Coups de coeur

  • En 1921, Françoise Frenkel, une jeune femme passionnée par la langue et la culture françaises, fonde la première librairie française de Berlin, «La Maison du Livre».
    Rien où poser sa tête raconte son itinéraire : contrainte en 1939 de fuir l'Allemagne, où il est devenu impossible de diffuser livres et journaux français, elle gagne la France, où elle espère trouver refuge. C'est en réalité une vie de fugitive qui l'attend, jusqu'à ce qu'elle réussisse à passer clandestinement la frontière suisse en 1943.
    Le récit, écrit en français, qu'elle en tire aussitôt dresse un portrait saisissant de la France du début des années quarante.
    De Paris à Nice, en passant par Avignon, Vichy, Grenoble, Annecy, Françoise Frenkel est témoin de la violence des rafles et vit sans cesse menacée en raison de ses origines juives. Tantôt dénoncée, tantôt secourue, incarcérée puis libérée, elle découvre des Français divisés par la guerre dont elle narre le quotidien avec objectivité.
    Rien où poser sa tête, soixante-dix ans après sa publication en 1945 à Genève, conserve, miraculeusement intacts, la voix, le regard, l'émotion d'une femme qui réussit à échapper à un destin tragique.

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    Une libraire juive polonaise, ambassadrice de la pensée française dans l'Allemagne nazie

    Extrait : « De mon séjour à Berlin, je revois une suite de faits hallucinants : les 1ers défilés silencieux des futures chemises brunes ; la transformation rapide des enfants allemands en larves agitées de la Jeunesse hitlérienne… »

    Mon avis : Une libraire juive polonaise ambassadrice de la pensée française dans l'Allemagne nazie. Réfugiée en France, l'étau se resserre, elle rêve de fuir en Suisse, dénonciations, incarcérations, et passeurs véreux l’attendent…

    Un témoignage fort et émouvant, à la résonnance très actuelle.

    Stéphane

  • Lauréate de la loterie des visas, Akunna quitte le Nigeria pour les États-Unis ; elle y découvre un pays qui a bien peu à voir avec celui de ses attentes. À Kano, dans le nord du Nigeria, une violente émeute intercommunautaire réunit deux femmes que tout sépare : une marchande d'oignons musulmane et une étudiante issue de la bourgeoisie chrétienne de Lagos. Dans Nsukka blanchie par l'harmattan, James Nwoye, ancien universitaire au soir de sa vie, repense au rêve biafrais et attend, la nuit, les visites de sa femme défunte, qui vient caresser ses jambes fatiguées...
    Voici quelques-uns des personnages des nouvelles d'Adichie ; ils composent une image complexe et riche de la réalité nigériane d'aujourd'hui, qui prend ses racines dans le passé et se prolonge dans l'expérience de l'émigration, une plongée émouvante, souvent poignante, tour à tour terrible et drôle, toujours vibrante d'humanité.

    L'équipe de la librairie vous conseille

    Notre avis : Qu’elle parle du déclassement ou de l’exil solitaire d'un migrant aux États-Unis, des maris volages ou de la rencontre involontaire de deux femmes que tout sépare (ethnie, religion, éducation, condition sociale) pendant une violente émeute raciale; ou qu’elle fasse surgir l’ombre de la guerre du Biafra, il règne dans cette très belle série de nouvelles de la jeune romancière nigériane Chimamanda Ngozi Adichie, un ton juste et une vraie tristesse : celle des femmes humiliées, oubliées, violée;  celle des enfants morts et des vies brisées dans le silence des dictatures.  Une grande romancière : Un très beau livre d'une romancière déjà primée aux États-Unis pour ses précédents romans L'Hibiscus pourpre et L'Autre moitié du soleil, ou plus récemment Americanah, tous publiés chez Gallimard

    Marie

  • L'ordre du jour

    Eric Vuillard

    L'Allemagne nazie a sa légende. On y voit une armée rapide, moderne, dont le triomphe parait inexorable. Mais si au fondement de ses premiers exploits se découvraient plutôt des marchandages, de vulgaires combinaisons d'intérêts ? Et si les glorieuses images de la Wehrmacht entrant triomphalement en Autriche dissimulaient un immense embouteillage de panzers ? Une simple panne ! Une démonstration magistrale et grinçante des coulisses de l'Anschluss par l'auteur de "Tristesse de la terre" et de "14 Juillet" qui lui a valu le prix Goncourt 2017.

    L'équipe de la librairie vous conseille

    Notre avis : L'Ordre du jour est de ces livres auxquels on repense souvent après les avoir refermés. On y repense émerveillé par l'écriture et sidéré par la teneur des épisodes historiques qu'il met en récit. Eric Vuillard a retenu quelques faits peu connus qu'il fait revivre à la manière de saynètes confinant à la farce voire au dérisoire mais au cours desquels l'élite économique et politique a concrètement laissé le champ libre au nazisme.

    Julie

  • Mêlant la bande dessinée avec des textes clairs et pleins d'humour, ce roman graphique transforme la « science obscure » de l'économie en une histoire amusante et accessible à tous.

    De la naissance du capitalisme à la crise financière de 2008, Economix nous raconte pour la première fois en BD l'histoire de l'économie mondiale.
    D'où vient la dette ? Peut-on retrouver la croissance ? Le plein emploi ? Est-ce que l'on vit mieux que nos grands-parents ? Pourquoi la crise ? Pourquoi le mouvement Occupy Wall Street ?

    Cette BD/document d'un nouveau genre explore trois siècles de pratiques économiques. Elle raconte la mondialisation, les grands penseurs, les impasses et les rebonds, l'impact des guerres, des changements climatiques ou des pénuries de ressources.

    Clair et pédagogique, tout en images, avec l'humour en prime, Economix est indispensable dans toutes les bibliothèques. Comprendre l'économie, c'est maîtriser notre destin.

    Un ouvrage pédagogique incontournable

    340 pages, il n'en fallait pas moins pour aborder l'histoire de l'économie du XVIIe siècle à aujourd'hui ! Best-seller aux Etats-Unis, Economix traite, avec beaucoup d'humour et de rigueur, des tournants économiques historiques et les thèses de grands auteurs classiques. Les théories d’Adam Smith, l’un des fondateurs du libéralisme économique, de David Ricardo, père du libre-échange, ou encore celles du très célèbre John Maynard Keynes, penseur de la macroéconomie keynésienne, sont largement détaillées et expliquées. Sans oublier des économistes plus contemporains, tel Thomas Piketty, auteur à succès du Capital au XXIe siècle. En un mot :  La crise économique de 1929, l’industrialisation, l’émergence de Wall-street... n’auront plus de secrets pour vous.  

    Stéphane

  • Quinze ans après les événements racontés dans La Servante écarlate, roman dystopique désormais culte, le régime théocratique de la République de Galaad a toujours la mainmise sur le pouvoir, mais certains signes ne trompent pas : il est en train de pourrir de l'intérieur. À ce moment crucial, les vies de trois femmes radicalement différentes convergent, avec des conséquences potentiellement explosives.
    Avec Les Testaments, Margaret Atwood poursuit l'histoire de Galaad dans un savant mélange de suspense, de vivacité et de virtuosité.

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    L'équipe de la librairie des Sciences-Politiques vous conseille

    Mon avis : Presque 35 ans après la publication de La Servante écarlate, Margaret Atwood nous fait revenir à Galaad dans cette suite tant attendue. A travers trois narratrices, nous découvrons toutes les facettes de la vie des femmes sous ce régime fondamentaliste et comment, avec l’aide de certaines, il a été mis en place. Nous en apprenons plus sur les "Tantes" qui surveillent, dirigent et choisissent tout ce qui a trait à la vie des femmes, une occupation bien trop triviale pour les hommes. Après-tout, qui de mieux placées que des femmes pour contrôler d'autres femmes ? En un mot : Encore plus glaçant, cette suite de La Servante écarlate nous interroge sur ce que nous sommes prêts à accepter pour survivre.

    Noémie

  • Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Galaad, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d'esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, servante écarlate parmi d'autres à qui l'on a ôté jusqu'à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de sa femme. Le soir, dans sa chambre à l'austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler... En rejoignant un réseau clandestin, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.
    Paru en 1985, La Servante écarlate est aujourd'hui un classique de la littérature anglo-saxonne et un étendard de la lutte pour les droits des femmes. Si la série adaptée de ce chef-d'oeuvre a donné un visage à Defred, celui d'Elisabeth Moss, cette nouvelle traduction révèle toute sa modernité ainsi que la finesse et l'intelligence de Margaret Atwood. La Servante est un roman polysémique, empli de références littéraires et bibliques, drôle même... et c'est à nous, lecteurs, de découvrir ses multiples facettes.

    Librairie des Sciences-Politiques vous conseille

    Une oeuvre intemporelle d'une grande force, qui se fait tour à tour pamphlet contre les fanatismes religieux, apologie des droits de la femme et éloge du bonheur présent. Dans la République de Gilaed – autrefois les États-Unis – sévit un régime fondamentaliste où les libertés individuelles ont été supprimées par le gouvernement monothéocratique. Faisant écho à Orwell, ce roman met l’accent sur le cauchemar que doivent endurer les femmes. Strictement contrôlées, on leur supprime la possibilité de gagner leur vie. Pire, elles sont compartimentées en classes sociales rigides. Dans les catégories acceptées: les « Épouses » (chastes, elles sont au sommet de l’échelle sociale); les « Marthas » (domestiques, elles sont stériles), les « Servantes » (elles peuvent se reproduire) ; les catégories réprouvées se composent quant à elles des « Non-femmes » et des « Jezebels », qui réunissent toutes les formes de déviance (intellectuelles, prostituées, lesbiennes etc.) La narratrice Offred, est une servante qui se souvient de son passé, et qui n’arrive pas à se conformer au rôle qui lui est assigné. La résistance des bas-fonds s’organise...

    Stéphane

  • Longtemps passées sous silence, la sexualité dans les empires coloniaux et la domination sur les corps apparaissent aujourd'hui comme des sujets de recherches majeurs. Les héritages de cette histoire font désormais débats dans nos sociétés de plus en plus métissées et mondialisées. Six siècles d'histoire ont construit des imaginaires, des fantasmes et des pratiques analysés dans cet ouvrage au fil des cinquante contributions de spécialistes internationaux.
    Coordonné par un collectif paritaire de dix chercheur.e.s de plusieurs disciplines, l'ouvrage Sexualités, identités et corps colonisés tisse des liens entre passé et présent, et explore les nombreuses facettes de cette histoire. La publication de Sexe, race & colonies en 2018 a initié débats et polémiques, mais a aussi reçu un écho sans précédent. Ce nouveau livre va plus loin.
    Aux quinze articles majeurs du précédent ouvrage, réédités pour les rendre accessibles au plus grand nombre, ont été ajoutées trente contributions inédites éclairant la transversalité de cette question dans tous les empires coloniaux jusqu'aux sociétés postcoloniales actuelles. Ce livre permet de saisir comment la sexualité et les hiérarchies raciales ont été consubstantielles à l'organisation du pouvoir dans les empires et à l'invention d'imaginaires transnationaux. Déconstruire les regards coloniaux qui sont omniprésents dans nos représentations suppose de regarder en face cette hégémonie sexuelle mondialisée et ce passé, aussi complexe soit-il. C'est à ce prix qu'une décolonisation des imaginaires sera possible.

    Quand la domination construit un imaginaire

    Extrait de la post-face de Leïla Slimani: « Nos sociétés occidentales sont obsédées par les questionnements identitaires, par la nostalgie d’un âge d’or. Mais nous devrions plutôt nous demander qui est l’«Autre » ? C’est la leçon de cet ouvrage.»   Mon avis : Fascinant et dérangeant à la fois, cet ouvrage très complet éclaire notre perception formatée de l’ « Autre », en nous confrontant à nos représentations passées, animalisées, racistes et/ou pornographiques, des peuples que nous avons colonisés. Des images qui, inconsciemment, nourrissent encore nos réticences et conditionnent nos rejets.

    Stéphane

  • Longtemps en Europe, le roi des animaux ne fut pas le lion mais l'ours, admiré, vénéré, pensé comme un parent de l'homme. Les cultes dont il a fait l'objet plusieurs dizaines de millénaires avant notre ère ont laissé des traces dans l'imaginaire et les mythologies jusqu'au cour du Moyen Âge chrétien. De bonne heure, l'Église chercha à les éradiquer, effrayée par la force brutale du fauve, et surtout par la croyance selon laquelle il était sexuellement attiré par les jeunes filles.
    Michel Pastoureau retrace les différents aspects de cette lutte de l'Église contre l'ours pendant près d'un millénaire : massacres, diabolisation, humiliation et promotion du lion sur le trône animal. Inscrivant l'histoire culturelle de l'ours dans la longue durée, il tente ainsi de cerner ce qui, jusqu'à nos jours, a survécu de son ancienne dignité royale et retrace l'étonnante transformation d'un fauve en ours en peluche, dernier écho d'une relation passionnelle venue du fond des âges.

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    Librairie des Sciences-Politiques vous conseille

    Notre avis : Voilà en format poche l’histoire étonnante et mouvementée du roi des animaux, non pas le lion comme on pourrait s’y attendre, mais l’ours, bien sûr. Mais comment cet animal majestueux, vénéré depuis la préhistoire, héros des mythes grecs et celtes, est-il devenu à partir du XIIIe siècle un animal de cirque et de foire muselé, le lourdaud dont se moquent fables et proverbes ? Allez, quelques indices : trop bestial ? Trop sexuel ? Des grottes de Lascaux au Teddy-Bear américain, un récit passionnant, du miel pour tous publics…

    Stéphane

  • « Les murs du Palazzo pubblico de Sienne s'embrument d'une menace, qui pèse sur le régime communal [...]. Or cette sourde subversion de l'esprit public, qui ronge nos certitudes, comment la nommer ? Lorsque manquent les mots de la riposte, on est proprement désarmé : le danger devient imminent. Lorenzetti peint aussi cela : la paralysie devant l'ennemi innommable, le péril inqualifiable, l'adversaire dont on connaît le visage sans pouvoir en dire le nom ».

    P. B.

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    L'équipe de la librairie vous conseille

    Pour une lecture politique des images de la fresque dite « du bon gouvernement » de Lorenzetti. Elle fut peinte en 1338 dans le Palais public de Sienne qui donne sur la place du Campo. En ce temps-là, Sienne était une cité-État gouvernée par Neuf prudents seigneurs qui formaient le pouvoir exécutif du régime du peuple et qui, 50 ans durant, allaient assurer une stabilité au gouvernement de Sienne. Ce sont eux qui firent paver la place du Campo en 9 segments (du chiffre 9, leur signature) qui forment une coquille et confièrent à Lorenzetti le soin de décorer la salle de la Paix dans laquelle ils se réunissaient. Mais pourquoi, précisément à cette époque, les Neuf éprouvèrent-ils le besoin de faire réaliser cette fresque ? N’y voir aucune autocélébration : ils n’y sont pas représentés. En fait la menace pèse alors sur Sienne: quelques grandes villes italiennes ont été « reprises » par des puissances seigneuriales territoriales et Sienne tente de résister, mais l’union se fissure. Pendant longtemps les chroniqueurs ont vu dans cette fresque l’évocation dramatique de la paix et de la guerre. Patrick Boucheron en propose une autre lecture. Pour lui les Neufs veulent exprimer que « gouverner et défendre la Commune (le partage du pouvoir) et le Peuple » est leur combat et que le gouvernement est en danger. Avec cette fresque, ils tentent de diffuser à tous, un message lisible d’autojustification pour « conjurer la peur ». Après avoir lu cet ouvrage, vous ne verrez plus Sienne de la même manière.

    Stéphane

  • L'équipe de la librairie vous conseille

    Un personnage influent bien au-delà de son époque ! "On n'entre pas dans Saint Ambroise comme dans une église. Pour tenter d'appréhender cet évèque de Milan du IVe siècle après J.-C., l'un des quatre pères de l' Eglise d'Occident.../... Un évèque, donc, qui organise son pouvoir par une emprise spatiale savante et obstinée avec, au centre du dispositif, la basilique Sant'Ambrogio. Un évèque qui ferraille contre les hérétiques et préserve jalousement son autorité contre celle de l'empereur Théodose. De quoi apparaître sur les étendards de la postérité.... Il faut s'immerger dans ce livre, fruit de qe quinze années de travail, ne pas se cabrer devant l'érudition parfois pointue, mais suivre avec confiance l'historien .../... qui prend toujours la peine de se retourner pour être sûr que le lecteur, qu'il associe à sa propre enquête et à ses interrogations, continue de lui emboiter le pas. "

    Gilles Heuré in Télérama n° 3606

  • Protestations, manifestations, émeutes, grèves ; crispation, défiance, dénonciations : depuis quelques années, la colère monte, les peuples ne cessent de rejeter l'autorité et paraissent de moins en moins gouvernables. Jamais le climat n'a été si tendu, laissant nombre de commentateurs dans la sidération. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quels éléments et circonstances ont fait naitre et entendre une telle rage, démultipliée sur les réseaux sociaux ?
    Les raisons de la révolte sont connues et liées aux dérives du libéralisme élu comme seul modèle politique (aggravations des inégalités, dégradations des conditions de travail, recul des services publics, mises à jour de scandales politiques...). Mais la violence avec laquelle elle se manifeste à présent est inédite car exprimée par un sujet nouveau : l'individu tyran. Né avec les progrès technologiques récents, l'apparition d'internet, du smartphone et les bouleversements induits par la révolution numérique (applications donnant le sentiment que le monde est à nos pieds, réseaux sociaux où ma parole vaut celle de tous, mon image magnifiée...), c'est un être ultra connecté, replié sur sa subjectivité, conforté dans l'idée qu'il est le centre du monde, qu'il peut tout savoir, tout faire, et voyant dans l'outillage technologique moderne l'arme qui lui permettra de peser sur le cours des choses. C'est le I de Iphone, le You de Youtube. Jamais combinaison n'aura été plus explosive : les crises économiques renforcent l'impression d'être dépossédé, la technologie celle d'être tout-puissant. L'écart entre les deux ne cesse de se creuser et devient de plus en plus intolérable. Les conséquences sont délétères : délitement du lien social, de la confiance, du politique ; montée du communautarisme, du complotisme, de la violence... Plane la menace d'un "totalitarisme de la multitude".
    Dans cet essai brillant, mené tambour battant, Eric Sadin livre une analyse neuve et tragiquement juste de l'effondrement de notre monde commun à travers une mise en perspective historique, politique, sociale, économique et technique unique. Mais il le fait pour mieux repenser les termes d'un contrat social capable de nous tenir, à nouveau, ensemble.

    L'équipe de la librairie de Sciences Po vous conseille

    Extrait : « Car toute expression qui met en défaut l’ordre supposé dominant est dorénavant tenue comme une victoire sociale, politique et culturelle. Se banalise le principe qui veut que rien ne saurait, en droit, être opposé à notre désir le plus profond, qu’il représente la quintessence la plus authentique de nous-mêmes, conduisant peu à peu à faire de la société un agrégat de subjectivités qui demandent à être reconnues dans leur extrême singularité par les autres -autant que par la loi. » Le sujet : Dans cet essai Eric Sadin revient sur la promesse, après-guerre, d’un monde plus heureux où chacun devait trouver sa place dans une société abondante, démocratique et juste.  Or dès les années 70 les premières déceptions surviennent accompagnées à partir des années 80 d’un sentiment grandissant d’écrasement des individus dans le capitalisme financier, individus de surcroît « collectivement isolés » par le « nouveau management ». L’explosion d'internet et du smartphone va soudain donner une voix et un pouvoir (illusion de l’autosuffisance) à chaque individu, chaque minorité, se sentant floués par tous les pouvoirs : politiques, économiques, sociaux. Complètement inscrit dans les débats actuels, analysant l’impact des divers réseaux sociaux, l’exaspération de la défiance envers les politiques, le désir d’en découdre, E. Sadin craint d'assister « à un divorce massif entre les individus et l’ordonnancement collectif, à l’apparition foisonnante de fractures subjectives craquelant de partout le socle commun » et en appelle à une politique « qui défendrait …/… le respect de la dignité et de l’intégrité humaine, le souci de garantir à tous équité et justice, de favoriser le meilleur épanouissement de chacun , de ne pas souiller la biosphère et nos corps » . En un mot : Un essai diablement stimulant !

    Marie

  • « Toutes les familles sont des sociétés secrètes. » En lisant ces mots, Alice reste frappée par leur justesse. Les secrets, les non-dits, elle connaît. Chez les Burns, on en a fait une spécialité. La dernière en date ? Cette révélation que son trader de frère, Adam, vient de lui faire depuis le parloir de sa prison... Et qui la ramène une quinzaine d'années en arrière. C'était l'Amérique des années 70, celle des droits civiques et des campus en ébullition. Un vent de liberté attisait les désirs et Alice rêvait d'évasion. C'était l'heure des choix. Les premières notes d'une symphonie à venir...

    L'équipe de la librairie de Sciences Po vous conseille

    Extrait : "J’ai conseillé à Papa de réciter une dizaine de chapelets pour se sentir mieux. En bon catholique irlandais, il m’a répondu d’aller me faire voir". Le sujet : Fille d’un père, catholique, irlandais, autoritaire tendance Mc Carthy et d’une mère juive new-yorkaise, un brin hystérique, Alice observe la discrimination et la violence en bande à l’égard des minorités, fait ses premiers pas à l’université, réalise la difficulté de rester intègre au sein d’un groupe, se passionne pour ses cours et l’un de ses professeurs, enfin découvre l’amour et ses méandres.  Mon avis : Beaucoup de fraîcheur mais aussi de profondeur dans ce roman qui fait revivre une Amérique violente dans ses racines puritanistes, celle des luttes pour les droits civiques et du rejet des minorités, celle de la guerre du Vietnam, du coup d’État au Chili, mais aussi celle de la libération des femmes, de l’homosexualité assumée, de la pop culture, de l’explosion des drogues et de la défonce. Un beau roman d’apprentissage doublé d’une peinture très réussie de l’Amérique des Seventies !

    Marie

  • Une situation stable, une famille unie : à quarante ans, Hajime ne peut imaginer existence plus agréable que la sienne. Lorsqu'il retrouve par hasard son premier amour de jeunesse, il sent néanmoins vibrer en lui un besoin de changement... Un roman empreint d'une grande poésie, ciselé par l'un des maîtres de la littérature nippone contemporaine.

    L'équipe de la librairie de Sciences Po vous conseille

    Extrait : « À cette époque-là, je ne savais pas encore qu’un jour je la blesserais irrémédiablement. Je ne savais pas que parfois un être humain peut en blesser un autre, par le seul fait d’exister et d’être lui-même…/…Bien entendu, en faisant du mal à Izumi, je m’en étais fait à moi-même. Je m’étais infligé une profonde blessure - bien plus profonde que je ne pouvais l’imaginer à ce moment-là …/…en définitive, je n’étais qu’un être humain ordinaire, capable de faire du mal ». Le sujet : Premier amour, première trahison, mariage, enfants, club de jazz et sentiment d’accomplissement personnel, tout semble réussir à Hajime, quand réapparaît un jour ce premier amour. Le temps s’emballe, rêveries et phantasmes l’envahissent au risque de pulvériser cette vie si réussie.  Mon avis : Roman de la solitude, roman de la maturité et de la douceur ? Un très joli texte sur les premières amours et leurs cortèges de rêves et de phantasmes, sur les blessures qu’il faut un jour dépasser, mais qui détruisent certains, sur le couple et sa capacité à renaître à lui-même.

    Marie

  • L'horreur du «califat » de Daesh au Levant entre 2014 et 2017 et son terrorisme planétaire ont été une conséquence paradoxale des «printemps arabes» de 2011. Pourtant ceux-ci avaient été célébrés dans l'enthousiasme des slogans démocratiques universels et de la «révolution 2.0».
    Comment s'est installé ce chaos, et peut-on en sortir pour de bon après l'élimination militaire de l'«État islamique»?
    Ce livre replace les événements en contexte, depuis la guerre d'octobre 1973 (du «Kippour» ou du «Ramadan»), suivie de l'explosion des prix du pétrole et de la prolifération du jihad, à travers ses trois grandes phases depuis l'Afghanistan et Al-Qaïda. Puis il propose le premier récit complet rétrospectif des six principaux soulèvements arabes, de la Tunisie à la Syrie.
    Il expose enfin lignes de faille et pressions migratoires en Méditerranée et au Moyen-Orient, et éclaire les choix décisifs qu'auront à faire Emmanuel Macron, Donald Trump ou Vladimir Poutine, ainsi que les peuples et les dirigeants de cette région - mais aussi les citoyens de l'Europe.

    Nourri de quatre décennies d'expérience, de séjours sur le terrain, avec des cartes inédites, Sortir du chaos est de la plume de Passion arabe et offre la précision de Terreur dans l'Hexagone - les deux grands succès récents de l'auteur.

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    Magistral : "LA" synthèse de 40 années de crises au Moyen-Orient et en Méditerranée !

    Nous serions bien à la peine s’il nous fallait dérouler le fill qui relie les événements qui se sont enchaînés/imbriqués depuis la guerre du Kippour et la crise pétrolière de 1973 à aujourd’hui ; des guerres d’Afghanistan aux attentats en Amérique et en Europe ; des printemps arabes à Daech; du chaos Libyen à la guerre civile en Syrie ou des multiples guerres ouvertes ou souterraines entre chiites et sunnites;  sans parler de l’incroyable imbroglio des alliances et contre-alliances entre Russes, américains, européens, Iraniens, Turcs, Saoudiens, Quatari, etc. dont les bonds et rebonds depuis une quinzaine d’années ont eu pour conséquences la dévastation des pays et des cohortes ininterrompues de réfugiés. L’immense mérite de Gilles Kepel est de nous restituer une chronologie sur le long terme, de dresser le portrait des acteurs, de leurs stratégies officielles et officieuses et de leurs intérêts ; de nous expliquer les raisons de leurs succès ou de leurs échecs, de tirer les conséquences prévues et imprévues des évènement (renversements d’alliances, erreurs fatales de lecture, changements d’acteurs, blocages géopolitiques etc.). Bref de nous donner les moyens de comprendre et d’avoir le courage de nous proposer une vision. Vers une fin de l’alliance du « Coran et du baril » :  Gilles Kepel laisse entrevoir les possibilités d'un avenir régional lié à la la baisse de la rente pétrolière et conditionné par la transformation du rapport entre sociétés et Etats ; mais aussi à la capacité de la Russie à construire une diplomatie avec des acteurs régionaux et internationaux antagonistes. A l’heure de l’info en continu ou de la préférence universitaire pour les articles, on mesure tout l'intérêt d'un tel ouvrage et on ne peut que saluer le travail de Gilles Kepel !

    Marie

  • De mai à juillet 2019 se tient le procès France Télécom- Orange. Sept dirigeants sont accusés d'avoir organisé la maltraitance de leurs salariés, parfois jusqu'à la mort.

    On les interroge longuement, leur fait expliquer beaucoup. Rien à faire : ils ne voient pas le problème. Ils ont même l'impression d'avoir bien réussi l'opération. L'ancien P-DG Didier Lombard a un seul regret : « Finalement, cette histoire de suicides, c'est terrible, ils ont gâché la fête ». Le problème de ce procès, c'est que les juges parlent la langue des accusés, et vice versa. Il n'y a pas d'extériorité possible. Et les plaignants, une fois de plus, sont laminés, malgré l'extraordinaire force de leur récit, de leur impossible récit.

    /> Sandra Lucbert a assisté à ce procès historique. En écrivain, elle a écouté, observé. Convoquant le Kafka de La Colonie pénitentiaire ou le Melville de Bartleby, mais aussi Rabelais avec ses « mots de gueule » contre les « paroles gelées », dans toute leur puissance métaphorique, elle propose un texte fulgurant et rageur contre la langue et la logique monstrueuses du capitalisme. Elle met au jour, avec une admirable finesse, la perversité des méthodes et de la novlangue managériales qui, au nom du libéralisme triomphant, brisent nos vies, nos esprits et nos corps.

    Elle nous met aussi face à ce constat : nous nous sommes habitués, ou peut-être lassés, et cela ne nous choque plus, ou plus assez. Nous nous sommes peut-être résignés. Mais le simple fait de faire réentendre les mots, les phrases, dans leur violence inouïe, a l'effet d'un réveil. Et ça fait mouche.

    L'équipe de la librairie des Sciences-Politiques vous conseille

    Extrait : " Finalement, cette histoire de suicides, c'est terrible, ils ont gâché la fête. Didier Lombard, le 6 mai 2019, à la barre." Mon avis : Tout le monde se souvient des suicides à France Télécom, une vague d’indignation avait soulevé l’opinion publique mais qui se souvient du procès et de son issue ? Sandra Lucbert y a assisté et se porte témoin pour ne pas oublier. Elle dissèque le vocable imbitable du capitalisme financier, tout en rendant compte des siestes des accusés durant les audiences… Une drôle d’humanité se joue sous nos yeux grâce à la plume littéraire et acerbe de l’auteur, révoltant à n’en pas douter.

    Juliette

  • L' île de Staten Island, à New York, a hébergé de 1948 à 2001 ce qui devint peu à peu l' une des plus grandes décharges à ciel ouvert du monde.
    Mordor urbain, la décharge de Fresh Kills - que l' on disait visible de l' espace - ne devait initialement être opérationnelle que pour trois ans. Mais au fil du temps, des montagnes d' ordures, littéralement, s' y sont érigées. La dernière barge de déchets y sera déposée en mars 2001.
    C' est là qu' on stockera les débris issus des attentats du 11 septembre.
    Aujourd' hui, le site de Freshkills se transforme en un parc verdoyant, parmi les plus grands de New York, construit au-dessus des déchets enfouis.
    /> Dans ce récit-documentaire à la croisée des genres, Lucie Taïeb remonte aux origines de cette décharge de Babel pour « penser le problème de manière poétique » et comprendre ce lieu qui, à l' apogée de sa production, traitait jusqu' à 29 000 tonnes d' ordures par jour.
    S' intéresser à l' histoire de ce site et à la façon dont nous traitons nos déchets est aussi pour l' autrice l' opportunité de questionner l'usage du langage technocratique et marketing pour influencer notre perception du réel.

    L'équipe de la librairie de Sciences Politiques vous conseille

    Extrait :  "Si le désastre écologique associé à notre consommation effrénée est préoccupant, s’il semble désormais évident qu’aucun geste de « sauvera » la planète, sinon un geste révolutionnaire et un changement radical de nos modes de production, ce qui me frappe surtout, c’est l’enclave mentale que nous nous construisons, l’illusion d’une ville propre, d’où disparaissent comme par magie tous les déchets, toutes les salissures." Mon avis : À travers l’histoire de la décharge de Staten Island à New-York, Lucie Taïeb interroge les capacités de notre société à gérer ou plutôt cacher, dissimuler nos déchets. À moins que ce ne soit notre mémoire collective que l’on enfouisse ? Comment faire oublier le passé en transformant Freshkills en un parc verdoyant pour la population new-yorkaise ? Avec cet objet d’étude hors-norme, la chercheuse nous livre un texte politique à l’allure littéraire évident, doublé d’un regard intime sur les rebuts de notre société. Une lecture fascinante.

    Juliette

  • «C'est un homme sans vertu, sans conscience. Un libertin, un impie. Il se moque de tout, n'a que faire des conventions, rit de la morale. Ses moeurs sont, dit-on, tout à fait inconvenantes, ses habitudes frivoles, ses inclinations pour les plaisirs n'ont pas de limites. Il convoite les deux sexes. On ne compte plus les mariages détruits par sa faute, pour le simple jeu de la séduction, l'excitation de la victoire. Il est impudique et grivois, vagabond et paillard. Sa réputation le précède. Les mères mettent en garde leurs filles, de peur qu'il ne les dévoie. Il est arrivé, on le soupçonne, que des dames se tuent pour lui. Après les avoir menées aux extases de l'amour, il les méprise soudain car seule la volupté l'attise. On chuchote qu'il aurait perverti des religieuses et précipité bien d'autres dames dans les ordres. Il détournerait les hommes de leurs épouses, même ceux qui jurent de n'être pas sensibles à ces plaisirs-là. Oh, je vous le dis, il faut s'en méfier comme du vice.» Paris, 1760. Le jeune Gaspard laisse derrière lui Quimper pour la capitale. De l'agitation portuaire du fleuve aux raffinements des salons parisiens, il erre dans les bas-fonds et les bordels de Paris. Roman d'apprentissage, Une éducation libertine retrace l'ascension et la chute d'un homme asservi par la chair.

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    L'équipe de la librairie vous conseille

    Mon avis : «Paris, nombril crasseux et puant de la France.», voici ce que découvre Gaspard, quimpérois, fils d’éleveur de cochon, en arrivant à la capitale en 1760. Prêt à tout pour échapper à la répugnante misère qui l’attend, il devient manouvrier sur les bords de Seine. Mais le fleuve charrie toutes les carcasses de la ville et c’est encore une atmosphère étouffante de sanies et de charognes. Il se transforme alors apprenti chapelier, et puis, comme il est bel homme et sans scrupule, séduit par ennui et vend par défi ses charmes à des hommes fortunés. Advient la rencontre avec le Comte de V., personnage puissant et sans morale qui le fascine et devient son mentor au point qu’il le suivra jusqu’à se renier, jusqu’à l’écœurement : « faites de moi votre semblable ! »

    Stéphane

  • Paris, 1785. Une odeur pestilentielle s'est emparée du coeur de la capitale. Des caves avoisinantes aux étals des marchands, le cimetière des Saints-Innocents déborde, pourrit à ciel ouvert, contamine tout le quartier. À Versailles, on s'inquiète.
    Chargé de résoudre le problème, le jeune ingénieur normand Jean-Baptiste Baratte plonge au coeur du Paris des petites gens et des commerçants qui vivent autour du cimetière, et se met à l'ouvrage. Mais pour transférer les fosses vers les catacombes de Denfert, il devra livrer au conservatisme et à la superstition une bataille féroce. Pour faire enfin briller quelques Lumières, au milieu des charniers.

    « Une balade foisonnante dans le Paris d'avant la Révolution. » LiRE.
    Cet ouvrage a reçu le Costa Book Award.
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    Une immersion historique réussie

    Mon avis :  En plein coeur du Paris d'avant la Révolution, près du marché des Halles, les émanations provenant du cimetierre des Saints-Innocents empoisonnent les habitants alentour. Un jeune ingénieur, diplômé de l'Ecole royale des Ponts et Chaussées, est donc mandaté par Sa Majesté pour déplacer les ossements vers les catacombes de Denfert. Comment va-t-il s'y prendre pour déterrer et transporter tous ces morts ? Quelle équipe sera assez crâne pour braver ses superstitions ? Vous le saurez en lisant ce roman historique enlevé et bien documenté !

    Stéphane

  • Gisèle Halimi : Soixante-dix ans de combats, d'engagement au service de la justice et de la cause des femmes. Et la volonté, aujourd'hui, de transmettre ce qui a construit cet activisme indéfectible, afin de dire aux nouvelles générations que l'injustice demeure, qu'elle est plus que jamais intolérable. Gisèle Halimi revient avec son amie, Annick Cojean, qui partage ses convictions féministes, sur certains épisodes marquants de son parcours rebelle pour retracer ce qui a fait un destin. Sans se poser en modèle, l'avocate qui a toujours défendu son autonomie, enjoint aux femmes de ne pas baisser la garde, de rester solidaires et vigilantes, et les invite à prendre le relai dans le combat essentiel pour l'égalité à l'heure où, malgré les mouvements de fond qui bouleversent la société, la cause des femmes reste infiniment fragile.
    Depuis l'enfance, la vie de Gisèle Halimi est une fascinante illustration de sa révolte de « fille ». Farouchement déterminée à exister en tant que femme dans l'Afrique du Nord des années 30, elle vit son métier comme un sacerdoce et prend tous les risques pour défendre les militants des indépendances tunisienne et algérienne et dénoncer la torture. Avocate plaidant envers et contre tout pour soutenir les femmes les plus vulnérables ou blessées, elle s'engage en faveur de l'avortement et de la répression du viol, dans son métier aussi bien que dans son association « Choisir la cause des femmes ». Femme politique insubordonnée mais aussi fille, mère, grand-mère, amoureuse... Gisèle Halimi vibre d'une énergie passionnée, d'une volonté d'exercer pleinement la liberté qui résonne à chaque étape de son existence.
    « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque » : ces mots de René Char, son poète préféré, pourraient définir Gisèle Halimi, cette « avocate irrespectueuse », et sa vie de combats acharnés pour la justice et l'égalité.

    Changer le monde en plaidant...

    « C’est à ce moment là que j’ai compris que les livres me donnaient confiance et force. Confiance en mon avenir. Force pour résister au poids accablant d’être née femme. Un être humain de seconde zone. » Disparue le 28 juillet dernier, Gisèle Halimi se confiait, une dernière fois, à son amie journaliste, Annick Cojean. Une « farouche liberté », de justice et d’égalité, que rien n’autorisait dans cette Tunisie d’avant guerre au patriarcat archaïque. Son insubordination chevillée au corps, elle compris très vite que l’éducation serait « sa porte de sortie », avec à la clé, son indépendance économique… Un très bel hommage, émouvant et inspirant, rendu à cette militante infatigable des droits des femmes qui a « changé le monde en plaidant.»

    Stéphane

  • Un livre qui célèbre la ville la plus fameuse du monde, sous forme de spectaculaires panoramas thématiques.

    Découvrez les palais où se gouverne la France, vibrez au rythme de la musique, de la mode ou du sport, frissonnez avec les secrets du Paris souterrain ou des fantômes, flânez nez au vent sur les grands boulevards...

    Paris défile devant vous en une succession de scènes fantastiques !

    L'équipe de la librairie vous conseille

    « Paris compte environ 700 librairies, 72 bibliothèques municipales et 830 bibliothèques privées : le record mondial pour une ville. Tandis que le quartier de Saint-Germain-Des- Prés abrite pas moins de 180 maisons d’édition.» De « A » comme marché d’Aligre, à « Z » comme Zouave du pont de l’Alma, faites découvrir l’histoire, l’architecture, les trésors insolites ou culturels de notre belle capitale. Les 7-11 ans flâneront des heures au grès des pages de cet album richement illustré, et ils prépareront vos futures promenades en attendant les beaux jours et le déconfinement… De belles promenades et découvertes en perspective !

    Stéphane

  • Florence Braunstein et Jean-François Pépin ont entrepris de raconter toute la culture générale sous la forme d'un magazine de près de 600 pages. Grâce à eux, l'histoire, la science, la philosophie, les arts deviennent clairs, on comprend tout, tout de suite, et surtout, on prend plaisir à apprendre. Cette idée de consacrer des articles de toutes tailles aux personnages historiques, aux principaux événements, aux courants de pensée majeurs, aux artistes incontournables et à mille autres sujets est totalement nouvelle.
    Comme dans un journal, on trouve dans Culture générale le journal des articles de fond, des brèves, des portraits, des anecdotes, des bulletins météo, des petites annonces, l'actualité de la mode et aux nouvelles tendances. Comme dans un journal, on passe d'un sujet à l'autre au gré de ses envies. Comme dans un journal, chaque article va à l'essentiel. Les auteurs, qui ont déjà connu le succès avec leur Kilo de culture générale, ont tenu à traiter les principales cultures existant dans le monde, sur les cinq continents, depuis la préhistoire jusqu'à nos jours.
    Destiné à tous les lecteurs, aussi bien à ceux qui voudraient approfondir leurs connaissances grâce aux informations décalées qui parsèment le livre, qu'à ceux désireux de se construire une culture générale en suivant leur bon plaisir, ce journal foisonnant a tout pour devenir un classique.

    Et si la presse était le support idéal pour aborder la culture générale ?

    Florence Braunstein et Jean-Louis Pépin dépoussièrent les standards du genre en déroulant l’histoire du monde sous forme de gazette. Qu’il s’agisse de brèves, ou articles de fond, les rubriques sont inventives, et leurs titres accrocheurs sont autant de jalons mémo-techniques. " Bruits des savanes : Neandertal a-t-il fricoté avec Sapiens ? (- 30 000) ; Evènement : « Jeanne d’Arc sur le gril » (1431) ; « Coupez ! » (Dossier spécial sur la Terreur 1794) ; Santé : Ambroise Paré, un urgentiste sur le champ de bataille (1573) ; Sciences : Toutes les planètes tournent autour du soleil c’est Copernic qui le dit (1543) " Si l’histoire de France sert de trame, les évènements internationaux sont également développés. Questions de sociétés, courants de pensée, technologie, science, art, architecture, littérature (les best sellers du moment), mode ou gastronomie... les anecdotes facilitent immersion et compréhension des époques abordées. Un ton insolent, une maquette efficace,  des illustrations foisonnantes : le cadeau utile et décalé de cette fin d’année !

    Stéphane

  • Que la solution s'impose comme une évidence ou nous plonge dans les affres du doute, il nous faut faire un choix. Et ce choix, d'emblée, nous place au coeur d'enjeux considérables, car ces tu et ces vous que nous employons sans y prêter attention sont plus que des pronoms. Ils engagent notre relation à l'autre, dessinent notre manière de concevoir le monde, trahissent nos états d'âme. En somme, ils disent tout de nous.

    Infatigable collectionneur d'anecdotes, Étienne Kern mène l'enquête sur ces deux simples mots, les jeux qu'ils permettent, les faux pas qui nous guettent. Il nous convie, chemin faisant, à un voyage inattendu à travers la langue et la littérature.

    L'équipe de la librairie vous conseille

    « Quand Jacques veut me mettre de mauvaise humeur, il me tutoie. » (Bernadette Chirac). Marque de bienséance ou de servilité, badinage amoureux, joute politique, insolence et contestation... l'emploi des pronoms, tu et vous, n’a rien d’anodin. Quand l’un maintient un ordre hiérarchique, l’autre autorise une proximité sociale. Un savoureux tour d’horizon de la langue française, truffé d’anecdotes, du vouvoiement du XVIIe au tutoiement 2.0 « Pourquoi je tutoie sur Twitter ? Parce que Joffrin toutes les règles ! ». (Réponse d’un internaute au « Qui vous autorise à me tutoyer ? » du directeur de la rédaction du Nouvel Observateur).

    Stéphane

  • Suivre le sucre pour éclairer l'histoire du monde : tel est le stupéfiant voyage auquel nous invite James Walvin. Tout commence avec la colonisation des Caraïbes, de l'Amérique et l'essor des plantations. C'est la naissance d'un nouvel ordre, fondé sur la déportation de millions d'Africains réduits en esclavage. Après avoir exterminé les populations indigènes, détruit les paysages et les forêts tropicales, on implante les premières usines polluantes pour fabriquer sucre et rhum. Sans compter une organisation du travail implacable qui, plus tard, inspirera Henry Ford.
    Mais il fallait aussi que ce sucre, quasiment inconnu jusqu'au XVIIe siècle, soit consommé. D'abord produit de luxe réservé à la table des élites, il devient, avec la révolution industrielle, l'aliment de base des classes ouvrières, pendant que le rhum, l'un de ses produits dérivés, fait des ravages parmi les plus démunis. Cette consommation massive de sucre, qui bouleverse les habitudes alimentaires, est désastreuse : caries, obésité et diabète se répandent sur tous les continents. Une course folle s'engage ; la consommation de boissons et de céréales sucrées gagne du terrain, et continue de s'étendre aujourd'hui encore.
    De Bordeaux à Bristol, des fortunes colossales se sont bâties sur le sucre et l'esclavage, marquant les débuts du capitalisme. Plus tard, des entreprises sans scrupule, dont Coca-Cola reste la plus emblématique, développeront leurs pouvoirs de ravager le monde en même temps que leur surface financière. Et finiront parfois par dicter la politique des grands États.

    L'équipe de la librairie vous conseille

    « Suivre le sucre et éclairer l’histoire du monde », c’est le passionnant voyage que propose James Walvin, professeur à l’université de York. Aucun produit n’a plus changé le monde que le sucre. Inconnu  avant le XVIIe siècle, il est inséparable de la colonisation des Amériques et de l’esclavage. Avec la canne à surcre, de formidables empires commerciaux vont se construire et de grandes villes européennes vont prospérer. Très prisé des élites dans un premier temps, le sucre s’est rapidement imposé sous toutes les latitudes comme aliment de base des plus pauvres. Une production industrielle et une consommation massive qui s’accompagnent rapidement de ravages écologiques (destruction irréversibles de forêts tropicales) et sanitaires sans précédents (obésité, diabète). Un essai éclairant sur cette autre poudre blanche aussi addictive que mortelle.

  • Comment imaginer que voici 150 ans, il a fallu toute la détermination de Pierre de Nohlac pour sortir de l'oubli le Château de Versailles ?

    Comme toute sa famille, Henri mène une vie de château... Et pas dans n'importe lequel ! Au château de Versailles où son père travaille. Mais grandir dans un palais ne rend pas la vie forcément plus belle, surtout lorsque votre père a décidé de dédier la sienne à cet édifice.

    En 1887, Pierre de Nolhac est nommé attaché au Château de Versailles afin de veiller sur ses collections, derniers trésors d'une royauté désormais abolie. Le jeune homme a de l'ambition : rapidement promu conservateur, il veut que le palais du Roi-Soleil retrouve une place de choix dans le coeur des politiciens, des artistes, des Français tout simplement. Il mettra toute son énergie pour redonner au lieu ses lettres de noblesse... Mais à quel prix pour sa vie personnelle et celle de ses proches ?

    Son fils Henri nous conte sa vie de famille et de château, un récit mêlant joies et drames, petite et grande histoire...

    L'équipe de la librairie vous conseille

    En 1918, le jardin du château de Versailles est transformé en potager pour contribuer à l’effort de guerre. 70 soldats indochinois cultivent, cueillent et emballent les légumes expédiés sur le front. Le canal est camouflé par des branchages et les verrières du palais sont peintes pour éviter un bombardement aérien… Mon avis : Revivez, le temps d’un roman graphique, l’histoire de Pierre de Nolhac, conservateur passionné et clairvoyant qui parvint à redonner au château de Versailles, tombé en désuétude, tout son lustre d’antan. Un album au trait expressif, un portrait réussi des années 1900.

    Stéphane

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