuis le grand siècle revient lentement à sa source. Dans le même temps, la civilisation chinoise longtemps confinée à son aire asiatique s'en désenclôt pour étendre son influence au monde entier. Ces deux marées, montante et de jusant, se croisent au XXIe siècle et partagent à mi-chemin l'éternelle question de l'universel.

    Elles le font au bénéfice d'un respect mutuel, et d'une affinité nourrie des apprentissages qu'elles ont empruntés l'une à l'autre. Elles partagent le sentiment d'une responsabilité commune envers la civilisation humaine au sens large. Un esprit de coopération les anime.

    Cette confluence de deux mouvements de longue amplitude invite à une meilleure connaissance mutuelle autour de ce bien commun qu'est l'idéal d'une bonne intelligence nourrie de culture.

    Le but du premier forum culturel franco-chinois « un chemin vers l'autre : les routes de la soie » tenu à Beijing en mai 2016 était d'y concourir. Le succès en a été si encourageant que rendez-vous a été pris à Lyon pour septembre 2017, puis à Xian en 2018, avec la volonté de consolider cette relation annuelle et de l'ouvrir à d'autres amitiés.

    Le présent recueil résume les temps forts de la rencontre de Lyon, sans prétendre à en capter l'esprit particulièrement heureux, parce que ces choses-là échappent aux mots, alors qu'elles sont l'essentiel.

  • Le troisième forum culturel franco-chinois tenu à Xian les 17-19 septembre 2018 a donné le pouls d'une familiarité intellectuelle et personnelle améliorée entre des Chinois et des Français éminents dans les arts et les lettres, traçant entre les deux extrémités de l'Eurasie un chemin de bonne intelligence, mère de la confiance. Le présent ouvrage est une synthèse de cette rencontre.

  • Trois nouvelles érotiques et aventureuses Un premier volume, Ayyam, trois récits amoureux, est paru chez Ginkgo en 2018. On y découvrait la délicieuse Cairote, plutôt soumise et à la sensualité bien tempérée, naviguant entre son mari, Camille, homme d'affaires douteux, et Monsieur Max, son amant inquiétant et maître de la nuit.
    Ce nouveau recueil rassemble trois longues nouvelles :
    Ayyam à Paris (Gaspard de la Noche). Les affaires de Camille périclitant, Ayyam est contrainte de travailler. Elle est embauchée par monsieur Martin, un vieillard faussement débonnaire qui fait subir à la pauvre Ayyam d'étonnants outrages lors des conseils d'administration. Le pervers industriel confie Ayyam à l'Homme. Elle subira les humiliations de Fatima, femme de ménage complice de l'Homme, et maman d'Aïcha, une brillante doctorante...
    Ayyam et les nonnes folles (Kashima San). En se promenant dans le cimetière de Passy, Ayyam tombe sous le charme d'une jeune religieuse éplorée devant une tombe. Alors que toutes deux consomment passionnément leur désir à l'abri d'un mausolée, elles se font enlever et se retrouvent enfermées dans un couvent où règnent la débauche et la cruauté. Comment Ayyam échappera-t-elle aux nonnes folles, avides de sexe et de souffrance ?
    Ayyam au château (Noirceuil). Lors d'une soirée très spéciale au château d'U*, une jeune fille est retrouvée morte près d'un lac. Pendant l'enquête, les différents protagonistes de la soirée livrent des témoignages différents, qui finissent par s'assembler comme les pièces d'un puzzle. La seule certitude : Ayyam était bien la reine de la fête !

  • Le monde bipolaire d'hier a disparu il y a un quart de siècle, laissant temporairement place au règne unilatéral de l'hyper- puissance américaine, qui s'est aussitôt efforcée d'unifier le monde de Vancouver à Vladivostok comme une seule aire de coprospérité et de démocratie libérale.
    Outre les frictions que cette fiction a pu engendrer en se déployant, deux mouvements sont venus la contrarier.
    Du monde musulman, d'une part, a surgi un rejet violent de cette mondialisation-là, auquel l'Amérique a dû faire face par la force, mais qui n'en continue pas moins de s'affirmer, parfois cruellement.
    Il occupe les esprits et focalise les stratégies.
    Mais dans le même temps, d'autre part, s'est dessiné un mouvement beaucoup plus ample, d'abord perçu comme un bienfait, celui qui a conduit de plus en plus de pays émergents à représenter ensemble le premier foyer de croissance dans le monde, et le quart du PIB global de la planète.
    Il s'agit là d'un basculement tectonique des équilibres du monde, auquel la Chine prend une part majeure.
    Cette transformation silencieuse positive, inverse de la bruyante et destructrice insurrection islamiste mais parallèle à elle, remet en jeu à voix de moins en moins feutrées le magistère de l'Occident.
    Deuxième Grand déchu, la Russie a d'abord assez longtemps cherché à trouver sa place dans le nouveau monde animé par le projet occidental d'un monde unifié à l'enseigne du G8. Rebutée, elle est encline à dériver vers le nouveau pôle qui se dessine autour de la Chine, le monde multipolaire et coopératif des émergents. Bien des attaches l'amarrent encore à l'Europe, mais si elle déhalait, désamarrée, du côté des forces nouvelles, la face du monde en serait changée à terme.
    Dans ce grand basculement de la prépondérance américaine vers l'influence des émergents, c'est l'Union Européenne qui détient les clés d'un équilibre désiré par tous. Elle semble les avoir temporairement égarées.

  • Les gars de Villiers

    Collectif

    • Ginkgo
    • 20 October 2011

    "Nous sommes dix Français à la peau colorée, enfants d'immigrés venus d'Afrique et du Maghreb, enfants du bitume.
    Dix gars soudés par leur cité sensible, les zigzags dans le bizness et la quête du droit chemin. Notre livre n'est pas une biographie. Nous avons voulu raconter nos vies, y compris côté obscur, mais aussi donner notre avis, sans esquiver nos divergences, sur des thèmes dont nous débattons sans fin au pied de nos tours. Nous avons aussi voulu dire à la génération qui nous suit, à nos p'tites soeurs, à nos p'tits frères, à ceux de notre cité des Hautes-Noues, à Villiers-sur-Marne, comme à ceux des autres quartiers et des autres villes, qu'il est toujours possible d'avancer, toujours possible de s'en sortir et de réaliser ses rêves.
    La preuve : ce livre".

  • Pour peu que vous osiez vous écarter des routes convenues, franchir l'orée des bois, atteindre les sentiers qui cernent les prairies, alors, la Drôme des collines s'offrira, d'une révérence feuillue, à vos pas avides d'authenticité.
    Des baumes de Tersanne à la halle moyenâgeuse du Grand-Serre, des chemins bucoliques de Saint-Martin-d'Août aux fertilités culturelles et botaniques d'Hauterives, il suffira que votre pied de randonneur soit attentif, réceptif, pour que cet écrin de verdure vous livre ses secrets et vous apporte la sérénité des lieux généreux d'histoire et de nature.

  • Mosaique

    Collectif

    • Ginkgo
    • 31 May 2006

    « Destin, vous avez dit destin ? Soit un jeune homme fraîchement diplômé d'arabe qui croit obtenir un poste à Bagdad. Annulation... Une démission subite à Klaipéda en Lituanie précipite son choix. Adieu Mille et une nuits, place au froid et à la brume baltique et l'apprentissage d'une langue... rare, le lituanien ».

    C'est donc en octobre 1938 que Georges Matoré arrive à Klaipéda comme professeur de français. Il n'y reste que quelques mois car le 21 mars 1939, la ville est rattachée au Reich allemand : quelques heures pour plier bagage. Repli sur Siaulai.

    Mi-juin 1940 : les Soviétiques annexent les Pays baltes. Le stalinisme s'abat sur la Lituanie. Commence alors pour Georges Matoré l'aventure la plus dramatique de sa vie. Accusé par le NKVD d'espionnage, il est incarcéré à Siaulai et condamné aux travaux forcés. Il restera deux mois au secret, puis sera transféré à la Sûreté de Kaunas.

    À la fin du mois de juin 1941, l'armée Rouge quitte le pays précipitamment, fuyant devant la Wehrmacht. La prison de Kaunas, abandonnée par ses geôliers, se soulève. Matoré réintègre l'université de Vilnius et épouse Aldona durant l'été 1941.

    Mais le nazisme s'est abattu sur le pays...

    Mes prisons en Lituanie est un témoignage rare sur la Lituanie prise en étau dans plusieurs occupations dont aucune n'offre de mansuétude particulière. Un document important sur un passé proche et mal connu d'un pays trop longtemps oublié. Les persécutions anti-baltes des Soviétiques et celles anti-juives des nazis, les ghettos de Kaunas, les premières déportations... : tous ces événements ont été restitués par Georges Matoré dans un style alerte et puissant, où pointe un humour désabusé.

  • PME, la Chine c'est maintenant

    Collectif

    • Ginkgo
    • 31 December 2014

    À la manière dont au solstice s'amorce une saison opposée à celle qui vient d'éclore (à la Saint-Jean, l'été sort du berceau, mais déjà raccourcissent les jours et s'annonce l'hiver), la Chine est en train de connaître un basculement encore imperceptible, depuis sa brillante phase de rattrapage toujours en plein essor, vers l'avénement méthodique, au cours du prochain tiers de siècle, d'une affirmation originale de la précellence chinoise.

    Conscients de l'impossibilité de continuer sans dommage sur la même trajectoire, les dirigeants chinois en dirigent à présent l'énergie vers le développement intérieur du pays. Un nouveau monde est en train de naître, qui requerra bien davantage que la précédente phase une diversification raffinée des prestations et productions à l'usage du marché chinois. L'heure des PME a sonné, elles dont c'est justement le registre d'excellence.

    La Chine a et aura de plus en plus recours à ceux qui se montreront capables de travailler chez elle et avec elle dans cette gamme d'entreprises. Les pouvoirs publics, les collectivités locales, les milieux consulaires ont mis en place des réseaux et des points d'appui pour les y aider.
    La rencontre annuelle qu'organisent à La Rochelle le Conseil général de la Charente Maritime et la Fondation Prospective et Innovation cultive et nourrit cette indispensable synergie entre acteurs publics et entrepreneurs de PME/PMI lorsqu'il s'agit d'opérer en Chine. Leur leçon commune à l'issue du colloque tenu le 13 juin 2014 est que c'est maintenant le moment d'oser, ensemble, entreprendre à l'échelle de la nouvelle Chine en devenir : L'aura de 1964 donne à 2014 de bons augures pour être l'année d'un nouveau départ avec la Chine et les Chinois, en France, en Chine et partout dans le monde.

  • Les États-Unis en changeant de président, et la Chine en se préparant à confirmer le sien, ont en commun d'avoir cette année produit chacun une transformation de portée peut-être mondiale.
    En présence de ces transformations inédites concomitantes, qui se nourrissent partiellement l'une de l'autre, les Européens font penser à l'âne de Buridan ne sachant quelle route prendre.
    Mais le monde n'attend pas. À leurs portes l'Afrique couve une mutation dont l'effet sera sans doute colossal.
    Entre Amérique et Chine, les Européens ne doivent pas se contenter du rôle de la tortue de la fable, portée à travers ciel par deux canards, mais déployer leurs propres ailes.

  • « Ce qui, pour les pouvoirs publics, est désormais primordial, c'est leur efficacité et leur continuité. Nous vivons en un temps où des forces gigantesques sont en train de transformer le monde. Sous peine de devenir un peuple périmé et dédaigné, il nous faut, dans les domaines scientifique, économique, social, évoluer rapidement. [...] Il y a là des faits qui dominent notre existence nationale et doivent, par conséquent, commander nos institutions. La nécessité de rénover l'agriculture et l'industrie, de procurer les moyens de vivre, de travailler, de s'instruire, de se loger, à notre population rajeunie, d'associer les travailleurs à la marche des entreprises, nous pousse à être, dans les affaires publiques, dynamiques et expéditifs », expliquait le général de Gaulle le 4 septembre 1958 pour justifier et fonder le passage à une cinquième République.

    C'était il y a soixante ans, et on ne saurait mieux décrire la situation d'aujourd'hui, mot pour mot, à la réserve près que la population « rajeunie » d'alors a beaucoup vieilli. Elle voit cette exigence « d'efficacité et de continuité » s'illustrer de nos jours dans des régimes comme celui de la Chine, aux antipodes de l'évolution qu'a connue notre République. A force de se vouer à toutes sortes d'ayant-droits, privilégiant l'égalité et la fraternité, celle-ci a perdu des degrés de liberté. Pire, s'étant ainsi soumise au « jamais assez », elle passe (injustement) pour inefficace. Comment « être dans les affaires publiques, dynamiques et expéditifs » sans rien changer au « modèle français » est devenu un problème insoluble, causant durant trente ans l'essai décevant et discontinu de toutes les formules politiques envisageables, jusqu'à devoir finalement opter entre celles qu'on n'envisageait pas , et choisir enfin l'audace.

    Tout se passe comme si les démocraties étaient prises à contre-pied dans le monde présent : par l'évolution technologique qui dépouille l'autorité de tout magistère au profit des individus, par les forces qui orientent le monde, et sur lesquelles le suffrage n'a guère prise. Au regard de cette mutation globale, les fautes et carences qui expliqueraient la crise de la démocratie dans tel ou tel pays sont secondaires. Elle est le symptôme d'une transformation d'ensemble qui met partout en cause les formes et principes de la gouvernance.

    Ayant cependant à l'esprit que « le reniement de l'idéal démocratique de dignité, d'égalité et de respect de la personne humaine » serait nécessairement une nouvelle fois la matrice d'une régression dramatique de l'humanité, la Fondation Prospective et Innovation et la revue Futuribles concourent par le présent ouvrage à frayer les chemins d'un avenir pour la démocratie. « C'est en un temps où il lui fallait se réformer ou se briser que notre peuple, pour la première fois, recourut à la République », observait De Gaulle le 4 septembre 1958. Ce souvenir fécondait ce jour-là la création de la Ve République. Il reste germinal en 2018.

  • À travers un cycle d'entretiens ayant comporté une mission à Bruxelles, des rencontres avec plusieurs ambassadeurs à Paris, un séminaire de bilan, la Fondation Prospective et Innovation s'est attachée en 2018 à examiner ce paradoxe européen d'un certain délitement interne à l'heure où le besoin d'Europe s'affirme de toutes parts dans le monde - n'est-elle pas la charnière articulant l'Eurasie qui se dessine à l'Eurafrique qui s'esquisse ?
    Le présent ouvrage en rend compte. L'idée directrice qui s'en dégage est que l'axe du débat doit se déplacer de l'intérieur et du passé vers le dehors et l'avenir. L'affaire n'est plus tant de disserter entre Européens sur la meilleure manière de l'être, et de cultiver à cet effet l'acquis des décennies passées, que de discerner en quoi, dans le monde tel qu'il est, être Européen est une chance, une ressource, un devoir aussi envers l'avenir.

  • La transformation en cours de l'économie et de la société chinoises modifie les perspectives d'activité qu'y trouvaient les PME. Si hier encore la Chine pouvait se présenter comme une aubaine pour leur développement, il leur faut à présent considérer que c'est un peu l'inverse : ce sont les Chinois qui font en somme leur marché parmi les entreprises susceptibles de répondre à leurs besoins, et ce dans le monde entier en commençant par la Chine elle-même, qui en fourmille. Cette inversion en cours (elle prendra encore des années, mais la tendance est là) de l'avantage comparatif, oblige les PME désireuses de poursuivre ou d'accentuer leur participation à l'essor de la Chine à devenir aussi chinoises qu'il se peut, c'est-à-dire à se pénétrer d'une bonne intelligence des besoins de ce pays. On n'y réussit plus sans y avoir pris un peu racine.

    Une seconde évolution se dessine. Le progrès engrangé par la Chine se traduit notamment par l'émergence d'une ample classe moyenne, moins riche encore mais plus nombreuse que celle de l'Europe entière. Tous ces gens jouissent désormais des principales sécurités -le vivre et le couvert-, leur revenu semble durablement voué à s'élever régulièrement, leur épargne peut se relâcher un peu, et ils disposent déjà d'un gamme de biens matériels gratifiants, du frigidaire à la voiture souvent. Beaucoup ont déjà voyagé. Mais leur vie dans les mégapoles peut commencer à leur peser et éveiller les besoins d'évasion. Leur désir se porte à présent vers des agréments de la vie, et notamment ceux qui profitent au bien-être personnel : sport, loisir, détente, etc. Comme la Chine ne trouve pas grand-chose sans son long patrimoine historique pour répondre à cette attente, elle se tourne avec pragmatisme vers les champions en la matière que sont réputés être les Français. Ainsi s'ouvre pour le savoir-faire français en matière de ski, d'équitation, de nautisme, de fitness, de camping, etc. un des domaines d'activité promis à la plus rapide expansion dans la Chine en devenir... Pourvu du moins que les leaders qui s'avanceront pour y réussir aient à l'esprit le premier point ci-dessus.

    L'objet des cinquièmes rencontres de la Rochelle sur PME et Chine était, le 5 octobre dernier, de partager expériences et diagnostics sur cette nouvelle aile marchante de l'émergence chinoise.

    Le présent opuscule en tire une brève synthèse.

  • Quel monde en 2050 ? Qui eût pu prédire en 1911 le monde de 1945, en 1885 celui de 1919, en 1982 celui de 2016 ?
    Trente-quatre ans nous séparent de cet horizon, et selon toute probabilité, le monde sera dans ce tiers de siècle tout autre que ce que nous sommes aujourd'hui en mesure d'imaginer. Il n'y a à son propos guère de certitude plus solide à avancer.
    L'histoire combine continuités et changement permanent. Elle a longtemps laissé les premières contenir le second, mais bien des indices suggèrent que depuis bien longtemps, ce dernier a pris le pas et gouverne notre destin. C'est vers l'avenir que les Lumières osaient éclairer le chemin loin des ombres du passé, mais il se peut que, saturés d'éclairage, nous marchions désormais en aveugles vers un futur opaque.
    Connaître les continuités, prévoir les évolutions, ressentir les tressaillements de l'éventuel verse à la prospective la ressource d'une lucidité. Le colloque tenu les 17 et 18 novembre pour célébrer les trente ans du Futuroscope s'est employé à les rassembler. Mais l'histoire avance, l'Histoire le prouve, par transformations fractales : soudain, on s'aperçoit que la formule qui ordonnait toutes choses a changé et qu'une nouvelle géométrie est en train de se mettre en place. Il était possible de percevoir le vacillement de la première, mais absolument pas l'équation de la nouvelle.
    Ce qui importe alors se résume à deux points seulement : s'être ménagé des marges, et s'être tenu prêt. Le reste s'en jouera moins mal. Or l'humanité d'aujourd'hui vit déjà avec des marges négatives, des inerties pétrifiantes, des engagements excessifs. Elle se rue toujours plus vite vers le futur en se souciant de plus en plus du seul présent.
    Quant à être prête... Choisissant cependant l'éthique d'Énée plutôt que la prescience de Cassandre, Ce livre invite à préparer l'idée de Rome quoi qu'il doive advenir plutôt que pleurer sur notre Troie encore intacte. Tel est l'esprit que propage le présent ouvrage, tiré de ces débats.

  • Au col de l'échelle Nouv.

    La « crise migratoire » s'invite à la table des échanges internationaux comme à celle des repas de famille. Et tous de déplorer les horreurs en Libye, les victimes des naufrages en Méditerranée, les passeurs odieux, les drames de la montagne.... Le présent ouvrage fait suite au « Réfugiés sont notre avenir - Ginkgo 2019 ».

    Le samedi 10 octobre 2020, une randonnée littéraire était organisée au col de l'Échelle dans le cadre du Festival Exils, dont la première édition a eu lieu à Briançon du 7 au 11 octobre 2020.

    La vallée de la Clarée, et tout particulièrement la commune de Névache, au pied du col de l'Échelle (1 762?m), a vu passer de nombreux réfugiés depuis 2016. Un dispositif d'accueil d'urgence - avec l'association « Solidarité Névache » créée dès août 2016 -, s'est rapidement mis en place, en lien avec le Refuge solidaire de Briançon, ainsi que des « maraudes » au col, surtout l'hiver. Ce mouvement spontané de générosité a pu se maintenir malgré les entraves nombreuses, que ce soit des autorités ou de groupes d'extrême droite, venus au printemps 2018 investir le col.

    La randonnée au col voulait rappeler que la solidarité est un acte naturel en montagne et que les cols ne sont pas des frontières à l'humanité. Les lectures de textes ayant trait à l'exil (témoignages, extraits de romans...) étaient précédées par des interventions du groupe « les Fiiiiiilles », chants a capella.

    « Au col de l'Echelle » reprend les textes lus dans le cadre du Festival Exils. Des photos de Fabienne Augié, nomades ou collées sur les cabanes du col, ont invité les participants à poser un autre regard sur les exilés. Elles illustrent ce recueil, dont la vocation est de témoigner, audelà d'une belle journée d'automne, que les solidaires des Hautes-Alpes ne baisseront jamais la garde

  • Aujourd'hui, l'intelligence artificielle et les technologies qui lui sont liées - internet, les semi-conducteurs, les données, les réseaux mobiles 5G, l'informatique quantique - se développent à grande vitesse. Elles prennent chaque jour davantage d'importance dans notre vie quotidienne et dans nos calculs d'avenir. Elles font figure à bien des égards de « nouvelle frontière » de l'humanité et de champ de bataille privilégié de la compétition pour la prééminence internationale.

    La Fondation Prospective et Innovation a souhaité consacrer à ce sujet essentiel plusieurs réunions de réflexion avec divers spécialistes français et étrangers. C'est sur cette base que le présent ouvrage a été rédigé. Il s'efforce de décrire de manière simple et équilibrée les différents enjeux de l'intelligence artificielle, qui relèvent aussi bien de l'économie que du social, de la géopolitique que de la morale et, au bout du compte, de la politique tout court.

    Stephen Hawking disait que l'intelligence artificielle serait la plus grande création de l'humanité mais que, si nous n'y prenions garde, elle pourrait être sa dernière. À nous d'être attentifs et vigilants.

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