Langue française

  • L'emploi est un mode de production historiquement situé, fondé sur le déni de l'existence réelle, pleine et entière de milliards d'êtres humains; ce déni n'a rien de naturel, il est totalement dépassable. L'emploi ne peut donc pas servir de légitimation et encore moins de finalité à une lutte pour la réduction collective du temps de travail avec maintien du salaire; tout au contraire, cette revendication doit avoir pour finalité de nous libérer du joug que constitue le marché du travail et non d'accroître le nombre d'entre nous qui lui est aliéné. Ainsi et ainsi seulement, notre lutte contribuera à nous déprendre de l'alternative infernale que nous impose la sorcellerie capitaliste contemporaine.
    Riposte.cte@collectifs.net / www.riposte-cte.org

  • Brèche[s]

    Collectif

    Louis, au public .- Je m'appelle Louis. Je viens d'une bonne famille, j'ai fait des études, j'ai des amis, des projets, une copine, j'ai de la chance surtout. De bonnes cartes en main. Aujourd'hui, je vais en prison pour la première fois de ma vie. Je suis comédien-animateur et je vais faire du théâtre en milieu carcéral. J'y ai pensé toute la journée. On me l'a proposé et sans y réfléchir plus que ça, j'ai dit oui. Et là, sur le parking de la prison, dans ma voiture, j'ai peur. En fait, je suis partagé entre l'excitation et la peur de l'inconnu. Il y a des mecs violents là-dedans... J'y vais ou je n'y vais pas?

  • Et en 2014, est-ce que je me sens toujours féministe ? Oui, entièrement. Même si on se prend à désespérer du féminisme aujourd'hui lorsqu'on voit que les inégalités salariales persistent, que les femmes sont victimes de viols, violences, meurtres impunis, qu'elles en viennent à servir d'armes de guerre. La situation des femmes ne va pas en s'améliorant dans le monde et si les femmes ne défendent pas elles-mêmes les droits conquis par leurs mères, personne ne le fera pour elles.
    Michèle Vilet

  • « Rendre la culture au peuple et le peuple à la culture, voilà notre but ».
    Les militants de la culture populaire ne s'opposent pas aux militants qui luttent pour la révolution politique, mais ils ne sont pas liés à un parti : là où ces derniers cherchent surtout à transformer les institutions, les premiers cherchent essentiellement à transformer les hommes à la taille de leur révolution.
    Cependant, le manifeste de Peuple et Culture ne se contente pas de revendiquer l'accès de tous à la culture mais il avance une autre exigence : « rendre le peuple à la culture », c'est-à-dire ce qu'on appellerait aujourd'hui le souci de démocratie culturelle : « [la culture] n'est pas à distribuer, il faut [que le peuple] la vive ensemble pour la créer : [...] la vraie culture naît de la vie et retourne à la vie », c'est-à-dire qu'elle a une ambition transformatrice : « Elle ne tend pas seulement à interpréter le monde, mais à le transformer » dans la perspective d'un "humanisme nouveau" qualifié de "révolutionnaire" ».
    Cet humanisme nouveau n'est pas défini à travers un projet politique, mais par le biais d'un «ensemble de principes qui s'exprime dans un style de vie personnel et collectif » fait de décloisonnement social (ère des masses), de dynamisme, (ère de la jeunesse) de progrès (ère de la technique), bref de « foi dans l'homme et dans l'avenir ».

  • Rédigé par l'IHOES, cet ouvrage superbement illustré retrace l'histoire riche en rebondissements de la régionale liégeoise de la Centrale Générale FGTB, depuis les balbutiements syndicaux du XIXe siècle jusqu'à nos jours.

    Aujourd'hui principale centrale au sein de la FGTB, la Centrale Générale est à bien des égards une organisation syndicale à part. Ses débuts, relativement modestes, reposent sur des organisations de défense ouvrière apparues dès le XIXe siècle notamment dans les secteurs du bois et de la construction. Puis, en 1920, naît la Centrale du bâtiment, de l'ameublement et des industries diverses. Sur ce socle viendront se greffer d'autres centrales, dont successivement les verriers, les paveurs, les cuirs et peaux, le tabac, la pierre, et plus récemment, les mineurs et la Centrale du textile-vêtement-diamant. Le profil des affiliés se modifie et se diversifie avec l'évolution des métiers et des conditions de travail. Au fil des décennies, on observe en outre une représentation croissante des femmes et du secteur des services (notamment le nettoyage et le gardiennage). Certaines problématiques qui se posaient aux origines ont été résolues (interdiction des coalitions de travailleurs, travail des enfants, absence totale de protection sociale, etc.), d'autres ont émergé ou se sont renouvelées (problème des frontières syndicales, règlementation en matière de maladies professionnelles, maintien de l'emploi, contrôle de la flexibilité, etc.). Garantir un salaire correct, réduire collectivement le temps de travail, combattre le dumping social constituent quelques-uns des fils rouges de l'action de la Centrale Générale ; des combats qui doivent régulièrement être remis sur le métier. La présente mise en perspective historique constitue un outil pour mieux comprendre les positions, stratégies et luttes passées et actuelles. Elle se veut également un incitant à s'engager pour un monde plus juste.

    Outre le texte rédigé par l'IHOES qui constitue le coeur de l'ouvrage, le livre s'ouvre et se termine par des photographies actuelles de travailleurs et travailleuses, réalisées par Charles Paulicevich. Il contient également quatre bandes dessinées retraçant des épisodes marquant de l'histoire de la Centrale Générale FGTB Liège-Huy-Waremme, ainsi qu'une affiche de François Schuiten (auteur de la couverture), réalisée pour l'occasion.

  • UGO

    Collectif

    Un jeune en décrochage scolaire. Un professeur bientôt à la retraite. Une mère bouleversée par le départ de sa fille.
    Sur le ring d'un palier, Françoise, Berthier et Ugo, trois personnages aux prises avec l'autorité.

    « Ugo » est le fruit d'une commune réflexion, entre la Compagnie du Campus et le Délégué général aux droits de l'enfant, autour de la question de l'autorité. Sur nos terrains respectifs, dans notre travail avec des jeunes, des parents, des éducateurs et des enseignants, nous rencontrons le même paradoxe : l'autorité est souvent posée comme objectivement nécessaire mais subjectivement vécue comme illégitime. Dans une société où c'est la consommation qui fait comme jamais autorité, nous sommes déboussolés. D'où vient l'autorité ? Comment la définir ? Est-elle nécessaire ? Quelle(s) est (sont) sa (ses) fonction(s) ? Quelles sont ses dérives ?

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