Identités / Migrations

  • Le ventre des femmes ; capitalisme, racialisation, féminisme Nouv.

    Dans les années 1960-1970, l'État français encourage l'avortement et la contraception dans les départements d'outre-mer alors même qu'il les interdit et les criminalise en France métropolitaine. Comment expliquer de telles disparités ?
    Dès 1945, invoquant la « surpopulation » de ses anciennes colonies, l'État français prône en effet le contrôle des naissances et l'organisation de l'émigration. Partant du cas emblématique de La Réunion où, en juin 1970, des milliers d'avortements et de stérilisations sans consentement pratiqués par des médecins blancs sont rendus publics, Françoise Vergès retrace la politique de gestion du ventre des femmes d'outre-mer, stigmatisées en raison de la couleur de leur peau.
    En s'appuyant sur les notions de genre, de race, de classe dans une ère postcoloniale, l'auteure entend faire la lumière sur l'histoire mutilée de ces femmes d'outre-mer, héritage douloureux d'un système esclavagiste, capitaliste et colonialiste encore largement ignoré aujourd'hui.

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  • Je ne sais pas quoi faire des gentils blancs ; essais Nouv.

    En 2020, la mort de George Floyd, homme noir qui succombe lors de son arrestation aux cris de « I can't breathe » bouleverse le monde. En 2014 déjà, Eric Garner décédait dans les mêmes circonstances et en prononçant les mêmes paroles.
    Ces neuf essais pétris d'une rage calme exposent l'omniprésence du racisme aux États-Unis, qu'il soit diffus, tapi dans des détails qui n'en sont pas, ou sidérant, énorme, invraisemblable. Du marketing des poupées d'enfants à l'absence de plaque commémorant les victimes de l'esclavage, Brit Bennett désigne de façon saisissante les manifestations de ce racisme qui n'en finit pas de tuer, et qui prospère aussi sur la bonne conscience des « gentils Blancs ». Portée par le désir d'aller de l'avant, elle rend hommage aux auteurs qui, de Toni Morrison à Ta-Nehisi Coates en passant par Jesmyn Ward, ouvrent la voie au changement en donnant à voir une expérience à nulle autre pareille.

  • En mai 2019, missionné par l'ONU, Jean Ziegler se rend à Lesbos. L'île grecque abrite le camp de réfugiés le plus important sur sol européen. Ils sont plus de 18 000, hommes, femmes et enfants, à avoir bravé la torture, les naufrages et les passeurs infâmes. Entassés dans des conditions épouvantables, en violation de tous les droits de l'homme. Face à la barbarie, Jean Ziegler s'indigne. Il accuse l'Union européenne de pratiquer envers les réfugiés des méthodes de terreur à des fins de dissuasion, au mépris du droit d'asile. Cette stratégie constitue un crime contre l'humanité. Elle est et demeure la honte de l'Europe. Elle doit cesser immédiatement.

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  • La figure du colon manque à notre conscience et à la réflexion anticoloniale. Comme Memmi a brossé les portraits du colonisé et du colonisateur, Alain Deneault propose une description de cette figure mitoyenne des espaces d'exploitation économique que sont les entreprises coloniales, qui ne se trouve ni dans la position invivable du colonisé, ni dans celle, indéfendable, du colonisateur.
    Le décor où évolue ce personnage oublié de l'histoire: le Canada. Coincé entre un passé colonial qu'il veut oublier et un essor républicain sans cesse ajourné, ce territoire qu'on appelle pays n'excelle que dans la médiocrité des politiques d'extrême centre, mais il livre à la pensée politique un objet d'importance: le statut de colon qui fut, et reste, celui de la majorité de sa population.

  • Longtemps, les femmes ont été absentes du grand récit des migrations. On les voyait plutôt, telles des Pénélope africaines, attendre leur époux, patientes et sédentaires. Il n'était pas question de celles qui émigraient seules. Elles sont pourtant nombreuses à quitter leur foyer et leurs proches, et à entreprendre la longue traversée du désert et de la Méditerranée.
    Fondé sur une recherche au long cours, menée aux marges de l'Europe, en Italie et à Malte, ce livre est une enquête sur la trace des survivantes. Au fil des récits recueillis, il restitue leurs parcours, de déchirements en errance, de rencontres en opportunités. Entre persécutions, désir d'autonomie et envie d'ailleurs, les causes de leur départ sont loin d'être simples et linéaires.
    Les Damnées de la mer offre ainsi une remarquable plongée dans leur vie quotidienne, dans des centres d'accueil où leur trajectoire est suspendue, dans l'attente d'une reconnaissance de cette Europe qui souvent les rejette. L'ennui et la marginalisation sont omniprésents. Mais ces femmes sont également résistantes et stratèges, à la recherche de lignes de fuite.
    En restituant les multiples facettes de ces destinées, ce livre décline l'histoire des migrations en Méditerranée au féminin. Il refuse les clichés binaires qui opposent la migrante-victime à la migrante-héroïne pour adopter le point de vue de l'expérience des femmes : non sans tensions, l'autonomie qu'elles mettent à l'épreuve apparaît à la fois comme le support et l'horizon de leur projet migratoire.

  • De Jacques Offenbach à Romain Gary en passant par Marie Curie, Guillaume Apollinaire, Émile Zola ou encore Joséphine Baker, il est temps de raconter l'amour pour la France de ces hommes et ces femmes venus d'ailleurs. Tous ont été en leur temps de jeunes immigrés, en butte aux souffrances de l'exil, et victimes d'humiliations. Mais tous ont voulu mettre au service de leur pays d'adoption l'héritage qu'ils avaient reçu, et lui ont ainsi donné sa richesse et ses lettres de noblesse. Les destins hors du commun des héros de cet ouvrage les ont inscrits pour toujours dans la mémoire collective. Avec ce livre, réconcilions la France avec cette histoire, puisque l'histoire de la France, c'est aussi l'histoire du monde.

  • La distinction entre réfugiés politiques et migrants économiques s'est aujourd'hui imposée comme une évidence, tout comme la hiérarchie qui légitime l'accueil des réfugiés au détriment des migrants. Ce livre montre que ces définitions en disent plus long sur les États qui les appliquent que sur les individus qu'elles sont censées désigner. Car il n'existe pas de réfugié en soi que les institutions pourraient identifier pour peu qu'elles soient indépendantes ou en aient les moyens. La catégorie de réfugié se reconfigure en réalité sans cesse, au fil du temps, au gré des changements de rapports de force et de priorités politiques.
    Plutôt que d'analyser les parcours des exilés pour déterminer s'il s'agit de réfugiés ou de migrants, cet ouvrage dissèque l'institution qui les nomme : l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra), depuis sa création en 1952. Il établit que la chute du taux de reconnaissance du statut de réfugié est moins liée à la transformation des profils des requérants, à l'obsolescence de la Convention de Genève ou à une perte d'indépendance de l'Ofpra qu'à un changement de subordination. Alors que, pendant la guerre froide, l'assujettissement du droit d'asile aux politiques diplomatiques et le besoin de main-d'oeuvre favorisaient un taux élevé d'accords, son instrumentalisation par les politiques migratoires, dans le contexte de la construction de l'immigration comme problème, entraîne un taux élevé de rejets.
    En s'intéressant aux acteurs du droit d'asile, à leurs profils et à leurs pratiques les plus quotidiennes, cette sociohistoire, par le bas, des politiques d'asile en France apporte une contribution nouvelle à l'analyse du pouvoir d'État en actes à l'égard des étrangers.

  • Alors qu'existait, depuis au moins la fin de la Seconde Guerre mondiale, un consensus scientifique sur l'inexistence biologique des races dans l'espèce humaine, celui-ci a éclaté, et le vocabulaire de la race a envahi le champ académique et médiatique. Pour un certain nombre d'auteurs, qui, pour la plupart d'entre eux, se disent appartenir à la pensée décoloniale, il faudrait, la lucidité serait à ce prix, briser ce consensus. Il s'agira ici, d'une part, de rechercher les sources de ce retour à des conceptualisations que l'on pouvait croire oubliées et, d'autre part, d'en mesurer les effets sur la vie intellectuelle, principalement dans l'espace français.

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