Alain Touraine

  • Les femmes, les migrants. Deux acteurs fondamentaux de la société de communication dans laquelle nous entrons sans toujours bien comprendre ce qui nous arrive. Finie la bonne vieille lutte des classes, finis les conflits hérités de la société industrielle, place au Sujet évoluant dans la société globalisée, capable de création et de transformation de son environnement, place à la revendication universelle des droits.

    Les femmes, en nous libérant du règne de la raison masculine, tiennent une place éminente dans ce passage. Mais les migrants aussi, puisque seule la reconnaissance de leurs droits nous libérera de l'héritage colonial.

    Bien sûr, cette dynamique d'entrée dans le monde nouveau n'opère pas sans secousses, et le risque est grand de voir la démocratie débordée par les crispations sexistes, la haine de l'autre et le sentiment d'exclusion dont se nourrissent les populismes. À nous de contrer ces vents mauvais en consacrant toutes nos forces à l'éducation et à la recherche, à la réduction des inégalités, à la démocratisation du travail, à la décentralisation de l'administration , en ne cédant jamais sur l'affirmation de la dignité de chaque être humain, d'où qu'il vienne et où qu'il aille. Bref, en nous engageant sans réserve sur la voie de la subjectivation, qui est tout à la fois la condition et le propre de la société de communication.

  • Avec la décomposition du capitalisme industriel, les institutions sociales perdent leur sens. Que se passe-t-il pour que les piliers de nos sociétés démocratiques se dérobent quand la globalisation du monde appellerait leur renforcement ?
    Loin de céder à la peur du chaos qui accélère le déclin, cet ouvrage s'efforce d'unir le récit d'une fin et l'annonce d'un commencement : celui d'un autre type de vie collective et individuelle fondé sur la défense des droits humains universels contre toutes les logiques d'intérêt et de pouvoir.
    À charge pour nous d'apprendre à quelles conditions le sujet de droits que chacun peut invoquer est susceptible de se faire l'acteur d'expériences entièrement nouvelles, où le capitalisme financier, devenu sauvage aujourd'hui, pourrait être à nouveau contrôlé.

  • Contre un économisme brutal qui menace d'en finir avec les sciences sociales, c'est de l'idée de modernité qu'Alain Touraine nous invite à repartir pour penser notre époque. Il s'agit d'abord de reconstruire une conception de l'action sociale fondée sur l'être historique de l'homme issu de la modernité, l'homme capable, par l'expérience et l'exercice de la volonté, de transformer son environnement social et la condition humaine elle-même.
    Il s'agit ensuite de concentrer l'attention sur la société nouvelle qui prend, sous nos yeux, la place de la vieille société industrielle. Or, là où certains n'aperçoivent qu'une chute de notre vieux monde dans la postmodernité, Alain Touraine met au contraire en évidence son entrée dans l'hypermodernité, avancée qui recèle, certes, de terribles périls attachés aux nouvelles formes de domination, mais qui est porteuse aussi de nouveaux mouvements sociaux affirmant plus directement que par le passé les droits des Sujets humains.
    Il donne, ce faisant, la mesure de l'importance des mouvements de libération des femmes et désigne la question de l'accueil ou du rejet des populations issues de cultures différentes comme l'enjeu principal des politiques nationales.
    Fondamentalement, et à rebours du fatalisme économique de ceux qui gouvernent la planète, Alain Touraine entreprend d'associer réélaboration des objets centraux de l'analyse sociologique et connaissance du monde pour redonner vie aux mouvements de libération.

  • « Ce n'est qu'un début. Comment dire ces mots sans reconnaître à la fois en mai la naissance d'un nouveau mouvement social et les confusions ou les déviations d'une action dont ni les acteurs, ni les adversaires, ni les objectifs ne pouvaient être nettement définis par le mouvement lui-même. Le soulèvement de mai fut plus un mouvement social qu'une action politique. Il est, un siècle après le socialisme utopique et la naissance de la société technocratique, l'expression du communisme utopique ».

    Publié pour la première fois en 1968, ce livre a constitué la première étude d'ensemble, documentée et critique, du mouvement de Mai. À cinquante ans de distance, l'analyse de cet événement comme irruption de la culture dans le champ politique conserve toute son acuité.

    Postface inédite.

  • Comment la crise économique que nous traversons agit-elle sur les tendances à long terme qui transforment nos sociétés ?
    Comment entrevoir ce qui nous attend lorsque nous en sortirons ? Telles sont les deux questions autour desquelles se noue le présent essai.
    Notre société, à l'heure de l'économie globale et de l'individualisme triomphant, a rompu avec le vieux modèle d'intégration hérité de la révolution industrielle. C'est ainsi que l'« acteur » agit de plus en plus indépendamment du « système ».
    La crise, en séparant encore davantage l'économie de la société, peut tout aussi bien faire subir aux acteurs une exclusion sociale croissante que contribuer à accélérer la mutation culturelle inscrite dans le long terme.
    Bref, les années qui viennent hésiteront entre la catastrophe et la refondation.

  • La globalisation est la plus importante transformation survenue dans le monde depuis la chute du communisme. Et, dans ce contexte nouveau, nous sentons bien que le vieux clivage gauche/droite n'opère plus. Non pas qu'il n'y aurait plus de gauche ni de droite, mais parce que la vie dans chaque pays est aujourd'hui commandée par l'état général du monde et que, du coup, la contradiction principale oppose désormais ceux qui acceptent de se projeter dans le monde globalisé et ceux qui résistent de toutes leurs forces à cette perspective.

    Mais comment s'y retrouver et assumer son devoir civique quand les repères sont brouillés à ce point ?

    Pour nous aider à entrer de plain-pied dans le « nouveau siècle politique », Alain Touraine, à la veille d'échéances cruciales en France et dans le monde, revisite, à l'intention des électeurs de demain, les grandes questions sur lesquelles ils devront se prononcer à partir de ce point de vue neuf : la question nationale, la question religieuse (et la laïcité), la lutte anti-terroriste, la question écologique.

    L'enjeu est d'importance : si nous acceptons de nous confronter à la politique dans la pleine conscience que nous sommes entrés dans un monde nouveau, nous donnerons aux citoyens actifs que nous serons redevenus une chance de se faire entendre en résistant aux forces de la technologie, du profit et de la propagande de masse.

  • Les sociétés industrielles, fondées sur une augmentation, inconnue jusqu'à elles, de la productivité et donc des ressources disponibles, étaient centrées sur les conflits entre classes sociales et politiques et sur la concurrence et les guerres entre États-nations. Elles ont remplacé les formes d'appel au sacré qui définissaient les sociétés antérieures par une interprétation purement sociale d'elles-mêmes.
    Leur déclin a donné naissance à un nouveau type de vie sociale, dont le sujet est le nouveau principe de légitimité, que résume bien la nouvelle devise : liberté, égalité, dignité. Ses promesses sont aussi riches que sont grands les obstacles à leur réalisation. Les technologies de l'information menacent d'être accaparées par des empires supranationaux susceptibles de dominer le monde de la subjectivité autant que celui des ressources matérielles. Face à des risques mortels pour l'humanité, l'environnement, en tant que conception élargie du monde social incluant des éléments naturels, devient un enjeu majeur de l'action collective.
    En liant ces différentes dimensions du nouveau monde qui émerge, Alain Touraine montre que de nouveaux acteurs sont appelés à remplacer ce que nous appelions les mouvements sociaux dans les sociétés industrielles. À la fois éthiques et démocratiques, ils doivent se faire les défenseurs des droits fondamentaux du sujet et combattre tous les types de pouvoir total.

  • Penser autrement

    Alain Touraine

    • Fayard
    • 3 October 2007

    Après avoir étudié, dans ses livres précédents, les grands changements qui ont transformé notre vie personnelle et collective, alain touraine choisit ici de se consacrer à la nécessaire transformation de notre manière de penser ces changements.
    Car l'idée même de société est en crise : la mondialisation sous toutes ses fourmes, les désirs libérés des interdits ont entraîné l'écroulement de l'édifice social. la définition du bien et du mal dans notre société n'est plus du ressort des institutions ; la conscience de soi l'emporte sur la conscience des règles : le sujet devient créateur de lui-même. a partir d'une critique de ce qu'il nomme le discours interprétatif dominant, qui a cherché à imposer, tout au long du xxe siècle, l'idée d'une société sans acteurs, soumise à des déterminismes surtout économiques, main touraine invite le lecteur à découvrir que le seul principe permettant d'évaluer les conduites de chacun et les situations sociales est la reconnaissance des droits, politiques, sociaux et culturels, de tous les êtres humains, reconnus comme des êtres libres et égaux.
    Il appelle à repenser l'individu en tant que sujet, clé de voûte d'une sociologie reconstruite. là où certains dénoncent l'individualisme, l'auteur vante la subjectivation, qui passe par la défense des droits de chacun contre tous les modes d'intégration sociale. l'unité des conduites sociales n'est plus imposée par la société ou la culture, mais par le sujet, porteur de droits universels vécus dans des situations sociales et culturelles particulières.
    La dépendance des femmes, le rejet des minorités et les difficultés des jeunes à l'école et au travail sont les trois principaux domaines de la vie sociale dans lesquels le retournement nécessaire de la pensée sociale que propose alain touraine trouve ses champs d'application.

  • Peut-on d'ores et déjà « dire » sur l'action que conduit Emmanuel Macron aux commandes de la France ? Il est évidemment bien trop tôt. En revanche, de sa genèse aux premières concrétisations, le « phénomène » Macron révèle beaucoup sur l'état de santé de la politique, de la démocratie et de la société françaises. Et c'est à un éclairage et un examen sociologiques dudit phénomène qu'invite Alain Touraine, dont chaque thème traité (pouvoir, démocratie, idéologie, Etat, Europe, etc.) fait l'objet d'une passionnante mise en perspective historique et civilisationnelle.

  • Barbarie et progres

    Alain Touraine

    • Alice
    • 12 April 2002

    " Apprendre à reconnaître la présence de nos valeurs universelles dans l'expérience vécue personnelle de l'autre, c'est quelque chose d'essentiel. Et puis aussi, lier la beauté, le plaisir, le bonheur, l'immédiat avec le distant, la réflexion avec le goût des bonnes choses. Il faut avoir le goût des bonnes choses, du plaisir, le goût du bonheur. Il ne faut pas vivre dans une culture de la culpabilité, mais il faut vivre dans une culture de la résistance et de l'exigence. " Depuis dix ans, la célèbre émission de réflexion "NOMS DE DIEUX" produite et présentée sur la RTBF (et TV5) par Edmond Blattchen accueille des personnalités à la renommée internationale, issues des sciences humaines et exactes, de la politique, des arts et des lettres, de la société laïque comme de divers courants philosophiques et religieux. La transcription de ces entretiens est aujourd'hui rassemblée dans une collection. Pour servir de mémoire à notre temps et témoigner des enjeux à venir.

  • La critique de la modernité

    Alain Touraine

    • Fayard
    • 23 September 1992

    L'Occident a longtemps cru que la modernité était le triomphe de la raison, la destruction des traditions, des appartenances, des croyances, la colonisation du vécu par le calcul.

    Mais, aujourd'hui, toutes les catégories qui avaient été soumises à l'élite éclairée, travailleurs et colonisés, femmes et enfants, se sont révoltées et refusent d'appeler moderne un monde qui ne reconnaît pas à la fois leur expérience particulière et leur accès à l'universel. De sorte que ceux qui s'identifient à la raison apparaissent désormais comme les défenseurs d'un pouvoir arbitraire.

    Faut-il renverser leur domination et reconnaître une diversité sans limite des expériences vécues et des traditionsoe Mais ce différencialisme extrême porte en lui l'intolérance, le racisme, les guerres de religion. Et la fuite dans le postmodernisme ne découvre que l'épuisement de l'idéologie qui identifiait la modernité à la rationalisation.

    Il faut reconstruire la modernité, d'abord en revenant à ses origines. Dès le début, dès la rupture entre la Renaissance et la Réforme, elle a rompu l'unité du monde ancien, à la fois rationnel et sacré. Elle a chargé la raison de découvrir les lois du monde, et la conscience de faire apparaître un sujet qui n'était plus divin mais humain. Ce dualisme de la modernité, présent chez Descartes comme dans la Déclaration des Droits de l'Homme, a été détruit par l'orgueil de la philosophie des Lumières et des philosophes de l'histoire. Maintenant que le règne de la raison conquérante s'est achevé, renversé par Nietzsche et par Freud, mais aussi par la consommation de masse et les nationalismes, il faut écouter la voix du sujet, qui n'est pas introspection mais lutte pour la liberté contre la logique de la marchandise et du pouvoir, qui est volonté de l'individu et du groupe d'être acteurs de leur vie, mais aussi mémoire et appartenance. La modernité est faite des complémentarités et des oppositions entre le travail de la raison, la libération du sujet et l'enracinement dans un corps et dans une culture.

    Ce livre marque une nouvelle étape majeure, après Sociologie de l'action et Production de la société, dans la réflexion d'Alain Touraine.

  • Notre société est-elle encore capable d'agir sur elle-même, de générer des idées et des politiques économiques et sociales ou s'enferme-t'elle dans une crise sans fin ?

    D'un côté, les libéraux nous conseillent de renoncer à construire un avenir volontariste et de nous laisser guider par le marché. De l'autre, l'ultra-gauche se contente de dénoncer la domination et de parler au nom de victimes réduites à l'impuissance. Au centre, beaucoup, autrefois de gauche, prenant acte du vide et de la confusion qui règne sur la scène sociale, ne croient plus qu'à la défense des institutions républicaines, synonyme, ou peu s'en faut, d'ordre et de discipline.

    J'ai écrit ce livre contre ces trois manières de proclamer, d'accepter, de renforcer le vide social. Sortir du libéralisme ? Rien n'est plus urgent. Mais il y a les bonnes et les mauvaises manières de le faire. La voie que j'emprunte ici passe par l'identification et la reconnaissance de nouveaux acteurs, qui cherchent avant tout à faire reconnaître leurs droits culturels et qui peuvent, sans perdre leur indépendance, régénérer l'action politique. Il est grand temps de redéfinir, au-delà de la puissance déchaînée des marchés et des communautarismes extrêmes, une politique du possible et d'obtenir de chacun l'acceptation de l'identité et des projets des autres, regardés comme égaux et différents.

  • Le Laboratoire de Sociologie Industrielle de l'École Pratique des Hautes Études (VIe section) a été créé en 1958. Son but est d'étudier directement les conditions de travail et les attitudes des travailleurs industriels, ainsi que les mouvements sociaux auxquels ils participent. Chacun des mémoires qu'il publiera présentera des recherches concrètes. Mais son ambition est que chaque observation, loin d'être monographique, contribue à l'élaboration de principes généraux d'analyse, refusant ainsi d'accepter la dangereuse séparation de la recherche « empirique » et de la spéculation « théorique ». Aux mémoires, qui présentent les recherches effectuées par le laboratoire, s'ajouteront des publications plus générales, présentant l'état actuel des divers domaines de la sociologie du travail. A mi-chemin des articles et des ouvrages d'ensemble, ces mémoires chercheront à faire connaître les intentions, le mouvement et les méthodes de la recherche. Dans les prochaines publications, B. Mottez suivra l'évolution des systèmes de rémunération ; R. Bassoul, P. Bernard et A. Touraine proposeront une analyse des attitudes au travail dans une usine de la région parisienne ; L. Karpik considérera de nouveaux aspects de l'arrivée dans l'industrie des ouvriers d'origine rurale ; R. Bassoul présentera les méthodes modernes de construction de plans d'analyse ; J. Lenfant étudiera les conseils ouvriers yougoslaves.

  • Le Laboratoire de Sociologie Industrielle de l'École Pratique des Hautes Études (VIe section) a été créé en 1958. Son but est d'étudier directement les conditions de travail et les attitudes des travailleurs industriels, ainsi que les mouvements sociaux auxquels ils participent. Chacun des mémoires qu'il publiera présentera des recherches concrètes. Mais son ambition est que chaque observation, loin d'être monographique, contribue à l'élaboration de principes généraux d'analyse, refusant ainsi d'accepter la dangereuse séparation de la recherche « empirique » et de la spéculation « théorique ». Aux mémoires, qui présentent les recherches effectuées par le laboratoire, s'ajouteront des publications plus générales, présentant l'état actuel des divers domaines de la sociologie du travail. A mi-chemin des articles et des ouvrages d'ensemble, ces mémoires chercheront à faire connaître les intentions, le mouvement et les méthodes de la recherche. Dans les prochaines publications, B. Mottez suivra l'évolution des systèmes de rémunération ; R. Bassoul, P. Bernard et A. Touraine proposeront une analyse des attitudes au travail dans une usine de la région parisienne ; L. Karpik considérera de nouveaux aspects de l'arrivée dans l'industrie des ouvriers d'origine rurale ; R. Bassoul présentera les méthodes modernes de construction de plans d'analyse ; J. Lenfant étudiera les conseils ouvriers yougoslaves.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Prolongeant Production de la société, ces essais se proposent de définir la démarche et le rôle de la sociologie dans nos sociétés. Ils ne présentent pas une pensée bouclée, mais invitent à adopter une attitude sociologique en rupture critique avec les catégories de l'ordre social, les idéologies et les pressions des pouvoirs pour découvrir comment les sociétés se constituent et se transforment.
    Au sommaire : l'objet de la sociologie ; dix idées pour une sociologie ; systèmes et conflits ; rapports et conflits sociaux dans la société postindustrielle ; identité sociale et mouvements sociaux ; le moment de la sociologie.

  • Macron par Touraine ; une élection qui révèle la France à elle-même Nouv.

    « Comment ce que le chef de l'État incarne, suscite, promet, permet-il de lire la situation et les nécessités de la société française ? Une société - pour partie - désorientée, rétive à la modernité et à la mondialisation, affaiblie par une démocratie, un système institutionnel et un «potentiel d'humanisme» défaillants, en définitive une communauté humaine en panne de sens et donc en peine de (se) créer un avenir. C'est cette France-là dont Emmanuel Macron hérite et qu'il assure vouloir transformer, c'est cette France-là qu'Alain Touraine ausculte et met en miroir des engagements du président de la - République. «Enfin un pilote dans l'avion», estime-t-il à l'évocation d'Emmanuel Macron.
    Mais pour aller où ? Et comment ? » Denis Lafay
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  • Pourquoi, dans un monde en pleine mutation, le modèle politique de la gauche resterait-il seul immuable ? Au nom de quoi continuer à vouloir construire un socialisme véritable - jamais défini -, alors même que du socialisme réel tant d'hommes cherchent à sortir ? Mieux vaut prendre acte que le socialisme n'appartient ni au présent ni à l'avenir, mais au passé. Il fut, sans nul doute, la meilleure expression du mouvement ouvrier dans la société industrielle capitaliste ; mais il se décompose quand apparaît la société post-industrielle, et se pervertit lorsqu'il devient l'idéologie d'un Etat industrialisateur. Il faut repartir de l'analyse des faits sociaux : quels mouvements sociaux prennent aujourd'hui la place centrale qui fut celle du mouvement ouvrier ? Quels sont leurs véritables adversaires ? Quelles formes d'initiative politique doivent remplacer les programmes de partis qui ne visent plus qu'au renforcement de l'Etat ? Par là seulement on libérera la gauche vivante des formes politiques et idéologiques mortes. L'espoir n'a pas d'autre chemin, car nous sommes déjà dans l'après-socialisme.

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