Editions Presses de Sciences Po : les nouveautés

  • Le laboratoire de l'internationalisme (1949-1989) ; le CAEM et la construction du bloc soviétique Nouv.

    Plus connu sous le nom de COMECON, son acronyme anglais, le Conseil d'aide économique mutuelle (CAEM) a été fondé en janvier 1949 par l'URSS et ses partenaires des démocraties populaires. L'histoire de cette organisation internationale, dissoute en 1991, soulève un paradoxe : malgré l'échec de sa vocation première - permettre la coopération économique au sein du bloc de l'Est - elle a connu une remarquable stabilité politique.
    La recherche historique menée par Simon Godard en s'appuyant sur de riches archives méconnues, permet de dépasser ce paradoxe en montrant le rôle véritable de cette institution dans l'univers de l'internationalisme. À travers elle, il renouvelle la connaissance du bloc soviétique dans le contexte de la guerre froide.

  • L'état sous pression ; enquête sur l'interdiction française du gaz de schiste Nouv.

    Comment l'État fonctionne-t-il quand il est sous pression? Lorsqu'il est pris en étau entre les intérêts économiques, les mobilisations de citoyens, les conflits internes et les luttes politiques, le tout dans un contexte de connaissances incertaines et d'emballement médiatique? Pourquoi les décisions qu'il prend dans ce type de situation donnent-elles souvent une impression d'incohérence, voire d'instabilité? Y aurait-il un décalage entre les discussions qui se mènent dans les coulisses et les déclarations officielles, ou est-ce plus complexe?Les auteurs s'attaquent à cette boîte noire - la fabrique des politiques publiques - à partir d'un exemple très frappant pour lequel ils ont mené une vaste enquête: l'interdiction du gaz de schiste, votée en 2011 malgré les ambitions des groupes pétroliers et l'opinion des experts, contre l'avis de l'administration, du chef de l'État et même de l'Union européenne.S'appuyant sur des entretiens avec les principaux protagonistes et sur la consultation exclusive des archives gouvernementales, ils décrivent les multiples espaces politico-bureaucratiques, publics et discrets, où a pris place le débat et se sont déployées les batailles argumentaires, toujours indissociables des luttes de pouvoir, sur le sujet. Leur approche pragmatique éclaire d'un jour nouveau la politique en train de se faire.

  • Face à la critique du système représentatif, la démocratie délibérative est de plus en plus fréquemment invoquée. Cet ouvrage revient, grâce aux contributions d'une quinzaine de spécialistes français comme internationaux, sur les manières multiples de penser la démocratie délibérative mais aussi ses limites.
    A l'origine, le « tournant délibératif » désigne le développement, à partir des années 1980, de théories normatives de la légitimité démocratique qui ont proposé de faire de la délibération publique le pivot d'une nouvelle articulation entre bien commun, justification et légitimité.
    Si la démocratie délibérative a d'emblée suscité l'intérêt des philosophes et des théoriciens du politique, elle a progressivement touché d'autres disciplines (sociologie des institutions politiques, sociologie de l'action collective, sciences de l'information et de la communication, sociologie des sciences et des techniques, sciences de l'argumentation, sociologie de l'action publique...) où se sont multipliés les recherches de terrain et les questionnements, souvent critiques, des cadres théoriques initiaux. Elle a donné lieu à un ensemble de débats portant sur la formulation de l'idéal délibératif et confrontant diverses déclinaisons de la démocratie participative, que ce livre explicite et discute.

  • On entend rarement celles à qui ce livre donne la parole. Collégiennes, lycéennes ou jeunes actives, issues de milieux populaires, elles ont grandi et vivent dans la frange rurale de l'Hexagone. Celles qui travaillent ont le plus souvent un emploi au bas de l'échelle, quand bien même leur formation leur permettrait de prétendre à «mieux».Lors d'une enquête menée dans les Deux-Sèvres, les Ardennes, la presqu'île de Crozon et le massif de la Chartreuse, Yaëlle Amsellem-Mainguy est allée à la rencontre de cette partie de la jeunesse a priori «sans problème» et pourtant largement concernée par les grandes évolutions économiques, sociales et politiques du pays. Les «filles du coin» lui ont raconté leur vie quotidienne, leurs relations familiales, leurs amours, les amitiés qui se font et se défont. Elles lui ont confié le poids de la réputation et de la respectabilité, la nécessité d'avoir du réseau et de savoir s'adapter face à l'éloignement des grandesvilles et à la disparition des services de proximité. Elles lui ont décrit leur parcours scolaire, leurs rêves et leurs aspirations, et la question qui se pose à elles dès l'adolescence: partir ou rester?

  • Les actes violents commis au nom d'une cause ne sont pas quantifiés, contrairement à ceux de la délinquance dont les statistiques se voient diffusées régulièrement. Pourtant, les images des violences politiques s'invitent chaque jour dans nos salons: attentats, dégradations d'équipements publics, séquestrations, etc.Prenant froidement le parti des chiffres, les auteurs ont constitué une base inédite de quelque 6 000 épisodes de violence politique survenus de 1986 à nos jours, en les catégorisant selon la nature de la cause défendue: idéologique, indépendantiste, religieuse, professionnelle ou sociétale.Leur approche à la fois quantitative et narrative, portant sur une trentaine d'années, fait tomber nombre de présupposés du débat politico-médiatique. Sans masquer la tragédie des attaques terroristes ni les manifestations émeutières des années récentes, elle nuance l'idée d'un regain de violence politique en France, où le nombre d'atteintes aux personnes est aujourd'hui très inférieur à celui des atteintes aux biens. Elle confirme un net recul de la violence indépendantiste, mais révèle aussi toute la palette d'expressions d'une colère grandissante contre la démocratie représentative.

  • Comment évoluent les politiques publiques en temps de crise? Traditionnellement, deux visions s'opposent: certaines analyses mettent en avant la continuité, tandis que d'autres insistent sur la brutalité des changements opérés. La réalité est plus nuancée: de grandes variations s'observent selon les secteurs et les échelles, comme le montre cette étude de l'action publique dans les différents pays de l'Union européenne avant, pendant et après la crise économique et financière de 2008.Trois grandes leçons s'en dégagent: tout d'abord, les principaux changements se sont produits aux niveaux supranationaux, signe d'un renforcement des politiques publiques internationales et européennes; ensuite, des dynamiques antérieures portées par des acteurs réformateurs dans des domaines tels que l'emploi et la protection sociale se sont amplifi ées; enfin, les usages politiques de la crise ont joué un rôle clé dans les variations constatées entre continuité et changement. Le cadre comparatif et international que propose cet ouvrage se révèle précieux pour comprendre l'action publique menée durant les crises, jusqu'à celle de la Covid-19.

  • Cet ouvrage salue Pascal Perrineau, un éminent professeur, un chercheur et un expert électoral particulièrement reconnu. Les textes réunis ici sont représentatifs de ses grandes préoccupations scientifiques, autour des transformations de la démocratie et de la montée en puissance du phénomène populiste. Lire la suite Cet ouvrage salue un éminent professeur, un chercheur et un expert électoral particulièrement reconnu. Les textes réunis ici sont représentatifs des grandes préoccupations scientifiques de Pascal Perrineau, autour des transformations de la démocratie et de la montée en puissance du phénomène populiste. Tout au long de sa carrière, il a défendu une science politique ouverte aux différents savoirs, disciplines et méthodes, et tenant à distance les dogmatismes ; il a enseigné la vie politique à des cohortes de jeunes citoyens et les a sensibilisés à l'importance d'en comprendre les principes et les rouages.

    Par leurs contributions, les auteurs expriment leur gratitude et leur amitié à Pascal Perrineau, directeur du Centre de recherches politiques de Sciences Po, le Cevipof, jusqu'en 2013, professeur à Sciences Po jusqu'en 2018 et désormais président de Sciences Po Alumni.

  • Parce qu'elle est à la fois chargée de les juger et de les protéger, la justice des mineurs est une des institutions symboles de l'universalisme républicain. Traite-t-elle pour autant tous ces justiciables de la même manière?Arthur Vuattoux a mené l'enquête auprès de deux tribunaux, suivi plusieurs procès, analysé plus de deux cents affaires mettant en cause des adolescents. Verdict: les normes de genre orientent profondément la façon dont les professionnels consultés par les juges et les juges eux-mêmes appréhendent les déviances à cet âge. Autant ils ramènent volontiers celles des garçons aux actes commis et au rôle des pairs, autant ils sont enclins à sexualiser et à médicaliser les comportements des filles.Ce traitement différencié dépasse les questions de genre, il touche aussi la race, l'âge, la classe sociale. Il contribue à produire ou à renforcer, au coeur même de l'institution judiciaire, les discriminations systémiques envers des populations minoritaires.

  • Appeler à ce que «vive la République!», c'est rappeler qu'elle peut mourir. La réduire à un slogan, c'est perdre de vue l'idée forte qui la guide: la recherche du bien commun.Ancrée dans la longue histoire européenne, cette idée n'a pas attendu la Révolution française pour s'incarner, sous sa forme moderne, dans les Provinces-Unies du XVIe siècle. Bien avant 1789, ce sont les révolutions anglaises et américaine qui ont fait émerger les grands principes de vie collective. En France, proclamée trois fois, la République a souvent vacillé, et il a fallu attendre la troisième du nom pour que les grandes libertés publiques soient instaurées.Il est important de garder à l'esprit cette histoire tumultueuse si nous voulons préserver l'héritage républicain. La République est fragile et doit sans cesse s'adapter: inscrire son avenir dans l'Europe, rééquilibrer ses institutions, inventer des modes de décision plus proches des citoyens, redonner à l'école sa puissance d'intégration, faire vivre la laïcité, répondre au défi écologique. Autant de chantiers politiques à venir.

  • Les diplomaties européennes se caractérisent par la variété des pratiques, que ce soit dans la formation des personnels, la place faite aux femmes, la culture et la langue de négociation ou encore la manière de construire des réseaux et d'affirmer les identités.L'Europe de la diplomatie, dont cet ouvrage propose une histoire inédite, est d'abord celle de la cohabitation de ses grands, moyens et petits États, conjuguant diplomatie de puissance, diplomatie commerciale et diplomatie des valeurs. Elle est aussi, des empires multinationaux aux États-nations, celle des coopérations qui se recomposent dans un cadre régional tout en se confrontant aux pratiques d'autres sphères.La profonde transformation contemporaine du métier de diplomate doit se lire au regard de ces traditions, exposées à la complexité accrue des missions et à l'affirmation d'acteurs paradiplomatiques. Des usages propres à l'Union européenne se mettent en place lentement.Pour autant, les rapports de puissance entre les États de l'Europe et le caractère éminemment politique de leurs échanges économiques et culturels demeurent.

  • « Chercheur embarqué », Frédéric Mérand a pu faire une immersion au sein du cabinet du commissaire européen Moscovici entre l'été 2015 et l'automne 2019. Passant deux mois par an au Berlaymont , il a suivi l'évolution de chaque dossier (crise du Grexit, surveillance budgétaire, taxe sur les GAFA, etc.) presque en temps réel. De la cantine aux rencontres internationales, il a observé le commissaire et son cabinet. Il a recueilli au quotidien, leurs stratégies et leurs espoirs mais aussi leurs étonnements, leurs craintes et leurs déceptions. L'objectif, scientifique, n'était pas de savoir si la politique menée fut bonne ou mauvaise, mais de comprendre et de raconter comment elle s'est faite dans les pratiques.
    Un voyage unique dans les arcanes de la politique européenne.

  • «Nous vivons un choc de mondes qui n'était pas prévu.»Bruno LatourFace aux problèmes environnementaux et sanitaires qui nous submergent, face à la cadence inédite des innovations technologiques, les expert·e·s s'affrontent, se contredisent ou s'avouent sans réponse. Les controverses surgissent à un rythme bien plus rapide que la production des savoirs. Dans cet âge d'incertitude, où la décision doit souvent précéder la connaissance, il nous faut imaginer de nouvelles manières de penser et d'agir collectivement.La cartographie des controverses fournit ce cadre. Pratique pédagogique pionnière en sciences sociales, elle apprend à regarder le monde sans jamais séparer sciences, techniques et société. À tenir compte de tous les points de vue et du contexte dans lequel ils sont émis. À analyser finement l'écosystème qui fait naître un objet, une invention, un phénomène.Pour se repérer dans l'incertitude, nous dit-elle, il faut d'abord se perdre dans la complexité.Ce livre en offre le mode d'emploi, en s'appuyant sur des exemples de controverses contemporaines soigneusement sélectionnées pour leur diversité et la richesse de leurs enseignements.

  • État, conflits, institutions, réseaux Chaotiquement, une métropole parisienne est en train d'émerger. C'est ce que démontrent les auteurs de cet ouvrage, en relisant l'histoire de la gouvernance de ce territoire, prise en tension entre la volonté de l'État de contrôler la capitale à coup de plansstratégiques et d'organisations, et l'établissement de coopérations horizontales respectant la vieille opposition entre Paris et sa banlieue.
    Avec le temps, ces deux logiques ont perdu de leur force. La décentralisation a rebattu les cartes au sein de l'Île-de- France. Les politiques publiques menées dans les domaines des transports, de la police ou de la rénovation urbaine ont fait bouger les anciennes lignes de structuration et d'opposition politique. La toute-puissance de Paris, symboliquement défendue par le boulevard périphérique, s'est estompée sous l'action des réseaux, des institutions et même des conflits.
    Nourrie de recherches originales, cette analyse documentée éclaire avec précision les dynamiques politiques et institutionnelles d'une métropolisation inachevée.

  • De mars à mai 2020, les Français ont dû rester confinés chez eux. Comment cette mesure aux effets considérables a-t-elle pu être présentée comme la seule solution face à la pandémie de Covid-19?Les auteurs, qui ont mené l'enquête «à chaud» auprès d'acteurs de la crise, formulent quelques hypothèses originales. Plutôt que des défaillances individuelles ou des dysfonctionnements techniques, ils mettent en avant des facteurs organisationnels: mauvaises leçons tirées du passé, faux sentiment de sécurité, confiance aveugle dans les outils de planification.Leur analyse des relations de pouvoir dans la gestion de la crise révèle d'autres phénomènes surprenants, tels que la création de nouvelles instances dans un paysage déjà saturé d'organisations et le niveau inédit de coopération au sein des hôpitaux.

  • Sept humains sur dix vivent en ville. Des mégapoles se forment sur tous les continents. Partout le bâti s'étale et se standardise, les mondes ruraux disparaissent, les modes de vie s'uniformisent et, dans le même temps, les inégalités se creusent. La généralisation de l'urbain réchauffe la planète, détruit la biodiversité et nous rend encore plus vulnérables face au changement climatique. Mais les villes sont aussi notre bien commun. Elles sont des lieux de production de richesses, d'innovation, de création culturelle, de solidarité et de résilience. Elles fascinent par leur gigantisme, leurs foules et leurs innombrables activités, laissant dans l'ombre une autre réalité: la myriade de villes petites et intermédiaires qui composent l'essentiel des mondes urbains d'aujourd'hui. Celles des pays dits en développement, en particulier, dont les «basses technologies» sont loin d'affecter autant l'avenir de la planète que les métropoles mondialisées.Pour explorer les mondes urbains, les auteurs de cet atlas ont défriché de multiples champs hétéroclites. Aux sources classiques des organisations internationales et des réseaux de villes, ils ont confronté l'éventail des nouvelles possibilités offertes par le numérique, multiplié les échelles et se sont affranchis des spatialités territoriales usuelles. Voici une cartographie inédite de la planète des citadins.

  • Sidérant, impensable, incompréhensible, un événement-monde comme la pandémie de Covid-19, au moment où il se produit, prend autant de sens différents que d'acteurs chargés de le gérer et d'en parler : responsables politiques, scientifiques, médecins, médias, réseaux sociaux... Dans cette cacophonie interprétative, les sciences sociales sont d'une grande utilité. Dès le déclenchement de ce "fait social total" , la communauté scientifique de Sciences Po s'est lancée dans des analyses collectives et interdisciplinaires pour tenter de comprendre sa signification.
    Il n'est pas seulement nécessaire d'éclairer les aspects éruptifs et disruptifs de telles crises, mais aussi de saisir ce qu'elles révèlent de nos sociétés et ce qu'elles leur font, alors que nous devons apprendre à exister avec le coronavirus, peut-être pour longtemps.
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  • La science économique a été pensée par des hommes, pour être au service d'une société dirigée par des hommes. Elle est aussi la science sociale la moins féminisée : les femmes représentent à peine un quart des économistes. "Je suis une économiste féministe" , affirme Hélène Périvier. En levant le voile sur l'apparente neutralité des concepts et des analyses de cette discipline, elle met au jour les ressorts d'une organisation sociale issue du modèle patriarcal, centrée sur Monsieur Gagnepain, tandis que Madame Aufoyer est devenue Madame Gagnemiettes.
    L'économie féministe, parce qu'elle renouvelle les thèmes et les approches de la discipline, déploie des savoirs et des outils pour atteindre l'égalité des sexes.

  • Si les Françaises et les Français ne se reconnaissent plus dans l'offre politique, ce serait en raison de son organisation selon un clivage droitegauche largement obsolète. L'élection d'un Emmanuel Macron « et de gauche et de droite » en 2017 en apporterait la preuve.
    La politiste Janine Mossuz-Lavau, s'appuyant sur les enquêtes quantitatives de ses collègues et plus encore sur ses entretiens réalisés depuis cinquante ans auprès des citoyennes et citoyens, ne partage pas ce constat trop rapide. En regardant du côté de la demande, elle observe au contraire la permanence de ce clivage tout en mettant au jour les évolutions internes à ces oppositions de valeurs.

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