18 mars 1962 : signature des accords d'Evian

18 mars 1962  : fin de la Guerre d'algérie
  • La guerre d'indépendance algérienne a constitué le théâtre de l'une des politiques de déplacement forcé de civils parmi les plus massives du XXe siècle. De 1955 à 1961, l'armée et l'administration française ont organisé le « regroupement » de plus de deux millions d'Algériennes et d'Algériens dans quelque deux mille camps. Il s'agissait d'abord de priver le FLN de tout soutien logistique et politique, de placer sous surveillance une population suspecte de soutenir les insurgés. Si certains responsables militaires et civils les ont considérés comme l'outil d'une modernisation à marche forcée du bled, la politique de regroupement accéléra surtout la dépaysannisation et la déstructuration d'une société algérienne déjà profondément bouleversée par un siècle et demi de colonisation française.

  • Au cours de ses recherches, l'auteur a rencontré de nombreux jeunes désireux d'interroger ces traces pour comprendre leurs origines, leurs identités et la société française. En pansant les plaies du passé, leurs quêtes nous aident à penser la société française. Parce qu'ils sont la solution, ce livre leur donne la parole Sur la base d'une enquête auprès de 3 000 jeunes âgés de 18 à 25 ans et après une centaine d'entretiens avec des petits-enfants d'appelés, de Pieds-noirs, de Harki, de Juifs d'Algérie, de militants au FLN ou à l'OAS, on comprend vite que 39% des jeunes Français ont un lien familial avec la guerre d'Algérie et doivent affronter ses conséquences intimes et politiques. Cet ouvrage permet à la fois de faire le constat de ce que les jeunes savent et retiennent de la colonisation et de la guerre d'Algérie, de ce qui a été transmis dans les familles et de la façon dont cette nouvelle génération interprète, négocie et utilise les traces de cette histoire avec lesquelles nous vivons encore.

  • La colonisation et la guerre d'inde´pendance sont une se´quence centrale dans la construction nationale et e´tatique aussi bien de la France que de l'Alge´rie. Dans une e´closion re´volutionnaire, l'Alge´rie he´roi¨se le peuple leve´ comme un seul homme, tandis que la France peine a` accueillir ceux qui ont fait l'expe´rience de l'Alge´rie coloniale. Au sein des deux sociétés, l'ensemble des acteurs expriment des narrations et des exigences me´morielles plurielles, parfois antagonistes. Chacun prend le fragment dans lequel il se reconnai^t, participant de la construction d'une me´moire-puzzle, en dehors d'une vision globale de ce que fut l'entreprise coloniale.
    En pleine actualite´ me´morielle, cet ouvrage propose de quitter le terrain passionnel et les instrumentalisations politiciennes et de de´placer le regard sur les agissements du passe´ en transmission et toujours en mouvement. Les contributions re´unies ici interrogent les traces de la colonisation, de la guerre d'inde´pendance et de leurs me´moires dans diffe´rents domaines et diffe´rents milieux.
    Une de´marche ne´cessaire qui ouvre un champ et renouvelle le de´bat.

  • Le 18 mars 1962, les accords d'Évian sont signés. Soixante ans après, voici, extraits des archives diplomatiques françaises, les procès-verbaux des pourparlers qui ont mis fin à huit ans de guerre et ont abouti à une paix fragile et à l'indépendance de l'Algérie. Ces documents illustrent les vicissitudes et les difficultés de la relation franco-algérienne ; ils révèlent dix-huit mois de discussions, où dans le plus grand secret, émissaires et membres du gouvernement ont négocié avec les représentants du Front de Libération nationale. À la suite de l'introduction générale de Maurice Vaïsse, Sadek Sellam et Chantal Morelle éclairent ces négociations d'un double point de vue algérien et français.
    Ce volume comporte aussi la conclusion des pourparlers d'Évian, de courtes biographies des négociateurs, ainsi qu'une chronologie très détaillée, élaborée par Olivier Delorme.

  • Cet ouvrage brasse les derniers mois de "l'Empire" et apporte une réponse à de nombreuses questions demeurées en suspens. Oui, avant même les accords d'Evian, des contacts entre l'Etat français et le FLN ont eut lieu contre l'OAS et les populations réfractaires à l'indépendance. Oui encore, il y a eu un engagement commun contre le maquis de l'Ouarsenis.
    Un ordre a été effectivement donné pour ouvrir le feu contre des civils, rue d'Isly à Alger, le 26 mars 1962. Un général français à bien refusé de voir les massacres d'Oran et de venir en aide aux victimes. Le livre s'attarde également sur le refus de la métropole d'accueillir les harkis et autres supplétifs au service de la France. Sur son indifférence, également, devant l'exode des pieds-noirs. Cet ouvrage, nourri de sources inédites, fait la lumière sur la fin crépusculaire de l'Algérie française.

  • Grands discours ; la guerre d'Algérie

    Charles de Gaulle

    • Points
    • 24 February 2011

    "Je vous ai compris !" C'est ainsi qu'en 1958 Charles de Gaulle tente de rassurer les Français d'Algérie, sans pour autant prendre clairement position dans le conflit qui déchire le pays depuis bientôt quatre ans. La détermination du Gouvernement provisoire algérien qui déclare vouloir mettre fin à "l'ère de l'asservissement et de l'esclavage" laisse désormais peu d'espoir aux visées colonialistes de la France. L'onde de choc se propage jusque dans les cercles intellectuels français où la bataille fait rage entre les partisans d'une libération du peuple algérien et les tenants de l'écrasement de la " rébellion algérienne ". Des discours qui ont marqué l'Histoire, par des figures d'exception.

  • Pieds-Noirs : les bernés de l'histoire

    Alain Vincenot

    • Archipel
    • 3 March 2022

    Accords d'Évian, le grand fiasco.

    Censés mettre un terme immédiat à huit années de guerre, réconcilier des communautés qui s'étaient fracturées et jeter les bases d'une Algérie nouvelle, les accords d'Évian, signés le 18 mars 1962, allaient tirer un trait sur tout ce que les pieds-noirs étaient et sur tout ce qu'ils avaient fait.
    Mais les cent onze articles de ces accords ne seront jamais respectés. Jusqu'au 5 juillet 1964, date de départ du dernier contingent, près de six cents militaires français seront tués ou disparaîtront. Plus de quatre-vingt mille harkis qui servaient dans l'armée française seront massacrés dans des conditions effroyables. Quant aux pieds-noirs de toutes conditions, une vague d'assassinats, de viols et d'enlèvements les attend. En quelques semaines, plus d'un million d'entre eux fuiront ce pays qu'eux et leurs aïeux avaient bâti, mais qui ne voulait plus d'eux. Tel était l'objectif : les chasser d'Algérie, ne leur laissant d'autre choix que « la valise ou le cercueil ».
    Ce livre donne la parole à ces hommes et ces femmes, victimes du cynisme du gouvernement français et des engagements non tenus des autorités algériennes. Ces pieds-noirs à qui l'on avait présenté les accords d'Évian comme une étape vers un monde plus juste. Leur témoignage illustre l'étendue de ce fiasco.

  • Algérie 1962 : une histoire populaire

    Malika Rahal

    • La decouverte
    • 6 January 2022

    En Algérie, l'année 1962 est à la fois la fin d'une guerre et la difficile transition vers la paix. Mettant fin à une longue colonisation française marquée par une combinaison rare de violence et d'acculturation, elle voit l'émergence d'un État algérien d'abord soucieux d'assurer sa propre stabilité et la survie de sa population. Si, dans les pays du Sud, cette date est devenue le symbole de l'ensemble des indépendances des peuples colonisés, en France, 1962 est connue surtout par les expériences des pieds-noirs et des harkis. En Algérie, l'historiographie de l'année 1962 se réduit pour l'essentiel à la crise politique du FLN et aux luttes fratricides qui l'ont accompagnée. Mais on connaît encore très mal l'expérience des habitants du pays qui y restent alors.
    D'où l'importance de ce livre, qui entend restituer la façon dont la période a été vécue par cette majorité. L'année 1962 est scandée par trois moments : cessez-le-feu d'Évian du 19 mars, Indépendance de juillet, proclamation de la République algérienne le 25 septembre. L'histoire politique qu'ils dessinent cache des expériences vécues, que restitue finement Malika Rahal au fil d'une enquête mobilisant témoignages, autobiographies, photographies et films, chansons et poèmes. Émerge ainsi une histoire populaire largement absente des approches classiques : en faisant place au désespoir des Français d'Algérie dont le monde s'effondre - désarroi qui nourrit la violence de l'OAS -, elle relate le retour de 300 000 réfugiés algériens de Tunisie et du Maroc, la libération des camps de concentration où était détenu un quart de la population colonisée, ou la libération des prisons, ainsi que les spectaculaires festivités populaires. L'ouvrage décrit des expériences collectives fondatrices pour le pays qui naît à l'Indépendance : la démobilisation et la reconversion de l'Armée de libération nationale, la recherche des morts et disparus par leurs proches, l'occupation des logements et terres laissés par ceux qui ont fui le pays. Une fresque sans équivalent, de bout en bout passionnante.

  • Le putsch d'Alger

    Maurice Vaïsse

    • Odile jacob
    • 31 March 2021

    Radio-Alger, 22 avril 1961 : « Ici Radio-France. L'armée a pris le contrôle de l'Algérie et du Sahara... » C'est le début du putsch des généraux, et du récit palpitant qu'en fait dans ce livre Maurice Vaïsse. L'événement est bref : quatre jours, cinq nuits. Mais il renvoie à un temps plus long : celui de la crise qui couve dans l'armée et conduit à cet épisode saillant de la guerre d'Algérie, celui, aussi, de ses conséquences.
    Après 1940, la distinction entre le militaire et le politique se brouille : la Seconde Guerre mondiale et les conflits de décolonisation inversent les rapports, à la suite de crises à répétition opposant l'armée à la nation, jusqu'au putsch. Pourquoi cet échec ? Quelles en sont les séquelles ? L'ambition de cet ouvrage est de prendre la mesure de l'événement et de le replacer dans l'histoire, française et internationale.
    Maurice Vaïsse renouvelle ici une enquête inaugurée il y a quarante ans, cette fois avec la ressource d'archives alors inaccessibles. Il y a dans son livre les faits et la rigueur de l'analyse. On y perçoit aussi l'émotion d'un homme à qui l'Algérie n'est pas étrangère - il y est né et s'y trouvait en 1961 - et dont on sent la gorge nouée devant ce drame.
    De documents en témoignages, il restitue la dimension humaine du putsch, constamment présente?: dans l'attitude et les propos du général de Gaulle, les attentes des populations, les motivations et le comportement des officiers généraux - avec la dimension presque tragique du conflit des devoirs et des fidélités, et les désarrois de l'«?honneur?».
    Un livre de référence sur le putsch et sur de Gaulle.

  • 60 ans après les accords d'Évian

    ,

    • Erick bonnier
    • 17 March 2022

    Il y a soixante ans étaient signés les accords d'Évian qui ont mis fin à la guerre entre la France et l'Algérie et enclenché le processus d'indépendance de l'Algérie après 132 ans de colonisation. Ce livre revient sur les coulisses des négociations et rend hommage à une laborieuse construction ayant mené à une percée diplomatique marquée par la primauté du droit, du compromis et de la liberté pour bâtir un avenir meilleur.

    Si le travail sur l'histoire, sur la compréhension des mécanismes coloniaux et sur la reconnaissance des faits est essentiel, il se révèle cependant insuffisant pour guérir les blessures et répondre aux quêtes identitaires que partagent l'ensemble des acteurs. Aujourd'hui, en tant qu'enfants et petits-enfants des accords d'Évian, il apparaît important d'aller au-delà en engageant des dialogues sereins entre les différents héritiers de cette Histoire. Ainsi, en rassemblant les récits d'une variété porteurs de mémoire - témoins ou leurs proches, universitaires, journalistes et membres de la société civile affranchis de toute tutelle - cet ouvrage se veut une contribution à la construction d'une nouvelle relation autour d'un récit pluriel et apaisé.

  • En mars 1957, la presse annonce la mort à Alger d'un « petit avocat musulman » : « Qui a tué Me Boumendjel ? » On s'interroge sur un faux suicide. Mais que faisait donc ce « modéré » de trente-huit ans entre les mains des « paras » ? Pourquoi a-t-il été assassiné, comme le reconnaîtra le général Aussaresses en 2001 ?
    Cette affaire est à la fois une histoire française, qui a secoué les intellectuels français, et une histoire algérienne, celle d'un héros et d'un martyr. Dans ce livre, l'une et l'autre éclairent d'une lumière nouvelle les récits existants. Au mépris qu'Aussaresses exprime à l'encontre de cet intellectuel, aux abracadabrantes explications qu'il donne de son arrestation, Malika Rahal oppose un travail d'historienne. Et à l'histoire dominante algérienne, qui intègre Ali Boumendjel parmi ses martyrs en schématisant son parcours, elle oppose la richesse d'une biographie familiale, la complexité d'un engagement politique nuancé et d'un idéal algérien et républicain partagé par nombre de nationalistes d'alors.
    Ce n'est qu'en mars 2021 que le président de la République française a reconnu qu'Ali Boumendjel a été « torturé puis assassiné » après avoir été « arrêté par l'armée française ». Cette biographie, initialement publiée en 2010 et actualisée, constitue dès lors une référence majeure.

  • Après avoir présenté et analysé dans un précédent ouvrage la conquête de l'Algérie par la France et comment s'est construite cette colonie jusqu'en 1914, Jacques Frémeaux s'attache ici aux événements qui, depuis la Première Guerre mondiale, ont conduit à la lutte armée et à la proclamation de l'indépendance du pays en 1962.
    Un ordre colonial fondamentalement inégalitaire, l'absence d'une croissance économique suffisante et une population algérienne en augmentation très rapide, des mutations sociales, une légitimité politique française contestée, la guerre engagée avec les forces révolutionnaires, la montée en puissance du FLN... N'éludant aucun sujet, n'épargnant aucun protagoniste, mais sans entrer dans des polémiques qui engageraient un camp ou l'autre, l'auteur relate de façon claire, précise et condensée une histoire longue et complexe, et montre le caractère inéluctable de ce qui s'est produit.
    Ce livre très documenté aborde et décrypte sans concession la réalité d'une mémoire coloniale douloureuse de part et d'autre. C'est le prélude nécessaire à toute volonté de réconciliation, le seul moyen acceptable d'y parvenir.

  • Peut-on raconter autrement l'histoire de la guerre d'Algérie? L'ambition de ce livre : rapporter, à partir de toutes les sources possibles, un récit, lisible par tous, de cette guerre telle qu'elle a été vue, vécue et relatée par les Algériens, et en premier lieu par les militants et combattants indépendantistes. Comme l'aurait fait, en historien, un hypothétique envoyé spécial français de l'autre côté de la «ligne de front» pendant le conflit.
    Ce changement de perspective permet de jeter un regard neuf sur ce qu'on appelle généralement, du côté algérien, la guerre d'indépendance, la guerre de libération nationale ou la Révolution. Qu'il s'agisse des dates essentielles, du nombre des victimes, du déroulement des batailles, du comportement des populations civiles, des rapports entre Européens et Algériens, de l'utilisation de la violence ou de la torture, des objectifs de la lutte ou, bien sûr, des «héros», tous les aspects du conflit, et notamment les plus tragiques, prennent un jour totalement différent, et très instructif, dès qu'on le considère à partir de ce seul point de vue.
    Ce qui permet aussi d'éclairer d'un jour nouveau le destin contemporain de l'Algérie.

  • Peut-on raconter autrement l'histoire de la guerre d'Algérie ?
    L'ambition de ce livre est de rapporter, en se fondant sur toutes les sources possibles et en particulier sur des documents inédits ou difficilement accessibles, un récit de cette guerre telle qu'elle a été vue, vécue et relatée par les Algériens, et en premier lieu par les combattants indépendantistes. Ce second volume, qui s'ouvre avec l'assassinat d'Abane Ramdane par les autres chefs du FLN, au lendemain de la bataille d'Alger, et va jusqu'à l'indépendance et les implacables luttes pour le pouvoir qu'elle entraîne, confirme que, sous ce regard neuf, la plupart des aspects du conflit prennent un tour totalement différent.
    Le temps de la politique et des négociations en vue de mettre un terme au conflit, quand l'aspect militaire du combat devient peu à peu moins essentiel, sera en effet aussi celui de profonds bouleversements, ignorés du côté français, au sein du FLN. Des bouleversements provoquant des affrontements dont les premiers bénéficiaires seront Ahmed Ben Bella et Houari Boumediene au cours de l'été 1962, mais dont les conséquences se font sentir jusqu'à aujourd'hui.

  • La guerre d'Algérie

    Guy Pervillé

    • Que sais-je ?
    • 14 April 2021

    En France, il a fallu attendre la loi du 16 octobre 1999 pour que l'expression « guerre d'Algérie » soit officiellement reconnue. De 1954 à 1962, l'euphémisme « opérations de maintien de l'ordre » permettait de ne pas reconnaître le statut de belligérants à ceux que l'État considérait comme des « rebelles », des « terroristes »...
    Dans une perspective centrée sur la France, et en partant de la chronologie des faits, Guy Pervillé retrace l'histoire d'une décolonisation douloureuse. Plus de quarante ans après les accords d'Évian, il interroge nos difficultés à normaliser les rapports francoalgériens.

  • Papa, qu'as-tu fait en Algérie ? : enquête sur un silence familial

    Raphaëlle Branche

    • La decouverte
    • 17 February 2022

    De 1954 à 1962, plus d'un million et demi de jeunes Français sont partis faire leur service militaire en Algérie. Mais ils ont été plongés dans une guerre qui ne disait pas son nom. Depuis lors, les anciens d'Algérie sont réputés n'avoir pas parlé de leur expérience au sein de leur famille. Le silence continuerait à hanter ces hommes et leurs proches. En historienne, Raphaëlle Branche a voulu mettre cette vision à l'épreuve des décennies écoulées depuis le con?it.
    Fondé sur une vaste collecte de témoignages et sur des sources inédites, ce livre remonte d'abord à la guerre elle-même : ces jeunes ont-ils pu dire à leurs familles ce qu'ils vivaient en Algérie ? Ce qui s'est noué alors, montre Raphaëlle Branche, conditionne largement ce qui sera transmis plus tard. Et son enquête pointe l'importance des bouleversements qu'a connus la société française sur ce qui pouvait être dit, entendu et demandé à propos de la guerre d'Algérie.
    Grâce à cette enquête, c'est plus largement la place de cette guerre dans la société française qui se trouve éclairée : si des silences sont avérés, leurs causes sont moins personnelles que familiales, sociales et, ultimement, liées aux contextes historiques des dernières décennies. Avec le temps, elles se sont modi?ées et de nouveaux récits sont devenus possibles.

  • La France en Algérie... Une histoire longue et douloureuse, dont les conséquences se font encore sentir dans les événements qui touchent les deux pays, liés pour le meilleur et pour le pire depuis près de deux siècles. Mais sait-on vraiment comment tout a commencé ?
    Du débarquement de l'armée d'Afrique à Sidi Ferruch, en 1830, jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale, l'auteur raconte les étapes de l'établissement de la France en Afrique du Nord.
    Pour les Algériens d'aujourd'hui, cette période est celle d'une très dure conquête, de la perte de leurs meilleures terres, de l'installation d'un régime oppressif et injuste. Les Français la méconnaissent trop souvent, quand ils n'en rejettent pas les fautes sur les seuls colons. Cependant, en 1914, le système colonial paraît solide, fondé sur une administration efficace, une certaine collaboration des élites musulmanes, le dynamisme des colons et la résignation des paysans algériens. La réalité est plus complexe, l'équilibre plus fragile qu'on ne pense.
    Analysant la mentalité des hommes qui ont déclenché la conquête et de ceux qui ont résisté, la violence qui se déchaîne des deux côtés, les erreurs manifestes et les bonnes intentions parfois funestes, cet essai montre les résultats des mauvais choix, nés de l'incompétence des dirigeants et de l'ignorance des peuples. Il nous permet de mieux comprendre la force et la complexité des relations qui persistent entre les deux pays.
    Ces dernières sont étudiées dans un second volume, Algérie 1914-1962. De la Grande Guerre à l'Indépendance.

  • L'apprentissage de la démocratie en Algérie 1988/1992

    Myriam Ait-Aoudia

    • Presses de sciences po
    • 15 October 2015

    Plus de vingt ans avant le « printemps arabe », le régime du parti unique s'est subitement effondré en Algérie pour laisser place à un système pluripartisan. Comment cette première expérience démocratique de la région s'est-elle organisée ? Et comment a-t-elle échoué trois ans plus tard ?

    L'ouvrage reconstitue ce processus, à partir d'un matériau d'une ampleur inégalée : entretiens avec les responsables des principaux partis politiques (FLN, FIS, RCD, FFS), des ministres, des généraux, des fonctionnaires locaux et départementaux ; décryptage de nombreuses archives originales (du FIS et du ministère de l'Intérieur notamment), de la presse et de textes juridiques. Il retrace la mise en place des nouvelles règles du jeu politique, la sélection des acteurs habilités à participer à la compétition électorale, les apprentissages politiques soutenant la construction d'un système partisan pluraliste, les alternances de confiance et de méfiance.

    Tel un laboratoire du changement démocratique, où s'éprouvèrent toutes les conditions nécessaires à ce passage, l'expérience algérienne n'a résulté ni d'un simple basculement, ni d'une évolution linéaire consécutive à une crise de régime. Mais plutôt d'un processus erratique et imprévisible livrant à chaque étape de nouvelles configurations d'acteurs pris collectivement dans une dynamique que personne ne maîtrisait.

    Un livre clé pour comprendre la place singulière de l'Algérie ainsi que sa « stabilité » lors des « révolutions arabes ». Une grille d'analyse pour porter un regard plus averti sur les bouleversements actuels du monde arabe.

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