Claude Guillon

  • Après des centaines de livres consacrés à Robespierre, voici le premier qui s'intéresse non seulement à ses rapports personnels avec les femmes mais à sa politique de genre. Quelle place reconnaît-il aux femmes dans la société ? Quelle est son attitude à leur égard au club des Jacobins ou à l'Assemblée ? Comment évaluer ses positions par rapport à celles d'autres écrivains, journalistes et militant·e·s révolutionnaires de son temps ?

    Étudiant à nouveaux frais les groupes et les événements (Dames de la Halle, Marche des femmes sur Versailles d'octobre 1789), exhumant des documents ignorés, Claude Guillon réfute plusieurs « légendes robespierristes ». Loin d'avoir été favorable à la citoyenneté féminine, Robespierre a contribué à faire de la Révolution une défaite politique pour les femmes, dont le club le plus radical est fermé à son instigation, avant l'interdiction de tous les autres.

  • La culture a souvent servi de cache-sexe à l'érotisme et à la pornographie. Que l'on songe aux « nus artistiques » des cartes postales du xixe et du xxe siècles, et au « cul avec alibi culturel » des années 1970. Il est temps de tourner la page - c'est un des euphémismes qui désignent la sodomie - pour faire en sorte que le cul serve d'alibi à la culture. Toutes les entrées de cet abécédaire sont des moyens de pénétrer le savoir humain, de se ménager un regard sur lui, en regardant par l'oeillet, l'oeil de bronze, l'oeilleton, bref : le petit trou de la lorgnette. À défaut d'y apprendre à lire, ce qui est la fonction exacte d'un abécédaire, puissent lectrices et lecteurs s'y divertir !

  • En 1792-93, à Paris, à Lyon, à Orléans dans les sociétés populaires, les clubs, les émeutes, ceux qu'on appelait les Enragés, la frange la plus radicale de la Révolution française, entendaient poursuivre la Révolution à laquelle modérés et Jacobins rêvaient de mettre un terme. Ils et elles ont laissé des brochures, des discours, des journaux, un bouillonnement d'idées et de pratiques : démocratie directe, droit de tous aux produits de base, résistance à la dictature du commerce, pleine citoyenneté des femmes, sanctions contre les spéculateurs et les « agioteurs »... Ces questions, qui restent d'une brûlante actualité, continuent de nourrir notre réflexion et notre impatience.

  • C'est à peine si la loi Leonetti de 2005 reconnaît le droit de mourir aux mourants ! On peut désormais " laisser mourir ", de faim et de soif, les 150 000 agonisant(e) s que l'on " débranche " chaque année, mais le geste euthanasique, l'assistance au suicide et l'information sur ses moyens techniques demeurent interdits.
    Merveilleux progrès de l'humanisme démocrate ! La question, fondamentale, du droit à disposer de son corps et de sa vie jusqu'à la mort reste entière depuis la publication de " Suicide, mode d'emploi ", en 1982. Il est exceptionnel qu'un succès de librairie fasse contre lui l'unanimité de la presse, des autorités religieuses, civiles et judiciaires. C'est pourtant le destin d'un ouvrage, vendu à plus de 100 000 exemplaires, traduit en sept langues et finalement retiré de la circulation par décision de justice.
    Claude Guillon analyse le scandale qu'entraîna cette publication et donne à lire des extraits de lettres, choisies parmi plus de 600 reçues, qui sont une correspondance d'amitié, et parfois d'amour. Toutes parlent de la souffrance et de la mort avec une émotion, un humour et un sang-froid dont sont incapables les " suicidologues ".

  • Comment (et pourquoi) être un intellectuel anarchiste, dans un siècle qui se vante d'avoir écarté le spectre révolutionnaire, quitte à faire de l'« indignation » une valeur à la mode ?
    C'est en militant et en écrivain que Claude Guillon tente de répondre à cette double question, dans les articles, tracts et « posts » de blog ici réunis.
    Sans jamais céder à la démagogie, il veut contribuer à élaborer, dans la vie quotidienne et dans les luttes auxquelles il participe, une théorie anarchiste à la portée de toutes et de tous, une pensée critique libertaire, une philosophie pratique.

  • L'affaire dite « de Tarnac », en novembre 2008, a révélé au grand public l'existence d'un arsenal législatif censément destiné à lutter contre le terrorisme.
    Mis en place à partir de 1986 par les gouvernements de gauche comme de droite, il a trouvé une nouvelle légitimité depuis les attentats du 11 septembre 2001 et de nouveaux moyens dans les dispositifs européens. Bien avant Tarnac, il a permis d'arrêter, dans l'indifférence générale, des centaines de prétendus « islamistes », le plus souvent relâchés après de longs mois de détention. Ce sont maintenant des militants révolutionnaires qui font les frais de textes sans cesse révisés et durcis.
    L'auteur analyse ici les mécanismes et la signification de cette « terrorisation démocratique » qui concerne et vise désormais toutes les formes d'opposition au système capitaliste.

  • Repenser la chair dans ses rapports avec l'âme, réhabiliter le plaisir comme dépense partagée, réintroduire le merveilleux dans l'érotisme, tels sont les invites que formule cette « fantaisie littéraire, érosophique et antithéiste ».
    Affectant la forme d'un traité d'érudition, le Siège de l'âme embrasse, avec un appétit que n'eussent pas renié Rabelais ou Béoralde de Verville, l'archéologie, l'alchimie, l'histoire de l'art et de la littérature, l'anatomie, la mythologie, la théologie, l'étymologie, la sexologie, et la poésie.
    Contre la résurgence des morales infâmes qui contraignent le corps et l'esprit, le Siège de l'âme propose aux amants un nouveau code courtois qui les aidera à découvrir dans la sodomie, non seulement le moyen privilégié d'exalter l'âme de la femme, mais encore - selon le voeu de Plutarque "l'école de la grâce" « L'érudition est admirable, le style spirituel et la liberté absolue. Il reste des auteurs comme Claude Guillon : Dieu n'y est pour rien, mais rendons lui grâce tout de même. »

  • économie de la misère

    Claude Guillon

    L'économie de la misère, c'est la vision capitaliste et salariale d'un monde régi par le marché et dominé par l'abstraction de la voleur, qui crée, dans chaque pays et à l'échelle de la planète, des pauvres toujours plus nombreux et toujours plus pauvres.
    L'économie n'est pas une vertu domestique, c'est un processus de domestication de la vie qui contamine les esprits comme il contraint les corps.
    Dans son Droit à la Paresse, Paul Laforgue s'indignait déjà que des exploités réclament du travail, au lieu de " fouler aux pieds les préjugés de la morale chrétienne, économique, libre penseuse ".
    S'il s'agit bien d'agir ensemble, ce n'est certes pas " contre le chômage ", mais pour revivifier le projet d'une société sans argent communiste et libertaire, où l'activité humaine s'épanouisse sans autre contrainte que les nécessités vitales et sans autre limite que celle de notre imagination.
    Avatar dernier cri de la pensée économiste, la revendication d'un " revenu garanti " tend à se substituer à celle du droit au travail.
    Claude Guillon en retrace pour la première fois l'histoire complexe, des réformateurs sociaux du XVIIIe siècle aux autonomes radicaux des années 70 et 90, en passant par le groupe " Collaboration ", sous l'égide de nazis français.

  • Je chante le corps critique

    Claude Guillon

    • H&o
    • 12 September 2008

    Usé par le travail, génétiquement modifié par les polluants industriels, formaté par la publicité, la mode et la pornographie, le corps humain a-t-il un avenir ? On en douterait, à considérer ceux artistes d'avant-garde, scientifiques et militaires qui le déclarent « obsolète » et travaillent à son « dépassement » technologique. Des gnostiques préchrétiens aux paysans mexicains d'aujourd'hui, des cyclonudistes aux activistes queer, des femmes revendiquant leur rondeur à celles qui entendent échapper aux normes hétérosexuelles, voire au fémicide, l'auteur dresse la carte des résistances à la déshumanisation, dont les formes souvent provocantes ont le corps pour enjeu et pour moyen. Mobilisant l'histoire sociale et la sociologie, une érudition originale et une langue acérée, il affirme la dimension collective et universelle de la formule féministe : « Mon corps est un champ de bataille. » À l'heure où la mondialisation brouille les lignes de conflits et les territoires, le corps peut être un lieu de réassurance et d'expression, voilà ce que nous chante cet hymne à la révolte du corps critique.

  • Le professeur principal, élément puissamment fédérateur du système éducatif : telle est la thèse défendue par cet ouvrage. Dans un contexte de profondes mutations, génératrices de nouvelles difficultés (échec scolaire, incivilités), il revient au professeur principal de répondre de l'unité de l'équipe pédagogique et de tout mettre en oeuvre pour assurer le meilleur service à l'élève. Unité de l'équipe pédagogique, unité de l'élève : autour de ces deux axes s'organise l'action du professeur principal, dans le cadre du projet d'établissement et en liaison étroite avec les divers partenaires de l'institution scolaire.

    A la fois outil d'analyse et guide pratique, cet ouvrage de synthèse appréhende la fonction du professeur principal dans sa diversité et sa complexité. Qui sont les professeurs principaux ? Comment sont-ils choisis ? Dans quel cadre exercent-ils leurs missions ? Quelle formation ? Et bien d'autres questions qui permettent à l'auteur de se centrer sur ce qui reste le véritable enjeu : l'élève et l'aide cohérente que l'école doit lui apporter.

  • L'évaluation parcourt le système éducatif de part en part. Comment permettre aux acteurs et usagers de se repérer dans le foisonnement actuel de pratiques et méthodes évaluatives ? Quelles définitions proposer ?

    Qu'elle soit individuelle, collective ou institutionnelle, l'évaluation s'impose à tous les niveaux comme un facteur de dynamique, à condition, toutefois, d'en maîtriser la complexité.



    SOMMAIRE
    1.  Le contexte
    2.  Une évaluation ou des évaluations oe
    3.  Méthodes et techniques
    4.  L'évaluation individuelle
    5.  L'évaluation collective
    6.  Dans l'institution
    7.  L'évaluation comme langage médiateur
    8.  Un concept à approfondir



    PUBLIC
    - Personnels d'encadrement
    - Enseignants
    - Formateurs
    - Parents d'élèves

  • En 1792-93, ceux qu'on appelait les enragés, la frange la plus radicale de la révolution française, entendaient poursuivre la révolution à laquelle modérés et jacobins rêvaient de mettre un terme.
    à paris et à lyon, dans les sociétés populaires, les clubs, les émeutes, ils ont laissé des brochures, des discours, des journaux, un bouillonnement d'idées et de pratiques : démocratie directe, droit de tous aux produits de base, résistance à la dictature du commerce, pleine citoyenneté des femmes, sanctions contre les spéculateurs et les " agioteurs ". ces questions, qui restent d'une brûlante actualité, continuent de nourrir notre réflexion et notre impatience.

  • Cet ouvrage est né de la rencontre de deux femmes : une sage-femme birmane traditionnelle âgée, et une Française alors jeune, désireuse de découvrir la façon dont la première exerçait son métier. Au fil des mois, une relation profonde se noue, non dénuée de tensions et de contradictions. Il en a résulté ces récits d'instants de leur amitié, puis instants de vie que la vieille dame considérait comme les plus importants pour elle. L'univers de Daw Sein est celui des villageoises : mariage avec un Birman musulman puis avec un Birman bouddhiste, enfants, soucis d'argent, guerre et chagrins d'amour. Mais Daw Sein a une particularité, son métier de sage-femme, et un destin, gardienne de trésors enfouis. Son univers mental est tout à la fois modelé par l'action des êtres surnaturels, par les esprits, et par la vision du monde et de la spiritualité bouddhistes. Elle fait face aux joies et aux malheurs en puisant ses interprétations et ses raisons de vivre dans cet univers.

  • Le spectacle du sécuritaire s'adresse en priorité aux « citoyens », cette construction sociale abstraite qui donne l'illusion aux « gens » qu'ils ne sont plus exploités comme salariés mais respectés comme individus. La peur est d'abord orchestrée à leur usage. Profondément ressentie par l'ensemble des citoyens, ce qu'on pourrait appeler le « syndrome de Godzilla » (en référence à ce film hollywoodien d'avant les attentats du 11-Septembre où un monstre ravageait New York), structure la vie sociale au son des sirènes hurlantes et des bruits policiers (la peur de l'Autre, du Barbare, du Fou, du Terroriste). Tous contre Godzilla ! tel est le mot d'ordre pour rappeler à chaque instant aux citoyens angoissés la direction de la vie normée. En revanche, la peur du « sans-abrisme », de la précarité, de la vie atrophiée par la perte du travail ou du logement, est à chaque fois rendue invisible par la peur citoyenne dans laquelle elle est amalgamée. L'ordre policier semble le bon remède, mais un remède qui ne permet que de vivre avec la peur.
    Pourtant, à chaque fois que des luttes collectives esquissent des perspectives de rupture sociale et dépassent un certain seuil de « dangerosité », le syndrome de Godzilla recule, la peur s'inverse. Une nouvelle force sociale apparaît, autrement plus intimidante : c'est désormais le « syndrome des classes dangereuses » qui bouscule le paysage social et l'imaginaire des classes dirigeantes. La peur ne terrorise plus les quartiers périphériques, mais les beaux quartiers et les centres de décision : sus aux classes dangereuses ! tel est le nouveau mot d'ordre.

  • Avant 1996, année de l'arrivée des nouvelles thérapies, le sida signifiait la mort annoncée, le mal absolu prêt à terrasser n'importe qui. On ne se préoccupait guère alors des migrants originaires de pays où le sida est endémique. Surtout s'ils vivaient sans papiers ou dans la précarité sociale. La majorité des Haïtiens sont de ceux-là. L'auteur a interrogé des acteurs du système de soins et les intéressés eux-mêmes, en Île-de-France et en Guadeloupe. Cette étude fournit une présentation éclairante sur l'histoire des migrations haïtienne, sur le contexte social et sanitaire en Haïti et les représentations culturelles du corps et des maladies.

  • En 1968, Claude Delachet-Guillon, Emmanuel Guillon et leurs trois enfants quittent la France pour quatre ans en Birmanie. Enseignant le français à l'Institut des Langues Etrangères de l'Université de Rangoun, Claude et Emmanuel mènent des activités en parallèle : Claude réalise des enquêtes sur la maternité et ses rituels et prépare la biographie d'une sage femme traditionnelle ; Emmanuel s'initie à la langue et la civilisation très ancienne des Môn.

    Puis, de 1972 à 1975, c'est à Saigon, où la « guerre américaine » se termine, qu'ils sont enseignants.

    Durant ces sept années, Claude et Emmanuel correspondent avec leurs parents respectifs, et ce sont ces courriers qui constituent la matière de cet ouvrage : précieux témoignages sur la Birmanie, les peuples y vivant dans leur diversité et leurs spécificités, puis sur la douloureuse période de l'après chute du Sud Vietnam et les débuts de la mise en place du régime communiste.

    Lettres, récits, journaux apportent un éclairage particulier sur des peuples d'ailleurs et sur la perception au quotidien d'une tranche de l'Histoire qui a marqué le monde du XXe siècle.

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