Monde numérique

  • Vers le cyber-monde ; humain et numérique en interaction Nouv.

    Depuis la révolution industrielle, les dispositifs permettant aux humains de communiquer à distance ou de commander aux machines ont connu des développements considérables. Avec l'avènement de l'informatique, ils ont été radicalement transformés. Les équipements modernes sont désormais commandés via des écrans tactiles, à l'aide de la voix ou même de gestes. Internet, réseaux sociaux, réalité virtuelle, robots et objets connectés, tels sont les constituants du cyber-monde. Les dispositifs d'interaction établissent des passerelles entre le monde réel avec ses objets tangibles et le monde virtuel avec ses représentations abstraites.
    Le présent ouvrage expose comment les chercheurs répondent aux défis posés par la coexistence de ces deux mondes. Comment simplifier les interactions entre les objets et les humains?? Comment les rendre plus intuitives et plus ergonomiques?? Comment mesurer leur acceptabilité dans la société?? Quelles formes nouvelles pour l'immersion dans le cyber-monde?? Pour quels objectifs et quelles utilités??
    Ces nouvelles avancées ne manquent pas de poser des questions éthiques cruciales. La captation de données personnelles, la reconnaissance faciale, l'analyse des émotions, la commande mentale et les prédictions des comportements humains sont de nature à nous troubler et à faire craindre une emprise de la machine sur l'humain. La recherche produit des objets qui, il y a peu de temps encore, relevaient de la science-fiction. Elle doit aussi contribuer à les rendre éthiques dans leur comportement et leur utilisation pour le bénéfice de l'humanité.

  • « En janvier dernier, je publiais À la trace, une cartographie que j'espérais complète des acteurs et des enjeux de la surveillance contemporaine.

    Quelques mois plus tard, la pandémie de Covid-19 offrait un cas d'usage frappant des dispositifs que je m'étais efforcé de décrire. Elle commandait un complément aux réfléxions que je venais de faire paraître. Je ne pense pas que la crise marque une rupture dans le déploiement des technologies de contrôle. Au contraire, elle assoit leur légitimité en accélérant leur banalisation.

    On a vu des officines de toutes tailles, hier positionnées sur le juteux secteur de la sécurité, pivoter vers un nouvel impératif, celui de la traque des corps malades - un levier encore plus puissant que la lutte contre le terrorisme. L'américain Palantir, fondé après le 11-Septembre grâce au fonds d'investissement de la CIA, a délaissé les agences de renseignement pour démarcher les autorités sanitaires britanniques, françaises ou allemandes (avec des fortunes diverses) ; l'israélien NSO, qui vend toute l'année des logiciels espions à des régimes autoritaires pour surveiller opposants et journalistes, a voulu calculer le score de contagiosité des habitants de l'État hébreu ; en France, le petit Datakalab déploie ses caméras dans les rues de Nice ou le métro parisien, capables non plus de détecter des comportements suspects mais de vérifier le port du masque et le respect de la distanciation ont développé des applications de traçage, de «suivi des contacts», misant sur le numérique pour endiguer la course du virus. Dans le ciel, des drones sortis d'un futur proche ont fait respecter le confinement.

    Le moment a offert une vue panoramique sur cette montée en régime des dispositifs de surveillance. Chaque phase de la crise s'est accompagnée de ses réponses technologico-politiques et de ses sous-traitants, en accélérant et en révélant des tendances qui lui préexistaient, comme la militarisation de l'espace public ou la mise sous tutelle du domicile. On me demande souvent s'il faut craindre la généralisation d'une surveillance dite de masse; et s'il s'agissait plutôt d'une massification de la surveillance ? » Olivier Tesquet

  • J'ai vu naître le monstre Nouv.

    J'ai vu naître le monstre

    Samuel Laurent

    • Arenes
    • 11 February 2021

    Un témoignage puissant sur la spirale infernale de la violence sur les réseaux sociaux.
    75% des 4,4 millions d'utilisateurs quotidiens de Twitter en France disent qu'il leur sert à s'informer. La plupart des journalistes français y sont présents, et 83% des leaders de la planète y possèdent un compte.
    Arrivé parmi les premiers sur Twitter, Samuel Laurent y voit une promesse de proximité, d'immédiateté. Il explique son projet des « Décodeurs », un service du Monde qui se donne pour mission d'apporter un contrepoint vérifié aux affirmations qui circulent sans filtre.
    Le Printemps arabe, les mouvements #BlackLiveMatters, #MeToo... S'il s'affirme comme un outil démocratique, facteur de mobilisation et de débat, Twitter encourage également les clivages, l'indignation permanente, la course au like, et les opinions versatiles. Samuel Laurent décrypte la prolifération des fake news, les théories du complot et le choc des campagnes communication. Il raconte le triomphe de la post-vérité, qui ne se nourrit d'opinion et n'en n'a plus rien à faire de la vérité.
    Victime de campagnes de harcèlement numérique, Samuel Laurent dénonce la violence numérique sans filtre. Après des années houleuses, il quitte les « Décodeurs » en 2019. Il revient sur cet épisode traumatique qui illustre l'échec du journalisme sur Twitter et il annonce des jours sombres pour la démocratie.

  • Rendre le monde meilleur... Telle était la promesse des Google, Apple, Facebook et Amazon (les fameux « Gafa »), mais c'est surtout à leur profit qu'ils l'ont conquis. S'abreuvant du Big Data, leur nouveau pétrole, ces géants du Net jouissent d'une santé toujours plus florissante et d'une suprématie planétaire que les gouvernements ont bien du mal à faire vaciller.
    À l'heure du tout-numérique et du « tous-connectés », il est pourtant urgent d'agir contre cette écrasante domination : citoyens, entreprises, pouvoirs publics, médias, consommateurs, ressaisissons-nous !

  • Derrière une image immatérielle, la révolution majeure qu'est le numérique a un impact considérable tant sur l'environnement qu'au niveau social. Aucun secteur d'activité n'a eu une incidence si systématiquement négative sur la planète tout au long de son existence, alors qu'il se présente drapé dans des habits de lumière. Pourtant le numérique en soi n'est ni bon ni mauvais. Il doit trouver sa place comme simple auxiliaire permettant aux citoyens de mieux vivre. Pour l'auteur, repenser nos usages est une nécessité démocratique, environnementale, sociale, sociétale autant dans notre relation à l'autre qu'à soi.

  • Depuis la révolution numérique, les conflits géopolitiques se déploient dans des espaces virtuels dont la nature est en constante évolution. Qu'ils soient démocratiques ou autoritaires, les Etats adaptent leur stratégie de puissance de façon à mieux maîtriser les effets de la propagation instantanée de l'information, ainsi que ses nouvelles possibilités de manipulation. Certains utilisent le cyber et les médias pour porter atteinte à la souveraineté de leurs adversaires et perturber le fonctionnement de leur société et de leurs infrastructures de défense.
    Cet ouvrage étudie les trois dimensions qui caractérisent les guerres de l'information. Il explore le fonctionnement technique des conflits informationnels (couches basses de l'Internet, ciblage et amplification). Il examine ensuite les stratégies de plusieurs acteurs-clef de la scène internationale (Chine, Russie, Etats-Unis, Grande Bretagne, France, Japon), mais aussi d'Etats pivots (Iran, Israël) et de pays relativement isolés (Corée du Nord, Qatar).
    Enfin, il s'interroge sur les réponses juridiques et institutionnelles apportées pour répondre à la désinformation et réguler ces nouveaux espaces de conflictualité.

  • Dans notre monde envahi par les technologies et leur recherche frénétique de l'efficacité, l'art pourrait apparaître comme une oasis vouée à la contemplation et à la méditation. Il n'en est pourtant rien.
    L'art de notre temps emprunte à l'industrie ses objets et ses matériaux, peuple ses expositions d'écrans, et rêve de cyborgs et de réseaux.
    Dans ce livre prophétique, le grand penseur de la technique Jacques Ellul montre comment plasticiens, écrivains et musiciens ont succombé aux forces qui écrasent le monde. Certains, subjugués dès le début du xxe siècle par la technoscience, adoptent ses outils et ses procédures, se condamnant ainsi à la froideur, à l'absurdité ou à l'abstraction. D'autres - ou parfois les mêmes -, se voulant contestataires, accumulent les représentations du désastre ou les signes de la subversion, sans jamais pour autant saisir la racine du mal :
    Le règne de la Technique.
    Pour masquer sa vacuité, l'art contemporain se pare d'un discours théorique sophistiqué et intimidant. Passant outre, Ellul incite les artistes à s'émanciper de leur fascination pour la technologie, afin de renouer avec la faculté, propre à tout créateur authentique, d'allier le sens au sensible.

  • « Changez un arbre en une bûche et il brûlera pour vous, mais il ne portera jamais de fleurs ni de fruits. » Poète, romancier, dramaturge, philosophe mais aussi pédagogue, compositeur et peintre, Rabindranath Tagore (1861-1941) fut le premier prix Nobel de littérature non européen.

    Contemporain de Gandhi, il croyait fermement en la possibilité d'un dialogue entre les cultures, à condition de remettre en cause le destructeur « esprit de la machine » de la civilisation capitaliste occidentale. Il oeuvra jusqu'à son dernier souffle pour l'avènement d'un monde plus juste et harmonieux, fondé sur une existence recentrée sur la nature, la beauté, la spiritualité et la vie locale.

    Mohammed Taleb nous invite ici à découvrir une pensée foncièrement écologiste et décroissante, qui inspira notamment l'écoféministe Vandana Shiva.

  • "Les véhicules autonomes sont-ils compatibles avec la lutte contre le changement climatique ? Qui veut des robots-compagnons pour s'occuper des personnes âgées ? L'usine automatisée est-elle le rêve des employés, ou celui des chefs d'entreprise ?

    Interpeller directement des chercheurs, ingénieurs et startuppers sur les implications politiques de leur activité, tel est l'objet de ce livre, composé de lettres ouvertes rédigées dans un style piquant, qui mêle la satire et l'analyse. Celia Izoard ouvre ici un dialogue avec les concepteurs des nouvelles technologies pour les interroger sur le sens de leur travail et analyser l'impact social et écologique des grands projets industriels de la décennie, dans un monde en proie à la crise climatique et à l'exploitation au travail. Elle les enjoint à « changer de métier », à l'instar d'Olivier Lefebvre, salarié d'une start-up de véhicules autonomes qui raconte à la fin de l'ouvrage son chemin vers la démission."

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  • Depuis l'avènement de l'internet grand public dans les années 1990, le web a été perçu comme un outil au service de la liberté d'expression. Mais face à la montée de la désinformation et des discours de haine, une régulation nouvelle se met en place. Les États légifèrent pour encadrer la prise de parole en ligne. Les grandes entreprises du numérique se voient octroyer des pouvoirs de filtrage et de blocage des contenus. Le problème survient lorsque l'opacité de ces opérations transforme la modération en censure. Il est urgent d'inventer une régulation démocratique des contenus sur internet, afin que celui-ci demeure pour tous et toutes un espace de débat, d'engagement et de liberté.

  • Protestations, manifestations, émeutes, grèves ; crispation, défiance, dénonciations : depuis quelques années, la colère monte, les peuples ne cessent de rejeter l'autorité et paraissent de moins en moins gouvernables. Jamais le climat n'a été si tendu, laissant nombre de commentateurs dans la sidération. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quels éléments et circonstances ont fait naitre et entendre une telle rage, démultipliée sur les réseaux sociaux ?
    Les raisons de la révolte sont connues et liées aux dérives du libéralisme élu comme seul modèle politique (aggravations des inégalités, dégradations des conditions de travail, recul des services publics, mises à jour de scandales politiques...). Mais la violence avec laquelle elle se manifeste à présent est inédite car exprimée par un sujet nouveau : l'individu tyran. Né avec les progrès technologiques récents, l'apparition d'internet, du smartphone et les bouleversements induits par la révolution numérique (applications donnant le sentiment que le monde est à nos pieds, réseaux sociaux où ma parole vaut celle de tous, mon image magnifiée...), c'est un être ultra connecté, replié sur sa subjectivité, conforté dans l'idée qu'il est le centre du monde, qu'il peut tout savoir, tout faire, et voyant dans l'outillage technologique moderne l'arme qui lui permettra de peser sur le cours des choses. C'est le I de Iphone, le You de Youtube. Jamais combinaison n'aura été plus explosive : les crises économiques renforcent l'impression d'être dépossédé, la technologie celle d'être tout-puissant. L'écart entre les deux ne cesse de se creuser et devient de plus en plus intolérable. Les conséquences sont délétères : délitement du lien social, de la confiance, du politique ; montée du communautarisme, du complotisme, de la violence... Plane la menace d'un "totalitarisme de la multitude".
    Dans cet essai brillant, mené tambour battant, Eric Sadin livre une analyse neuve et tragiquement juste de l'effondrement de notre monde commun à travers une mise en perspective historique, politique, sociale, économique et technique unique. Mais il le fait pour mieux repenser les termes d'un contrat social capable de nous tenir, à nouveau, ensemble.

  • Employés par des sous-traitants aux quatre coins du monde, les modératrices et modérateurs de contenu sont les travailleurs de l'ombre chargés de purger les sites Internet, les réseaux sociaux et les applications mobiles des photos, vidéos ou commentaires abjects qui les inondent : propos haineux, cyber-harcèlement, injures racistes ou sexistes, automutilations et tortures, viols et décapitations, pédophilie...
    À travers des dizaines d'entretiens menés avec ces collecteurs de déchets numériques dans les zones rurales de l'Iowa, dans la Silicon Valley, au Canada et aux Philippines, cette enquête met au jour l'économie souterraine d'une industrie dont les coulisses tranchent avec le progressisme revendiqué. À rebours de l'optimisme libertaire des pionniers du Web, le filtrage des torrents de violence, de pornographie et de fiel déversés sur nos écrans s'impose aujourd'hui comme une tâche à la fois indispensable et sisyphéenne. Ses enjeux en termes de réglementation de la liberté d'expression et de délimitation des frontières du dicible et du montrable à l'échelle planétaire restent néanmoins largement ignorés.
    Alors que les controverses autour des fake news, des discours de haine et du harcèlement en ligne obligent peu à peu les plateformes à rompre l'illusion d'une modération « automatique », Sarah Roberts révèle les conditions de travail des substituts de l'« intelligence artificielle » et les risques psychologiques auxquels sont exposés celles et ceux dont le quotidien connecté consiste à visionner à la chaîne des contenus insoutenables pour que nous n'y soyons pas confrontés.

  • Supergonflé

    Mike Isaac

    • Arenes
    • 4 November 2020

    « Être supergonflés, ça nous donne des superpouvoirs. ».
    Travis Kalanick, fondateur d'Uber, 2015.

    À l'aube des années 2010, l'entrepreneur américain Travis Kalanick décide de révolutionner le transport urbain avec son appli Uber. Tous les moyens sont bons pour imposer sa domination : coups tordus contre les chauffeurs de taxi, les concurrents, la loi.
    Le succès est fulgurant. La marque devient même un verbe. « Ubériser un marché », c'est transformer un secteur d'activité en supprimant les intermédiaires grâce au numérique. C'est aussi souvent le détruire.
    Dans le nouveau Far West des grandes villes de la Silicon Valley, Uber tient le rôle de l'affranchi et son PDG fait son entrée dans le petit monde des milliardaires de la tech.
    /> Enquête fouillée et multiprimée aux États-Unis, Supergonflé raconte l'histoire secrète de l'entreprise la plus admirée et la plus détestée au monde - et les périls de la culture start-up.

  • Pierre Henrichon analyse de quelle façon la cybernétique, la quantification, la dataveillance et le néolibéralisme participent d'un même processus de dissolution du politique et de la société, lequel trouve aujourd'hui son point de confluence dans le complexe du Big Data et de l'économie de la donnée. Car au-delà des promesses de progrès et de liberté chantées par ses principaux laudateurs se cachent des dangers potentiels pour nos démocraties : leur crise est entre autres causée par la neutralisation du politique et la montée au pouvoir des « Goliaths de l'économie de la donnée » sur nos esprits et dans l'espace public. Aujourd'hui, cette domination de l'économique est valorisée, reproduite et renforcée par le complexe sociotechnique et financier qu'est le Big Data.

  • Les notifications, les alertes, les messages courts, les scores de publication sollicitent notre attention de façon permanente et accélérée. Tout cela renforce notre attachement aux réseaux numériques et à notre portable et provoque un stress et une baisse de la vigilance et de la réflexion. Ces plates-formes sont conçues pour encourager notre « engagement », c'est-à-dire la propagation à haute fréquence de tout message qui sera à la fois nouveau et saillant (donc souvent choquant ou étrange). Il en va de leur intérêt économique.
    Dominique Boullier travaille sur ces questions depuis une quinzaine d'année et analyse ce mécanisme économique, technique et cognitif a une incidence fondamentale sur nombre de domaines liés à l'espace public et à la finance.
    L'amplification par les réseaux numériques se traduit par une mobilisation personnelle de tous les instants et un encombrement de l'espace public par la propagation accélérée d'informations non désirées. Les fake news sont moins un problème de véracité que de viralité incontrôlée.
    L'ouvrage démontre que les designs choisis par les plate-formes visent à capter l'attention permanente de leurs utilisateurs et nous rendent incapable de traiter les enjeux de long terme comme le réchauffement climatique. Des solutions techniques et comportementales pour ralentir ce « réchauffement médiatique » existent et avant tout, il est nécessaire de contrôler le rythme de réplication (like, retweets, partages).
    Dominique Boullier propose une approche multidisciplinaire du numérique (« user experience », sciences cognitives, linguistique, sociologie) du numérique et renouvelle en profondeur notre conception de ces plate-formes qui dominent notre monde.

  • Alors que le progrès était censé servir le bien commun, il nous échappe. Nous le subissons. Malgré cela, la réponse apportée à tous les problèmes économiques et sociaux se borne à des solutions purement techniques.
    Irénée Régnauld et Yaël Benayoun révèlent et dénoncent les dogmes et les manoeuvres qui permettent aux industries et aux pouvoirs publics de maintenir les citoyens et les travailleurs à l'écart des choix technologiques, en excluant tout processus démocratique. Ils montrent que notre arsenal juridique et nos institutions apeurées, voire serviles, sont incapables de contrer les servitudes imposées par les plateformes et les industries hyper capitalistes.
    Pour sortir de cette confiscation du progrès, les auteurs proposent des actions concrètes et réalistes qui replacent le débat démocratique et les revendications citoyennes au coeur du développement technologique, afin que la question du progrès devienne l'affaire de tous.

  • Toute notre existence peut désormais se vivre derrière un écran. Le travail s'exécute à distance, l'amour se filtre sous algorithmes, et notre intimité se travestit sur les réseaux sociaux. Sous l'emprise d'une connexion permanente, nous nous éloignons paradoxalement les uns des autres.
    Uber a licencié 3 500 employés en quelques minutes via l'application de visioconférence Zoom ; Twitter envisage de proposer le « télétravail à vie » ; Google tente de privatiser des mégalopoles ; des individus esseulés tombent sous le charme de machines parlantes et des âmes endeuillées ressuscitent leurs morts en discutant avec l'avatar de l'être disparu.
    Rien n'échappe aux architectes de la Silicon Valley. Ces nouveaux maîtres du monde partagent de nombreuses valeurs, du transhumanisme, qui redéfinit les frontières de l'au-delà, à la philosophie libertarienne, qui sape les fondements de notre démocratie en mettant à mal la souveraineté des États.
    Dans cet essai, qui se nourrit d'histoires aussi insolites que saisissantes, François Saltiel dresse le portrait inédit d'une terrifiante dérive vers la « société du sans-contact ». Une plongée dans le grand bain bouillonnant des nouvelles technologies et une exhortation à résister aux sirènes des GAFAM.

  • On parle communément de révolution numérique. Mais comment se fait-il que le terme révolution ait quitté les domaines du social et du politique pour investir le domaine des nouvelles technologies et du numérique ? L'impact du numérique sur les humains et la société est considérable, à tel point qu'il s'agit à présent, comme le souhaitait Arendt à propos du nucléaire, d'en rapatrier les effets dans le champ du politique. Il faudrait pouvoir cartographier les effets du numérique, en mesurer la puissance et les limites, favoriser l'émergence de contre-pouvoirs. Il y a un besoin crucial d'une réflexion sur la numérisation du monde, sur le séquençage du réel qu'elle implique et sur l'automatisation des routines existentielles qu'elle suscite. Mais est-il encore possible d'encadrer l'innovation et ses conséquences ? Comment ? Les utopies sociales, le contrôle politique, le sentiment de responsabilité semblent épuisés. Et on ne réglera pas la question en cherchant à étouffer la puissance de la technique. Car le danger ne vient pas de la technique elle-même. Le véritable danger provient de notre incapacité à donner une forme authentiquement humaine aux transformations que l'innovation suscite. S'il nous appartient d'envisager l'avenir comme un progrès possible, comment s'y prendre dans le contexte de l'anthropocène, de la mondialisation, de la transformation numérique ? Le présent essai vise à instruire ces questions avec méthode et propose d'abandonner la croyance dans nos chimères technolibérales contemporaines pour une véritable pensée de la transformation.

  • Au-delà de la dangerosité de l'utilisation de masse de l'Intelligence Artificielle, le monde de demain en sera largement amélioré et ce, plus rapidement qu'on ne le pense. Ce livre est une synthèse claire et accessible de ces potentialités et une exhortation à ne pas manquer le coche.
    Imaginez une ville entièrement digitalisée à l'aide de systèmes intelligents de surveillance vidéo, de contrôles automatisés de la consommation d'énergie et de la pollution, d'un réseau Internet à haut débit et de véhicules autonomes, au service de la décision publique et du bien-être de la population. Nous y sommes bientôt, grâce à l'intelligence artificielle (IA).
    Ce livre, après en avoir brossé l'histoire, parcourt ses développements actuels et futurs, dans un état des lieux mondial fascinant. Bien loin des robots rebelles que la science-fiction imagine, les cas présentés sont à la fois bénéfiques et proches de nous : la suggestion de films de Netflix, les chatbots commerciaux et les assistants virtuels augmentant notre confort ; demain les imprimantes 4D, les exosquelettes et les organes créés ex nihilo.
    Karim Massimov, fort de son expertise internationale, trace un modèle de développement global, durable, souhaitable, et révèle l'essence même des technologies numériques, altruistes et créatrices d'opportunités.
    Si l'IA a le potentiel de résoudre des problèmes qui touchent l'humanité entière, elle pourrait également conduire à l'anéantissement. D'où cette vigilance : il faut accompagner la marche du progrès scientifique, tout en construisant dès à présent les outils permettant de se protéger contre les risques liés à la technologie, en commençant par établir un arsenal juridique à un niveau international.
    Le règne de l'IA a déjà commencé. Il améliorera le monde et ce, plus rapidement qu'on ne le pense.

  • La révolution numérique provoquée par l'adoption massive des technologies numériques et l'interconnexion mondiale des systèmes d'information et de communication connaît une accélération fulgurante depuis deux décennies. Elle bouleverse nos économies et nos modes de vie et ouvre de nouveaux horizons de développement encore largement inexplorés. Elle transforme également en profondeur l'environnement stratégique et la manière dont les grandes puissances se mesurent et s'a?rontent désormais. La notion de datasphère, tout juste émergente, permet d'englober dans un même concept les enjeux stratégiques liés au cyberespace et, plus généralement, à la révolution numérique, pour mieux appréhender les dé?s présents et à venir de la dépendance croissante aux technologies et aux données numériques dans un monde de plus en plus gouverné par les algorithmes et l'intelligence arti?cielle. Ce numéro réunit - entre autres - un grand nombre d'auteurs issus de l'équipe Géopolitique de la datasphère (), un centre de recherche et de formation dédié à l'étude des enjeux géopolitiques et stratégiques de la révolution numérique, porté par l'équipe de l'Institut français de géopolitique de l'université Paris 8.

  • La France compte plus de cartes SIM en circulation que d'habitant·es, et demain, avec l'arrivée de la 5G, ce seront tous les objets du quotidien qui seront connectés. Les voitures seront autonomes. Les foyers communicants. Les villes « intelligentes ».

    Mais est-on vraiment sûr que l'utilisation tous azimuts d'ondes électromagnétiques ne présente aucun risque ? Absolument pas, répond Nicolas Bérard au terme d'une enquête sur l'envers de cette « révolution technologique ».

    Comment et par qui les normes, censées nous protéger, ont-elles été mises en place ? Quels liens entre opérateurs téléphoniques, médias et gouvernements ? Quels sont les effets de cette technologie sur la santé humaine et le vivant ?

    À l'aube du développement d'une nouvelle pollution de masse, ces questions ne sont jamais posées dans le débat public.

  • Réédition d'un ouvrage fondamental. La France est l'un des rares pays à ne pas avoir vu déferler une vague de recherche « Cultural Studies » pour des raisons liées à la domination universitaire de l a sémiologie puis de l a sociologie de Pierre Bourdieu. Les théories dénonciatrices ont largement découragé l'éclosion de recherches sur ce qui ne mérite pas un tel dédain élitiste : les nouvelles cultures médias. Pour saisir ces dernières, il est nécessaire d'opérer un tournant théorique symbolisé par l'expression « médiacultures ».
    En raison de son statut de « manifeste », cet ouvrage n'a pas de véritable concurrent. Seuls quelques livres relatifs aux Cultural Studies (Mattelart et Neveu, Les Cultural Studies, 2003) et certains numéros de revues spécialisées en communication (Hermès, Réseaux), peuvent croiser ses thématiques.

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