Sociologie du travail

  • Réhabiliter le conflit pour améliorer la qualité du travail. La proposition n'est contradictoire qu'en apparence. Yves Clot et ses collègues montrent, à partir de l'action, comment le conflit autour de la qualité du travail peut devenir une méthode de coopération dans les organisations : c'est à ce prix que le travail bien fait est possible. À ce prix aussi qu'une écologie du travail devient crédible.
    On peut rendre sa souveraineté au travail contre tout ce qui mine la fierté de l'acte professionnel en l'écartant de la boucle de décision. Ce livre explique comment s'y essayer en instituant la coopération conflictuelle, entre salariés comme entre ces derniers et leur hiérarchie. C'est la qualité du travail qui rassemble. Dans un monde saturé de conflits, le conflit de critères autour de la qualité du travail n'a pourtant pas droit de cité, laissant le travail « ni fait ni à faire » nous abîmer et abîmer la planète.
    Yves Clot et ses collègues, en s'appuyant sur le récit de trois longues expériences de travail collectif, dans un EHPAD, dans le service de la propreté d'une grande ville et dans une usine automobile, regardent ce conflit en face. Au passage, ce sont les frontières entre dirigeants et dirigés qui se trouvent redessinées.

  • Une société juste se mesure aussi à sa façon de répartir les tâches pénibles et de traiter celles et ceux qui les effectuent. Qui sort ma poubelle ? Qui nettoie derrière moi ? Qui range mon espace de travail ou passe le balai dans l'école de mes enfants ? Le monde du travail consacre 8 % du temps rémunéré au nettoyage et à l'entretien d'espaces publics et privés. Cet ouvrage met en lumière les personnes - en très grande majorité des femmes - qui s'en chargent, et qui restent le plus souvent invisibles pour les autres, au travail comme dans le débat public.

    Précarité, cumul de pénibilités, déqualification sont le lot de ces emplois - des caractéristiques aggravées par le développement, ces dernières années, du recours à la sous-traitance. Face à cette situation, les auteurs montrent que des solutions existent : réinternalisation des tâches de nettoyage, intégration au collectif de travail, décloisonnement des activités, revalorisation des salaires, remise en cause du temps partiel subi, développement de la formation et de la mobilité professionnelle... Plus fondamentalement encore, l'idéal de justice nous invite à repenser la division du travail et à mieux partager les « sales » boulots.

  • L'Union Syndicale Solidaires représente une tentative pour retrouver un syndicalisme de contestation, contre les stratégies de cogestion prônées par le patronat et les gouvernements en place et le choix de la négociation adoptés par d'autres centrales syndicales. Depuis les années 1990, elle a tenté d'insuffler d'autres pratiques syndicales, moins bureaucratiques et plus branchées sur les luttes interprofessionnelles. Mais la spécificité de Solidaires se manifeste aussi dans la trajectoire de ses militants, dont certains ont tenté de reconvertir la dynamique du syndicalisme autogestionnaire dans la défense des salariés fragilisés et précarisés par la dérégulation croissante du marché du travail. Ce livre s'attache aux difficultés rencontrées par une telle rénovation du syndicalisme, mais il trace aussi des pistes de réflexion sur les conditions d'un rapprochement entre causes syndicales et luttes sociales.

  • Mais que se passe-t-il à La Poste ? L'image d'Épinal du facteur, colportée de Jour de fêteàBienvenue chez les ch'tis, est écornée par les problèmes de distribution du courrier, l'augmentation du nombre de réclamations, l'écho des suicides, les centaines de grèves dispersées qui secouent des territoires à travers toute la France.
    Devant chez soi, on croise parfois le facteur, mais sait-on combien de boîtes aux lettres comme la nôtre il doit servir ? Pourquoi il semble si empressé ? Par quels calculs compliqués La Poste qui l'emploie détermine la longueur de son circuit et le temps qui lui est imparti pour le réaliser ? Les tensions que génèrent les « réorganisations » et l'allongement répété des tournées ?
    L'auteur a travaillé comme facteur, interviewé des dizaines de postiers, des chefs, et surtout celui que l'on nomme « l'organisateur ». Fouillant dans les archives, interrogeant la généalogie taylorienne des dispositifs de La Poste, il démonte les rouages de la machine qui prescrit le travail des facteurs. Les apparences de la science, l'écran de fumée de calculs savants se dissipent progressivement, dévoilant le caché de La Poste : les « normes et cadences » que l'entreprise impose à ses agents reposent sur du sable.
    En montrant les coulisses du travail des facteurs, les stratégies de La Poste pour étouffer les aspirations démocratiques de ses subordonnés, les tactiques des postiers pour tenir le coup, ce livre pose à nouveaux frais une question essentielle : qui décide de la manière dont s'organise la production ?

  • Et si la principale fracture au sein de nos sociétés n'opposait pas le 1 % des superriches aux 99 % restants, mais les 20 % des surdiplômés à tous les autres ?

    Environ un jeune sur cinq sort du système scolaire avec un master ou un diplôme de « grande école ». Faire partie de ces 20 % est aujourd'hui la condition nécessaire pour maîtriser son avenir et intégrer les professions dans la lumière : le monde des start-up, des consultants conviés à penser le futur et, plus largement, celui des influenceurs culturels.

    S'appuyant sur une enquête de terrain, de nombreux entretiens auprès de jeunes actifs (25-39 ans) insérés dans le monde de l'innovation et un sondage exclusif, Monique Dagnaud et Jean-Laurent Cassely dressent le portrait de ces premiers de la classe et montrent que, loin de former un groupe homogène, ils se partagent entre tentation du pouvoir, confort et contestation du système.

    Alors que les 20 % se détachent du reste de la société, leurs prétentions à proposer un modèle de vie et à fixer un cap politique résisteront-elles à l'entre-soi social qui les caractérise ? Le changement peut-il avoir lieu sans le peuple ?

  • Une lecture sociologique des innovations managériales en cours, qui tendent à faire oublier les véritables objectifs des employeurs : continuer à mettre en oeuvre la subordination des salariés, seule garantie de leur exploitation « légitime ».

    L'auteure décrypte la capacité patronale à faire renaître, sans cesse, sa domination, afin de préserver, voire sublimer, un lien de subordination qui prend une forme de plus en plus personnalisée, intrusive et délétère, et qui compromet toute capacité collective des salariés à s'emparer des véritables enjeux du travail. Des drh « bienveillantes » et préoccupées du « bonheur » de leurs salariés aux « entreprises libérées » par leur leader, en passant par l'esprit start-up et l'offre éthique, l'auteure analyse tous ces faux-semblants qui paralysent l'intelligence collective et menacent l'avenir du monde.

  • Le salaire minimum est-il forcément l'ennemi de l'emploi? La polémique ne faiblit pas, en particulier en France, sur ce seuil légal dont les premières formes ont été introduites il y a plus d'un siècle pour lutter contre les salaires de misère. Ses mécanismes sont pourtant connus depuis longtemps. Les études menées par les économistes dans les nombreux pays qui le pratiquent montrent que son instauration ou sa hausse peuvent, selon les situations, avoir des effets négatifs, nuls ou positifs sur l'emploi.Les résultats empiriques présentés ici permettent de réfléchir au bon usage du salaire minimum dans nos sociétés postindustrielles marquées par une polarisation croissante entre une classe aisée à fort pouvoir d'achat et une armée de travailleurs à bas salaires.

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  • Comment faire face à la crise que nous traversons ? Le système capitaliste néo-libéral fondé sur la seule recherche du profit ne fera que renforcer la concentration des richesses, aggraver les inégalités et détruire chaque jour un peu plus notre écosystème. Contre le statu quo, un collectif de femmes, chercheuses en sciences sociales issues de tous horizons, appelle à un nouveau partage du pouvoir au sein des entreprises, condition d'une véritable transition écologique.

    Elles sont les auteures du Manifeste Travail, déjà traduit en 27 langues et qui est devenu en quelques semaines l'amorce d'un mouvement mondial. Leur projet ? Démocratiser l'entreprise, pour permettre aux travailleur·euse·s de participer aux décisions qui les concernent. Démarchandiser le travail, pour protéger certains secteurs des seules lois du marché, mais aussi garantir à chacun l'accès à un travail qui lui permette d'assurer sa dignité. Au moment où nous faisons face à la fois au risque pandémique, aux dérives populistes et à la menace d'un effondrement climatique, ces deux changements stratégiques permettront aussi d'agir collectivement pour dépolluer la planète et préserver les conditions de la vie sur terre.

    Sous la direction d'Isabelle Ferreras, Julie Battilana et Dominique Méda. Avec Adelle Blackett, Julia Cagé, Neera Chandhoke, Imge Kaya-Sabanci, Lisa Herzog, Sara Lafuente, Hélène Landemore, Flavia Maximo et Pavlina R. Tcherneva.

  • Synthèse de recherches en sciences sociales et d'enquêtes récentes sur les sources profondes d'un bien-être au travail. Il révèle l'importance des facteurs organisationnels comme l'autonomie, le climat social ou les perspectives de progression, cet essai donne des clés pour (re)penser la gouvernance des entreprises, le degré de verticalité et de rigidité de la structure hiérarchique, le statut des fonctions, l'inclusion sociale et les modes de consultation des salariés, les modalités de différenciation et la transparence des salaires, l'impact des modes de recrutement et de promotion au sein de l'entreprise.

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  • Dans le monde de l'entreprise, chacun sait ce qu'il faudrait faire, mais personne ne sait comment s'y prendre. Pour sortir de l'immobilisme, François Dupuy jette les bases d'une théorie de l'action managériale.
    Après avoir montré ce qui n'allait pas (Lost in management, tome 1), puis identifie´ les causes des errements (La Faillite de la pensée managériale, tome 2), l'auteur s'attelle aux solutions concrètes dans ce troisième volume de la série. Loin des modes successives qui prétendent révolutionner le management, il s'appuie en sociologue sur le fonctionnement réel des organisations pour montrer qu'il est possible de travailler autrement. A` condition de savoir cultiver la confiance et de développer l'intuition, les dirigeants peuvent éviter les faux remèdes qui ne font qu'aggraver le mal et accomplir la nécessaire transformation de leur entreprise.
    Cet essai énergique, illustré d'exemples et d'études de cas approfondis, est aussi un parcours au coeur de la diversité et de la complexité des organisations, au service de leur performance.

  • Après L'Ethnologie de la chambre à coucher et celle de la porte, l'auteur nous invite à nouveau à nous regarder nous-mêmes dans une de nos occupations les plus répandues lorsque l'on parle du travail aujourd'hui, à savoir : être au bureau.

    Du moine bénédictin au jeune cadre contemporain, de la société du bureau de Napoléon au bureaucrate kafkaïen, du pupitre du copiste au nomadisme numérique du co-working, ce livre est un voyage dans ce qui fait du bureau et du travail sédentaire le centre du développement de nos sociétés modernes.

    Toujours avec humour, sensibilité et une connaissance encyclopédique, Pascal Dibie, en ethnologue, nous fait remonter dans notre histoire et réussit, sans que l'on se rende vraiment compte, à nous faire prendre conscience de la complexité réelle et déterminante de nos vies assises : une aventure de plus de trois siècles partagée au quotidien par cinq milliards de personnes dans le monde (oui, dont vous) !

  • La crise du Covid-19 nous a endeuillé. Elle a ébranlé nos sociétés et nos certitudes. Elle a jeté une lumière crue sur l'absurdité et la dangerosité des discours qui visaient depuis des dizaines d'années à discréditer la puissance publique, ne jurant que par « l'efficacité du privé ». Elle a, enfin, montré la fragilité de notre monde globalisé et surtout la responsabilité de notre modèle de développement dans la transmission et la propagation du virus à l'être humain.

    Cette crise, peut-être encore plus que les précédentes, nous oblige. Elle nous enjoint de tourner la page d'un modèle économique arrivé à bout de souffle. De rompre avec le néo-libéralisme, avec le productivisme et l'obsession de la croissance. De retrouver le sens des priorités en somme, de ce qui compte vraiment : la protection sociale, la santé, la transition écologique. De renouer avec un État-providence stratège, investisseur et producteur. Non pas un État hyper-centralisateur, et encore moins replié sur l'idée de nation, mais une puissance publique au service de l'intérêt général, de la transition écologique et sociale, pleinement inscrite dans le projet européen et la coopération internationale.

    À l'image du New Deal mis en oeuvre par le président Roosevelt au lendemain de la crise de 1929 aux États-Unis, c'est un plan ambitieux et pragmatique, au service de l'intérêt général, que nous proposons. Un plan qui replace l'économie au service de la société, au service de tous et non plus de quelques-uns. Un nouveau modèle de société qui s'inscrit dans les limites de la planète.
    État employeur en dernier ressort, réduction du temps de travail, revalorisation des bas salaires ; grand plan de rénovation thermique des bâtiments et développement du low-tech comme filière industrielle ; réforme fiscale et encadrement des écarts de salaire ; gestion de la dette...
    Les solutions existent, elles ne demandent que le courage politique de les mettre en oeuvre !

  • Vous en avez assez de votre management trop directif, des innombrables niveaux hiérarchiques, du culte du secret, de la course au profit ? Vous êtes prêt à devenir un Corporate Rebel !
    L'entreprise telle que nous la connaissons ne fonctionne tout simplement plus. La bonne nouvelle ? Il existe des solutions et elles ne sont pas seulement théoriques. De nombreuses organisations pionnières ont déjà sauté le pas. Joost Minnaar et Pim de Morree sont partis à la rencontre de ces pionniers, qui oeuvrent à tous les niveaux au sein entreprises les plus progressistes du monde. Toutes essaient de faire autrement, toutes sont plus performantes que la moyenne.
    Rejoignez-les dans leur aventure et découvrez les 8 pratiques qui paralysent les organisations d'aujourd'hui, et autant de valeurs alternatives vers lesquelles se tourner.
    Ce livre est destiné à tous ceux qui sont convaincus que le monde du travail peut et doit être transformé. Que vous soyez un dirigeant, un salarié rebelle étouffé par une entreprise corporate ou un manager piégé dans un système défaillant... ce livre vous donnera l'envie et les moyens de passer à l'action !

  • Antidote à l'impuissance et au doute, le Festival des Idées a rassemblé à l'été 2019 de nombreux citoyens décidés à répondre à la panne du politique. Leur but : une alternative crédible face à des crises sociales et écologiques inédites pour éviter qu'en 2022, un nouveau duel Macron-Le Pen ne signe la défaite de la démocratie. Ce livre traduit et prolonge cet élan collectif. Les nouvelles générations prennent ici la parole pour nous prévenir : on ne pourra plus faire de la politique comme au temps des partis hégémoniques, ni passer à côté de la question climatique.
    Les lignes de fracture entre les différentes sensibilités de la gauche et des écologistes sont énoncées sans fard, mais des pistes sont ouvertes pour recréer du commun. Transition écologique à Loos-en-Gohelle, Villages du futur dans le Morvan, nouveau rapport à la propriété grâce aux organismes de foncier solidaire, initiative Territoires zéro chômeur de longue durée... les utopies concrètes décrites dans ces pages montrent combien le pays est plein de ressources pour imaginer et pour agir.
    C'est désormais à la société elle-même d'écrire son programme pour un futur désirable. Pour cela, nous vous donnons rendez-vous les 3, 4 et 5 juillet 2020 à La Charité-sur-Loire.

  • « L'austérité salariale, depuis quarante ans, façonne nos économies.
    Au point de départ, il y a eu l'idéologie libérale et la volonté d'accroître les revenus du capital. Mais, aujourd'hui, l'enjeu est beaucoup plus vaste : depuis la crise de 2008, l'austérité salariale a favorisé des politiques économiques fortement expansionnistes, avec une inflation faible et des taux d'intérêt bas, qui maintiennent la solvabilité des États malgré un endettement public très élevé.
    Or, aux États-Unis, en France, en Italie, partout en Europe, les partis populistes ont fait campagne précisément sur la sortie de l'austérité salariale et la hausse du pouvoir d'achat. » P. A.
    Il faut se rendre à l'évidence : l'austérité salariale est une menace pour les démocraties. Mais comment en sortir alors qu'elle est devenue une pièce centrale de l'équilibre économique ?
    Patrick Artus analyse ici les conséquences de ce qu'il appelle la « aponisation » des économies, explore les conditions de sortie de l'austérité salariale et prend position dans le débat qui fait rage outre-Atlantique sur les taux d'intérêt bas et la nécessité ou non de les remonter.
    Un débat dont l'issue dessinera les vingt prochaines années...

  • Comme tout le monde, Damien Lelièvre déteste les banques. Mais il est conseiller financier. Il nous offre une visite dans les coulisses des banques, entre techniques de vente manipulatrices, pression hiérarchique et ravages du numérique.

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  • Quel est le point commun entre un livreur à vélo, une agente d'entretien, un start-upper, une aide soignante et une « curatrice de contenus » ? Tous subissent les nouvelles modalités de travail imposées par la digitalisation, la robotisation et les méthodes contemporaines de management. Partout, le « néotravail » étend son emprise : du bureau au domicile, notre open space s'est élargi, et nous ne pouvons plus échapper aux injonctions à « aller plus vite », à nous « adapter » et à « nous engager à fond dans nos projets ». Mais ce néotravail est en train de nous déposséder, non seulement de la valeur de notre travail mais aussi de nos capacités à créer, à nous lier les uns aux autres, à parler, à prendre soin de notre environnement, jusqu'à celles d'exercer notre propre jugement. Il fait de nous des « dépossédés de l'open space ».
    Peut-être est-il temps de reprendre possession de notre travail pour construire des rapports harmonieux avec les autres, avec nous-mêmes et avec la nature ? En retrouvant ses vertus médiatrices, socialisantes, subjectivantes et émancipatrices, cet « écotravail » contribuerait à faire advenir une société plus juste et plus viable : une « société écologique ».

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