Monde numérique

  • I.a., la plus grande mutation de l'histoire Nouv.

    L'intelligence artificielle est la plus grande révolution de l'humanité. Bien plus brutale car plus rapide que la Révolution industrielle, elle pourrait rebattre les cartes de l'ordre mondial. Qui gagnera la course à l'innovation entre la Chine, les Etats-Unis et l'Europe ? Dans cet ouvrage fascinant devenu un best-seller mondial, Kai-Fu Lee explique comment la Chine est entrée dans la course grâce au "pétrole du XXI ? siècle" , c'est-à-dire grâce aux données générées par ses centaines de millions d'utilisateurs, et comment elle encourage ses jeunes entrepreneurs à inventer un monde nouveau, des voitures aux écoles en passant par les hôpitaux.
    Et si la Chine remportait cette victoire, à quoi ressemblerait notre monde en 2030 ?

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  • En ces temps si troublés, les Etats sont appelés à repenser leurs processus internes et externes pour répondre avec le plus d'efficience et d'efficacité possible aux défis contemporains : le numérique et l'intelligence artificielle leur imposent une réforme globale concernant leurs structures, leurs pouvoirs, leurs compétences, leurs principes d'organisation, leurs outils de gestion, leurs mécanismes de coopération et d'évaluation de leurs rapports avec les citoyens et administrés, entre le centre et la périphérie, entre le public et le privé, entre les élus et les électeurs, créant ainsi une nouvelle forme de démocratie, la démocratie 2.0. Mais que devient l'Etat de droit dans une démocratie 2.0 ?
    Dans cet ouvrage, Patrice Cardot propose une réflexion aussi vaste que précise autour de cette question décisive, avec l'objectif de proposer une exploration des principaux défis posés à l'Etat de droit et à la démocratie par la révolution numérique, ainsi que des principales transformations qu'ils induisent. A partir de cette analyse, il présente un état du droit applicable aux problématiques en jeu - analyse qui lui permet ensuite d'évaluer la façon dont l'Etat de droit français fait face à ces différents enjeux de transformation dans le contexte où sont exposées les principales initiatives européennes et internationales entreprises pour y répondre. C'est ainsi qu'il dégage des pistes de progrès sur le double registre du droit et de l'éthique pour que la promesse démocratique ne soit pas irréversiblement altérée par l'incapacité de l'Etat et des institutions européennes et internationales à anticiper les risques et menaces que font peser sur elle des usages inappropriés du numérique.
    Une réflexion majeure sur l'avenir de la politique et de la place de l'homme dans le futur.

  • L'intelligence artificielle se dresse comme une puissance habilitée à expertiser le réel de façon plus fiable que nous-mêmes. Elle est appelée à orienter la conduite des affaires humaines, entraînant ainsi l'éradication des principes juridico-politiques qui nous fondent, soit le libre exercice de notre faculté de jugement et d'action. Le pouvoir croissant de cette main invisible automatisée constitue une offensive antihumaniste.
    Ce livre, qui appréhende l'intelligence artificielle comme les fondements d'un nouveau modèle civilisationnel, est le dernier volet d'une trilogie devenue la référence sur la compréhension de la nouvelle condition humaine à l'ère numérique. Il fait suite à La Vie algorithmique et à La Silicolonisation du monde.

  • La Silicon Valley incarne l'insolente réussite de notre époque. Ce territoire est aujourd'hui le lieu d'une frénésie innovatrice qui entend redéfinir de part en part nos existences à des fins privées, tout en déclarant oeuvrer au bien de l'humanité. Mais c'est aussi et avant tout un esprit, en passe de coloniser le monde, qui entend tirer profit du moindre de nos gestes, une véritable industrie de la vie.
    Ce livre, qui montre comment un capitalisme d'un nouveau type s'instaure -le technolibéralisme -, est le deuxième volet d'une trilogie devenue la référence sur la compréhension de la nouvelle condition humaine à l'ère numérique. Il fait suite à La Vie algorithmique et précède L'Intelligence artificielle ou l'enjeu du siècle.

  • Les technologies numériques imposent un mode de rationalité fondé sur la définition chiffrée de toute situation et sur une maîtrise indéfiniment accrue du cours des choses. Une connaissance sans cesse approfondie s'instaure, orientant les décisions individuelles et collectives au prisme d'algorithmes visant les plus hautes optimisation, fluidification et sécurisation des existences et des sociétés.
    Ce livre, qui examine la quantification et la marchandisation intégrales de la vie, est le premier volet d'une trilogie devenue la référence sur la compréhension de la nouvelle condition humaine à l'ère numérique. Suivront La Silicolonisation du monde et L'Intelligence artificielle ou l'enjeu du siècle.

  • Une voiture pilotée par une intelligence artificielle est face à un choix tragique : pour éviter un enfant qui traverse la route, elle doit écraser un vieillard sur le bas-côté. Que faire, qui sauver dans l'urgence ? Voilà un dilemme qui rappelle la fameuse expérience de pensée du tramway, et qui illustre les enjeux moraux de l'intelligence artificielle.
    Comment programmer nos robots - de transport, militaires, sexuels ou conversationnels - pour qu'ils prennent les bonnes décisions lorsqu'ils sont confrontés à des choix ? Quelle morale pour les robots ? Y en a-t-il, comme nous, de bons et de mauvais ?
    S'intéresser à l'éthique des algorithmes, c'est plonger au coeur de nos différentes intuitions et théories morales, questionner nos biais et préjugés, mais aussi explorer un nouveau domaine de la philosophie, expliqué avec clarté et humour par Martin Gibert, chercheur en éthique de l'intelligence artificielle.

  • Depuis la révolution industrielle, les dispositifs permettant aux humains de communiquer à distance ou de commander aux machines ont connu des développements considérables. Avec l'avènement de l'informatique, ils ont été radicalement transformés. Les équipements modernes sont désormais commandés via des écrans tactiles, à l'aide de la voix ou même de gestes. Internet, réseaux sociaux, réalité virtuelle, robots et objets connectés, tels sont les constituants du cyber-monde. Les dispositifs d'interaction établissent des passerelles entre le monde réel avec ses objets tangibles et le monde virtuel avec ses représentations abstraites.
    Le présent ouvrage expose comment les chercheurs répondent aux défis posés par la coexistence de ces deux mondes. Comment simplifier les interactions entre les objets et les humains?? Comment les rendre plus intuitives et plus ergonomiques?? Comment mesurer leur acceptabilité dans la société?? Quelles formes nouvelles pour l'immersion dans le cyber-monde?? Pour quels objectifs et quelles utilités??
    Ces nouvelles avancées ne manquent pas de poser des questions éthiques cruciales. La captation de données personnelles, la reconnaissance faciale, l'analyse des émotions, la commande mentale et les prédictions des comportements humains sont de nature à nous troubler et à faire craindre une emprise de la machine sur l'humain. La recherche produit des objets qui, il y a peu de temps encore, relevaient de la science-fiction. Elle doit aussi contribuer à les rendre éthiques dans leur comportement et leur utilisation pour le bénéfice de l'humanité.

  • « En janvier dernier, je publiais À la trace, une cartographie que j'espérais complète des acteurs et des enjeux de la surveillance contemporaine.

    Quelques mois plus tard, la pandémie de Covid-19 offrait un cas d'usage frappant des dispositifs que je m'étais efforcé de décrire. Elle commandait un complément aux réfléxions que je venais de faire paraître. Je ne pense pas que la crise marque une rupture dans le déploiement des technologies de contrôle. Au contraire, elle assoit leur légitimité en accélérant leur banalisation.

    On a vu des officines de toutes tailles, hier positionnées sur le juteux secteur de la sécurité, pivoter vers un nouvel impératif, celui de la traque des corps malades - un levier encore plus puissant que la lutte contre le terrorisme. L'américain Palantir, fondé après le 11-Septembre grâce au fonds d'investissement de la CIA, a délaissé les agences de renseignement pour démarcher les autorités sanitaires britanniques, françaises ou allemandes (avec des fortunes diverses) ; l'israélien NSO, qui vend toute l'année des logiciels espions à des régimes autoritaires pour surveiller opposants et journalistes, a voulu calculer le score de contagiosité des habitants de l'État hébreu ; en France, le petit Datakalab déploie ses caméras dans les rues de Nice ou le métro parisien, capables non plus de détecter des comportements suspects mais de vérifier le port du masque et le respect de la distanciation ont développé des applications de traçage, de «suivi des contacts», misant sur le numérique pour endiguer la course du virus. Dans le ciel, des drones sortis d'un futur proche ont fait respecter le confinement.

    Le moment a offert une vue panoramique sur cette montée en régime des dispositifs de surveillance. Chaque phase de la crise s'est accompagnée de ses réponses technologico-politiques et de ses sous-traitants, en accélérant et en révélant des tendances qui lui préexistaient, comme la militarisation de l'espace public ou la mise sous tutelle du domicile. On me demande souvent s'il faut craindre la généralisation d'une surveillance dite de masse; et s'il s'agissait plutôt d'une massification de la surveillance ? » Olivier Tesquet

  • J'ai vu naître le monstre

    Samuel Laurent

    • Arenes
    • 11 February 2021

    Un témoignage puissant sur la spirale infernale de la violence sur les réseaux sociaux.
    75% des 4,4 millions d'utilisateurs quotidiens de Twitter en France disent qu'il leur sert à s'informer. La plupart des journalistes français y sont présents, et 83% des leaders de la planète y possèdent un compte.
    Arrivé parmi les premiers sur Twitter, Samuel Laurent y voit une promesse de proximité, d'immédiateté. Il explique son projet des « Décodeurs », un service du Monde qui se donne pour mission d'apporter un contrepoint vérifié aux affirmations qui circulent sans filtre.
    Le Printemps arabe, les mouvements #BlackLiveMatters, #MeToo... S'il s'affirme comme un outil démocratique, facteur de mobilisation et de débat, Twitter encourage également les clivages, l'indignation permanente, la course au like, et les opinions versatiles. Samuel Laurent décrypte la prolifération des fake news, les théories du complot et le choc des campagnes communication. Il raconte le triomphe de la post-vérité, qui ne se nourrit d'opinion et n'en n'a plus rien à faire de la vérité.
    Victime de campagnes de harcèlement numérique, Samuel Laurent dénonce la violence numérique sans filtre. Après des années houleuses, il quitte les « Décodeurs » en 2019. Il revient sur cet épisode traumatique qui illustre l'échec du journalisme sur Twitter et il annonce des jours sombres pour la démocratie.

  • Rendre le monde meilleur... Telle était la promesse des Google, Apple, Facebook et Amazon (les fameux « Gafa »), mais c'est surtout à leur profit qu'ils l'ont conquis. S'abreuvant du Big Data, leur nouveau pétrole, ces géants du Net jouissent d'une santé toujours plus florissante et d'une suprématie planétaire que les gouvernements ont bien du mal à faire vaciller.
    À l'heure du tout-numérique et du « tous-connectés », il est pourtant urgent d'agir contre cette écrasante domination : citoyens, entreprises, pouvoirs publics, médias, consommateurs, ressaisissons-nous !

  • Derrière une image immatérielle, la révolution majeure qu'est le numérique a un impact considérable tant sur l'environnement qu'au niveau social. Aucun secteur d'activité n'a eu une incidence si systématiquement négative sur la planète tout au long de son existence, alors qu'il se présente drapé dans des habits de lumière. Pourtant le numérique en soi n'est ni bon ni mauvais. Il doit trouver sa place comme simple auxiliaire permettant aux citoyens de mieux vivre. Pour l'auteur, repenser nos usages est une nécessité démocratique, environnementale, sociale, sociétale autant dans notre relation à l'autre qu'à soi.

  • Depuis la révolution numérique, les conflits géopolitiques se déploient dans des espaces virtuels dont la nature est en constante évolution. Qu'ils soient démocratiques ou autoritaires, les Etats adaptent leur stratégie de puissance de façon à mieux maîtriser les effets de la propagation instantanée de l'information, ainsi que ses nouvelles possibilités de manipulation. Certains utilisent le cyber et les médias pour porter atteinte à la souveraineté de leurs adversaires et perturber le fonctionnement de leur société et de leurs infrastructures de défense.
    Cet ouvrage étudie les trois dimensions qui caractérisent les guerres de l'information. Il explore le fonctionnement technique des conflits informationnels (couches basses de l'Internet, ciblage et amplification). Il examine ensuite les stratégies de plusieurs acteurs-clef de la scène internationale (Chine, Russie, Etats-Unis, Grande Bretagne, France, Japon), mais aussi d'Etats pivots (Iran, Israël) et de pays relativement isolés (Corée du Nord, Qatar).
    Enfin, il s'interroge sur les réponses juridiques et institutionnelles apportées pour répondre à la désinformation et réguler ces nouveaux espaces de conflictualité.

  • Dans notre monde envahi par les technologies et leur recherche frénétique de l'efficacité, l'art pourrait apparaître comme une oasis vouée à la contemplation et à la méditation. Il n'en est pourtant rien.
    L'art de notre temps emprunte à l'industrie ses objets et ses matériaux, peuple ses expositions d'écrans, et rêve de cyborgs et de réseaux.
    Dans ce livre prophétique, le grand penseur de la technique Jacques Ellul montre comment plasticiens, écrivains et musiciens ont succombé aux forces qui écrasent le monde. Certains, subjugués dès le début du xxe siècle par la technoscience, adoptent ses outils et ses procédures, se condamnant ainsi à la froideur, à l'absurdité ou à l'abstraction. D'autres - ou parfois les mêmes -, se voulant contestataires, accumulent les représentations du désastre ou les signes de la subversion, sans jamais pour autant saisir la racine du mal :
    Le règne de la Technique.
    Pour masquer sa vacuité, l'art contemporain se pare d'un discours théorique sophistiqué et intimidant. Passant outre, Ellul incite les artistes à s'émanciper de leur fascination pour la technologie, afin de renouer avec la faculté, propre à tout créateur authentique, d'allier le sens au sensible.

  • « Changez un arbre en une bûche et il brûlera pour vous, mais il ne portera jamais de fleurs ni de fruits. » Poète, romancier, dramaturge, philosophe mais aussi pédagogue, compositeur et peintre, Rabindranath Tagore (1861-1941) fut le premier prix Nobel de littérature non européen.

    Contemporain de Gandhi, il croyait fermement en la possibilité d'un dialogue entre les cultures, à condition de remettre en cause le destructeur « esprit de la machine » de la civilisation capitaliste occidentale. Il oeuvra jusqu'à son dernier souffle pour l'avènement d'un monde plus juste et harmonieux, fondé sur une existence recentrée sur la nature, la beauté, la spiritualité et la vie locale.

    Mohammed Taleb nous invite ici à découvrir une pensée foncièrement écologiste et décroissante, qui inspira notamment l'écoféministe Vandana Shiva.

  • "Les véhicules autonomes sont-ils compatibles avec la lutte contre le changement climatique ? Qui veut des robots-compagnons pour s'occuper des personnes âgées ? L'usine automatisée est-elle le rêve des employés, ou celui des chefs d'entreprise ?

    Interpeller directement des chercheurs, ingénieurs et startuppers sur les implications politiques de leur activité, tel est l'objet de ce livre, composé de lettres ouvertes rédigées dans un style piquant, qui mêle la satire et l'analyse. Celia Izoard ouvre ici un dialogue avec les concepteurs des nouvelles technologies pour les interroger sur le sens de leur travail et analyser l'impact social et écologique des grands projets industriels de la décennie, dans un monde en proie à la crise climatique et à l'exploitation au travail. Elle les enjoint à « changer de métier », à l'instar d'Olivier Lefebvre, salarié d'une start-up de véhicules autonomes qui raconte à la fin de l'ouvrage son chemin vers la démission."

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  • Depuis l'avènement de l'internet grand public dans les années 1990, le web a été perçu comme un outil au service de la liberté d'expression. Mais face à la montée de la désinformation et des discours de haine, une régulation nouvelle se met en place. Les États légifèrent pour encadrer la prise de parole en ligne. Les grandes entreprises du numérique se voient octroyer des pouvoirs de filtrage et de blocage des contenus. Le problème survient lorsque l'opacité de ces opérations transforme la modération en censure. Il est urgent d'inventer une régulation démocratique des contenus sur internet, afin que celui-ci demeure pour tous et toutes un espace de débat, d'engagement et de liberté.

  • Protestations, manifestations, émeutes, grèves ; crispation, défiance, dénonciations : depuis quelques années, la colère monte, les peuples ne cessent de rejeter l'autorité et paraissent de moins en moins gouvernables. Jamais le climat n'a été si tendu, laissant nombre de commentateurs dans la sidération. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quels éléments et circonstances ont fait naitre et entendre une telle rage, démultipliée sur les réseaux sociaux ?
    Les raisons de la révolte sont connues et liées aux dérives du libéralisme élu comme seul modèle politique (aggravations des inégalités, dégradations des conditions de travail, recul des services publics, mises à jour de scandales politiques...). Mais la violence avec laquelle elle se manifeste à présent est inédite car exprimée par un sujet nouveau : l'individu tyran. Né avec les progrès technologiques récents, l'apparition d'internet, du smartphone et les bouleversements induits par la révolution numérique (applications donnant le sentiment que le monde est à nos pieds, réseaux sociaux où ma parole vaut celle de tous, mon image magnifiée...), c'est un être ultra connecté, replié sur sa subjectivité, conforté dans l'idée qu'il est le centre du monde, qu'il peut tout savoir, tout faire, et voyant dans l'outillage technologique moderne l'arme qui lui permettra de peser sur le cours des choses. C'est le I de Iphone, le You de Youtube. Jamais combinaison n'aura été plus explosive : les crises économiques renforcent l'impression d'être dépossédé, la technologie celle d'être tout-puissant. L'écart entre les deux ne cesse de se creuser et devient de plus en plus intolérable. Les conséquences sont délétères : délitement du lien social, de la confiance, du politique ; montée du communautarisme, du complotisme, de la violence... Plane la menace d'un "totalitarisme de la multitude".
    Dans cet essai brillant, mené tambour battant, Eric Sadin livre une analyse neuve et tragiquement juste de l'effondrement de notre monde commun à travers une mise en perspective historique, politique, sociale, économique et technique unique. Mais il le fait pour mieux repenser les termes d'un contrat social capable de nous tenir, à nouveau, ensemble.

  • Employés par des sous-traitants aux quatre coins du monde, les modératrices et modérateurs de contenu sont les travailleurs de l'ombre chargés de purger les sites Internet, les réseaux sociaux et les applications mobiles des photos, vidéos ou commentaires abjects qui les inondent : propos haineux, cyber-harcèlement, injures racistes ou sexistes, automutilations et tortures, viols et décapitations, pédophilie...
    À travers des dizaines d'entretiens menés avec ces collecteurs de déchets numériques dans les zones rurales de l'Iowa, dans la Silicon Valley, au Canada et aux Philippines, cette enquête met au jour l'économie souterraine d'une industrie dont les coulisses tranchent avec le progressisme revendiqué. À rebours de l'optimisme libertaire des pionniers du Web, le filtrage des torrents de violence, de pornographie et de fiel déversés sur nos écrans s'impose aujourd'hui comme une tâche à la fois indispensable et sisyphéenne. Ses enjeux en termes de réglementation de la liberté d'expression et de délimitation des frontières du dicible et du montrable à l'échelle planétaire restent néanmoins largement ignorés.
    Alors que les controverses autour des fake news, des discours de haine et du harcèlement en ligne obligent peu à peu les plateformes à rompre l'illusion d'une modération « automatique », Sarah Roberts révèle les conditions de travail des substituts de l'« intelligence artificielle » et les risques psychologiques auxquels sont exposés celles et ceux dont le quotidien connecté consiste à visionner à la chaîne des contenus insoutenables pour que nous n'y soyons pas confrontés.

  • Supergonflé

    Mike Isaac

    • Arenes
    • 4 November 2020

    « Être supergonflés, ça nous donne des superpouvoirs. ».
    Travis Kalanick, fondateur d'Uber, 2015.

    À l'aube des années 2010, l'entrepreneur américain Travis Kalanick décide de révolutionner le transport urbain avec son appli Uber. Tous les moyens sont bons pour imposer sa domination : coups tordus contre les chauffeurs de taxi, les concurrents, la loi.
    Le succès est fulgurant. La marque devient même un verbe. « Ubériser un marché », c'est transformer un secteur d'activité en supprimant les intermédiaires grâce au numérique. C'est aussi souvent le détruire.
    Dans le nouveau Far West des grandes villes de la Silicon Valley, Uber tient le rôle de l'affranchi et son PDG fait son entrée dans le petit monde des milliardaires de la tech.
    /> Enquête fouillée et multiprimée aux États-Unis, Supergonflé raconte l'histoire secrète de l'entreprise la plus admirée et la plus détestée au monde - et les périls de la culture start-up.

  • Pierre Henrichon analyse de quelle façon la cybernétique, la quantification, la dataveillance et le néolibéralisme participent d'un même processus de dissolution du politique et de la société, lequel trouve aujourd'hui son point de confluence dans le complexe du Big Data et de l'économie de la donnée. Car au-delà des promesses de progrès et de liberté chantées par ses principaux laudateurs se cachent des dangers potentiels pour nos démocraties : leur crise est entre autres causée par la neutralisation du politique et la montée au pouvoir des « Goliaths de l'économie de la donnée » sur nos esprits et dans l'espace public. Aujourd'hui, cette domination de l'économique est valorisée, reproduite et renforcée par le complexe sociotechnique et financier qu'est le Big Data.

  • Les notifications, les alertes, les messages courts, les scores de publication sollicitent notre attention de façon permanente et accélérée. Tout cela renforce notre attachement aux réseaux numériques et à notre portable et provoque un stress et une baisse de la vigilance et de la réflexion. Ces plates-formes sont conçues pour encourager notre « engagement », c'est-à-dire la propagation à haute fréquence de tout message qui sera à la fois nouveau et saillant (donc souvent choquant ou étrange). Il en va de leur intérêt économique.
    Dominique Boullier travaille sur ces questions depuis une quinzaine d'année et analyse ce mécanisme économique, technique et cognitif a une incidence fondamentale sur nombre de domaines liés à l'espace public et à la finance.
    L'amplification par les réseaux numériques se traduit par une mobilisation personnelle de tous les instants et un encombrement de l'espace public par la propagation accélérée d'informations non désirées. Les fake news sont moins un problème de véracité que de viralité incontrôlée.
    L'ouvrage démontre que les designs choisis par les plate-formes visent à capter l'attention permanente de leurs utilisateurs et nous rendent incapable de traiter les enjeux de long terme comme le réchauffement climatique. Des solutions techniques et comportementales pour ralentir ce « réchauffement médiatique » existent et avant tout, il est nécessaire de contrôler le rythme de réplication (like, retweets, partages).
    Dominique Boullier propose une approche multidisciplinaire du numérique (« user experience », sciences cognitives, linguistique, sociologie) du numérique et renouvelle en profondeur notre conception de ces plate-formes qui dominent notre monde.

  • Alors que le progrès était censé servir le bien commun, il nous échappe. Nous le subissons. Malgré cela, la réponse apportée à tous les problèmes économiques et sociaux se borne à des solutions purement techniques.
    Irénée Régnauld et Yaël Benayoun révèlent et dénoncent les dogmes et les manoeuvres qui permettent aux industries et aux pouvoirs publics de maintenir les citoyens et les travailleurs à l'écart des choix technologiques, en excluant tout processus démocratique. Ils montrent que notre arsenal juridique et nos institutions apeurées, voire serviles, sont incapables de contrer les servitudes imposées par les plateformes et les industries hyper capitalistes.
    Pour sortir de cette confiscation du progrès, les auteurs proposent des actions concrètes et réalistes qui replacent le débat démocratique et les revendications citoyennes au coeur du développement technologique, afin que la question du progrès devienne l'affaire de tous.

  • Toute notre existence peut désormais se vivre derrière un écran. Le travail s'exécute à distance, l'amour se filtre sous algorithmes, et notre intimité se travestit sur les réseaux sociaux. Sous l'emprise d'une connexion permanente, nous nous éloignons paradoxalement les uns des autres.
    Uber a licencié 3 500 employés en quelques minutes via l'application de visioconférence Zoom ; Twitter envisage de proposer le « télétravail à vie » ; Google tente de privatiser des mégalopoles ; des individus esseulés tombent sous le charme de machines parlantes et des âmes endeuillées ressuscitent leurs morts en discutant avec l'avatar de l'être disparu.
    Rien n'échappe aux architectes de la Silicon Valley. Ces nouveaux maîtres du monde partagent de nombreuses valeurs, du transhumanisme, qui redéfinit les frontières de l'au-delà, à la philosophie libertarienne, qui sape les fondements de notre démocratie en mettant à mal la souveraineté des États.
    Dans cet essai, qui se nourrit d'histoires aussi insolites que saisissantes, François Saltiel dresse le portrait inédit d'une terrifiante dérive vers la « société du sans-contact ». Une plongée dans le grand bain bouillonnant des nouvelles technologies et une exhortation à résister aux sirènes des GAFAM.

  • On parle communément de révolution numérique. Mais comment se fait-il que le terme révolution ait quitté les domaines du social et du politique pour investir le domaine des nouvelles technologies et du numérique ? L'impact du numérique sur les humains et la société est considérable, à tel point qu'il s'agit à présent, comme le souhaitait Arendt à propos du nucléaire, d'en rapatrier les effets dans le champ du politique. Il faudrait pouvoir cartographier les effets du numérique, en mesurer la puissance et les limites, favoriser l'émergence de contre-pouvoirs. Il y a un besoin crucial d'une réflexion sur la numérisation du monde, sur le séquençage du réel qu'elle implique et sur l'automatisation des routines existentielles qu'elle suscite. Mais est-il encore possible d'encadrer l'innovation et ses conséquences ? Comment ? Les utopies sociales, le contrôle politique, le sentiment de responsabilité semblent épuisés. Et on ne réglera pas la question en cherchant à étouffer la puissance de la technique. Car le danger ne vient pas de la technique elle-même. Le véritable danger provient de notre incapacité à donner une forme authentiquement humaine aux transformations que l'innovation suscite. S'il nous appartient d'envisager l'avenir comme un progrès possible, comment s'y prendre dans le contexte de l'anthropocène, de la mondialisation, de la transformation numérique ? Le présent essai vise à instruire ces questions avec méthode et propose d'abandonner la croyance dans nos chimères technolibérales contemporaines pour une véritable pensée de la transformation.

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